Pour le label parisien qui fête ses quatre ans cette année, pas de frontière de styles ni de chapelle exclusive à laquelle prêcher. La religion est le son, la qualité une exigence. S’ils produisent des projets pop comme Michelle Blades ou Malvina Meinier, place aux décibels rock et grunge pour leur soirée carte blanche à l’OPA Bastille qui s’est refait une beauté depuis la rentrée, changeant de direction, de programmation et même de configuration. 

Tous les mercredis donneront lieu à des concerts (gratuits) proposés par un label indépendant venant soulager notre curiosité auditive. Et COCY se fait une joie de vous les faire découvrir chaque semaine, en attendant la performance du soir. Pour cette première interview, Victor Peynichou, l’un des cofondateurs de Midnight Special Records a répondu à nos questions sur le pourquoi du comment de leur label, la crise de l’industrie musicale et la carte blanche promouvant de jeunes groupes.

Pourquoi le nom « Midnight Special » ?

C’est une chanson du bluesman LeadBelly que j’affectionne particulièrement. Avant la création du label en 2011, c’était le nom que j’avais pris pour organiser des concerts.

Comment est venue l’idée de créer un label ?

Le label a été une continuité à ce projet de soirées, et ça s’est passé naturellement avec Marius Duflot,  co-créateur, qui est lui-même ingé son et musicien. On a la particularité d’enregistrer tous nos artistes et d’avoir une exigence et une touche sonore. On ne reprend pas les masters extérieurs au label ou même les chansons enregistrées uniquement par l’artiste. Midnight Special est avant tout un studio-label. Pour nous la touche sonore ne peut pas être séparée d’un label. On a une exigence différente de labels pour qui c’est secondaire et qui travaillent plus sur l’image. Parfois on a des artistes que l’on adore avec qui on aimerait collaborer mais on doit refuser parce qu’ils arrivent avec un mix déjà réalisé.

Comment ça fonctionne Midnight Special, comment travaillez vous ?

On a une graphiste qui est avec nous depuis le début, et la famille s’agrandit ! Il y a une de nos artistes, Michelle Blades qui réalise des clips et en réalité presque tous les musiciens participent aux projets des autres. Notre identité se construit par le fait que ce soit nous tous (label comme artistes) qui produisons de la musique. On est tous musiciens, pour ma part, je suis guitariste: tout est imbriqué, tout s’entrecroise.

Quelles sont les satisfactions pour le label depuis sa création ?

On commence à avoir un studio, des productions de qualité et aussi une petite notoriété. A chaque fois que nos groupes tournent, les gens les connaissent et ils achètent les disques. C’est très satisfaisant parce que c’est une activité dynamique et continue depuis quatre ans.

Et les doutes ? Ce qu’il reste à faire ?

C’est quelque chose qu’on peut voir de manière négative, mais que je ne peux m’empêcher d’observer avec optimisme : on est dans une situation dans la musique où on ne sait pas quel sera le futur modèle. On ne sait pas où va le digital, le physique se casse la gueule mais le vinyle se relance… La situation peut faire peur, et tous les mois un embryon de modèle économique apparait où l’on se dit « c’est comme ça qu’on va se faire du blé » et finalement tout change très vite. Le numérique est un instrument sur lequel on a du mal à faire des prédictions. Pour Midnight Special, on a commencé à faire de la musique au pire moment, au plus fort de la crise du secteur, où tout s’effondrait. On ne verra pas pire, du moins je l’espère ! Du coup tout est positif en comparaison de nos débuts ! Ce qui est intéressant c’est qu’aujourd’hui, à la différence d’il y a quinze ans où les générations supérieurs nous expliquaient comment marchait l’industrie de la musique, même celui qui est à la tête d’une major n’a aucune idée de ce qui va survenir dans deux ou trois ans. Certes on est paumé, mais on est tous paumés ensemble !

Pourquoi favoriser les objets physiques (vinyles, cassettes…) ?

Nous on développe beaucoup le vinyle parce que l’objet en lui même nous plait et surtout il engage un rapport puissant avec le public. Je ne dirais pas qu’on le favorise mais dans tous les cas on le pousse. Quant au numérique, on aime bien.

Penses-tu qu’il y a beaucoup trop de labels ?

 Peut-être, mais cela reste des gens très impliqués dans la musique ou qui sont eux mêmes musiciens… Les moyens de productions se sont nivelés et tant mieux, les frontières entre musiciens, producteurs, ingé son aussi.

Pourquoi avez-vous eu envie de programmer Dhole, Batist et Mama Stone and The Swang Gang ?

On travaille toujours aux coups de coeur pour nos projets.  Pour l’OPA, ce sont des nouveaux groupes qui tournent autour de Midnight Spécial et qui n’ont encore jamais sorti de disque. Pour Mama Stone and The Swang Gang, ce sera également le premier live. Quant à Dhole, c’est une formation avec des membres de Ashtray que l’on a déjà sorti et Walter’s Carabin: ça sera leur deuxième concert!

Quel point commun y a t-il entre les trois groupes programmés pour la carte blanche à l’OPA ?

Ils sont bouillants ! Vraiment, ils sont chauds : Dhole ça joue super rapide, super nerveux ; Batist c’est son style, il fait du grunge et Mama Stone and The Swang Gang ont bien la pêche aussi, ils sont jeunes et ultra motivés, ils vont produire une performance très énergique.

Trois mots pour vous définir ?

« On nique tout »

Retrouvez plus d’infos sur Midnight Special Records

http://midnightspecialrecords.com

Et participez dès ce soir à la Carte Blanche :

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