Rencontre avec Frédéric Tcheng, réalisateur du film documentaire Dior et moi, au cinéma le 8 juillet prochain. Entre histoire et voyage, le jeune réalisateur nous parle de la fabrication de son film et de son désir de s’aventurer sur de nouveaux terrains. 

Je crois que tu n’habites pas à Paris, n’est ce pas? 

En réalité je suis parti aux Etats-Unis pour y faire une école de cinéma, la Colombia University et en sortant des études je suis resté vivre dans ce pays. J’habite à New York que je considère comme mon chez-moi et j’aime l’idée d’être étranger dans un pays. C’est une position qui me convient, ça t’oblige à regarder les choses de manière différente.

Cela ne t’a pourtant pas empêché de revenir en France pour tourner Dior et moi. Pourquoi cette envie de t’intéresser à Dior ?

J’avoue que c’est arrivé comme ça, je n’avais pas de plan défini. Mes projets arrivent très souvent de manière naturelle. Lorsque j’ai le feeling pour quelque chose je m’y mets à fond et c’est ce qu’il s’est passé. J’ai vraiment eu un coup de coeur pour le personnage qu’incarne Raf Simons et cette combinaison entre lui et Dior. L’histoire d’un homme ultra moderne qui arrive dans une maison traditionnelle, cela m’a plu immédiatement !

Tu parles d’ « histoire ». Dans un film documentaire, comment transforme t-on le réel en une histoire à raconter? 

Lorsque je fais un film documentaire, mon processus est en 3 phases. Il y a la recherche, pendant laquelle je me plonge dans l’histoire des gens, de la maison de couture et j’enregistre tout afin d’avoir la plus grande connaissance possible de mon sujet. Ensuite il y a le tournage où cette fois-ci j’oublie tout et je me laisse guider par mes intuitions. Derrière la caméra il faut reconnaitre les émotions donc je tourne au ressenti, avec ce qui me touche.

Puis vient le montage, le moment le plus délicat car il est impératif de prendre du recul par rapport à ce qu’on a appris et ce qu’on a vécu pour faire naître l’histoire qu’on souhaite raconter. Dans le cas de Dior et Moi, on a choisi parmi plus de 270 heures de rushes donc ça n’a pas été évident. Il a fallu faire de nombreux choix!

Ton prochain film sera une fiction, tu peux nous en dire plus sur ce futur projet?

Je peux simplement dire que l’action se déroulera dans les années 70, à Londres. Je ne peux pas trop en dire plus pour le moment.

Londres, Paris, décidément tu ne veux pas tourner à New York? 

Je ne m’étais jamais fait la réflexion. Je pense encore une fois que je préfère être étranger même lorsque je travaille. Après je n’ai jamais vraiment réfléchi à un film à New York même si la ville m’inspire. Encore une fois je suis réellement mes envies et je vais à l’endroit où elles me portent, qu’importe la ville ou le pays.

Plus d’envie de film-documentaire? 

On m’a proposé pas mal de choses sur la mode mais j’aime me diversifier et raconter des histoires différentes. Je reviendrai peut être au film documentaire lorsque j’aurai un projet qui me plaira mais pour le moment je veux continuer à découvrir et m’attaquer à d’autres choses, faire mes preuves sur des terrains différents, d’où la fiction. Mais je suis très content d’avoir d’abord vécu le documentaire car ça m’a décomplexé sur l’écriture. Avant j’avais très peur de la page blanche, aujourd’hui j’en suis guéri!

La Culture Sauvage pour Frédéric Tcheng?

Ca m’évoque la culture de la rue, comme le graffiti dans les années 70 ou bien la musique et la danse.

Dior et moi, au cinéma le mercredi 8 juillet 2015.