A l’heure de la sortie du nouveau James Bond : Spectre, ou encore de la folie virale qui entoure la bande annonce finale de Star Wars 7 : Le Réveil de la Force ; mon coup de cœur du moment réside ailleurs. 

Dernier de la cuvée Pixar, Inside Out – Vice-Versa, est sorti en Dvd/Blu-ray le 27 octobre 2015, et il n’échappe pas à l’excellence de ses prédécesseurs.

Outre le fait que ce soit une œuvre innovante et non pas une suite comme ce fut plus souvent le cas ces derniers temps (Toy Story 3, Cars 2, Monstres Académie), on retrouve surtout la composante de ce qui a fait le succès de la maison Pixar depuis l’origine : un scenario béton.

Là où beaucoup de studios pèchent par une débauche de moyens et d’effets spéciaux, Pixar excelle en la matière. Le visuel, aussi riche soit-il, reste l’accessoire au service de l’histoire et jamais l’inverse. Avec un succès toujours au rendez-vous et des scores comparables à certains blockbusters, la recette secrète Pixar continue de fonctionner, et à travers Inside Out, nous retrouvons les mêmes ingrédients.

Tout commence depuis l’intérieur de la tête d’un enfant. Des formes apparaissent progressivement : nous assistons à l’avènement de ses émotions, chacune évolue et conditionne sa personnalité depuis le plus jeune âge jusqu’aux prémices de l’adolescence. La petite Riley est une fille joyeuse, heureuse, et pleins de merveilleux souvenirs, jusqu’au jour où elle déménage de sa ville natale pour une grande métropole aux airs froids et hostiles. Les cinq émotions présentes : joie, tristesse, colère, dégout, et peur, se retrouvent chamboulées et veulent prendre le pas l’une sur l’autre, et notamment deux prédominantes : la joie et la tristesse.

D’ici, commence une aventure au cheminement existentiel entre deux émotions a priori diamétralement opposées et qui pourtant, vont devoir s’unir pour résoudre une équation sentimentale compliquée, à l’image d’une fille quittant progressivement l’enfance pour l’adolescence.

2e photo final

La vie est faite de moments importants, et libre à nous de les aborder avec l’émotion que l’on désire. Mais encore plus fort, chaque émotion connait sa part de doutes et par moment se laisse gagner à son tour par une autre émotion. Magnifique ironie qui sublime le caractère au combien complexe du psychisme humain. En effet, les émotions seraient sujet à leur propre évolution et à titre d’exemple, la joie connaitrait sa part de tristesse, et vice-versa. Schizophrénie direz-vous, mais après coup, ne serait-ce pas l’essence humaine d’être constamment en conflit intérieur ?

C’est précisément ce qu’a voulu comprendre le réalisateur Pete Doctor à mesure que sa propre fille grandissait (auteur précédemment de l’excellent Up – Là-Haut). Sommes-nous maitre de nos décisions ? Ne sommes-nous pas finalement le produit de notre environnement, et influencés par nos émotions ? Le film s’amuse à décortiquer la machine humaine – de l’intellect aux sentiments – avec des représentations visuelles simplifiées, à l’aspect « cartoonesque », afin de montrer qu’on en sait assez peu sur notre esprit. Cela varie selon les définitions culturelles et scientifiques, et reste volatile et assez flou finalement.

Ce qui est sûr, en revanche, c’est le pouvoir émotionnel et poétique indéniable de Inside Out, et sa capacité à nous faire voyager à travers nos propres émotions en nous rappelant tendrement  nos premiers moments de bonheur et notre passage obligé à l’adolescence. Le tout, il faut le préciser, ponctué par la bande-son du génial Michael Giacchino, qui livre une partition intime, profonde, et atmosphérique de ce que pourrait représenter l’expression d’une pensée ou d’une émotion.

Un voyage à consommer sans modération, et l’occasion de renouer, l’espace d’un instant, avec l’enfant que nous étions autrefois.

Découvrir l’interview des acteurs qui ont doublés Inside Out (VF) :

http://www.allocine.fr/video/video-19553548/