À l’occasion de la sortie de son album Disizilla en septembre dernier, on a rencontré le rappeur Disiz La Peste. 

Comment tu vas ?

Ça va bien.

Tu en es maintenant à ton douzième album, comment s’est passée la transition entre Pacifique à Disizilla, qui sont sortis à peu d’intervalle ? 

Pour moi entre les deux, seule la forme change. Mes disques tournent tous autour des mêmes questionnement qui sont simplement traités de manière différente selon les étapes que je traverse dans ma vie. C’est mon état émotionnel qui différencie chacun de mes disques plus que les thématiques qu’ils abordent je pense. Par exemple sur le morceau Fukushima qui était sur Extra-Lucide, il y avait cette métaphore de la radiation qui revient sur le titre Hiroshima qui est sur Disizilla. Il y a aussi un lien entre Splash sur Pacifique et Terre Promise sur le nouvel album. En réalité toutes mes chansons sont liées, même celles de mes premiers albums. Ça n’est pas volontaire, c’est juste que j’ai toujours été sincère donc mes valeurs n’ont jamais changé. 

L’album commence très fort, tout en puissance et fini beaucoup plus calmement. C’était fait exprès ?

Oui ! Je crois que c’est la colonne vertébrale musicale que je préfère. Commencer par des titres intenses, puissants qui te propulsent direct pour finir par des morceaux qui sont aussi très intenses mais en étant beaucoup plus dans l’émotion. J’aime beaucoup ça.

Tu as un featuring avec Niska dans ton album. Vous représentez tous les deux le rap d’Evry, tu le connaissais avant l’album ? 

Je le connaissais pas personnellement mais j’avais entendu parlé de lui. Je savais qu’il avait tourné un clip du côté de mon quartier. Je me retrouve assez en Niska. C’est un jeune qui est en train de tout défoncer alors que ça n’a pas été facile pour lui. ll a beaucoup travaillé, il a tout donné. Je suis vraiment admiratif de cette ténacité. Il a une musicalité propre, il offre quelque chose de nouveau ce qui est pas évident de nos jours. C’est une sorte de cocktail complètement fou dont lui seul à le secret.

Quelle est ta vision de la jeune génération ?  

Pour moi il n’y a pas de nouvelles générations, ou de nouveaux courants. Je pense juste qu’il y a tout simplement des rappeurs plus jeunes qui ont des choses à dire ou des envies à réaliser. Alpha Wann ce qu’il a fait sur Une main lave l’autre est vraiment très fort. Pour moi cet album c’est ce qui se fait de mieux en ce moment en rap. Damso c’est un rappeur redoutable aussi mais c’est une autre dimension encore. 

Et ton rapport avec cette nouvelle génération ?

Il y en a beaucoup que j’apprécie. Après je n’ai pas d’orgueil à dire aux gens que je les aime bien, je leur dis et j’attends pas qu’ils disent qu’eux aussi. Bon après j’aime pas tout le monde, j’ai mes goûts donc il y en a certains avec qui j’accroche moins. Rien de plus normal. 

Dernière question: à quand le retour de « Vendredi C Sizdi » ?

Ahh ! J’ai de la matière en plus. (rires) J’en avais fait beaucoup avec des samples connus, donc il faut des autorisations, ça peut être un peu compliqué parfois. Mais en vrai, j’aimerais bien en refaire !

Propos recueillis par Antoine Guérin  & Antoine Magyar