La bande-annonce nous avait vendu un thriller qui nous promettait de découvrir le « côté sombre » de Paul Feig. Si L’Ombre d’Emily s’éloigne en effet des autres films du réalisateur par son intrigue plus policière, il n’en reste pas moins une comédie à l’humour noir et décalé dont le cinéaste est un habitué. Adapté du polar Disparue de Darcey Bell, le long-métrage suit Stéphanie, une maman vlogueuse qui se lie d’amitié avec Emily avec qui elle n’a pas grand-chose en commun. Quand celle-ci disparaît soudainement, Stéphanie se lance à sa recherche et remue un passé peu glorieux.

Depuis l’excellent Mes meilleures amies en 2011, Paul Feig semble s’être spécialisé dans l’art des comédies portées par des femmes badass et drôles. L’Ombre d’Emily ne déroge pas à cette règle avec les brillantes Anna Kendrick et Blake Lively qui incarnent deux visions bien archétypales de la femme pour mieux s’en éloigner. D’un côté, il y a la mère au foyer sage qui se filme en train de concocter des recettes saines et un peu boring. De l’autre, il y a une communicante dans la mode qui possède une maison incroyable, est folle amoureuse de son mari, et boit des martinis toute la journée parce qu’après tout pourquoi pas.

Pas besoin d’attendre très longtemps pour se rendre compte que les apparences sont trompeuses et que la vie de ces deux mères n’est pas ce qu’elle que l’on croit. Le film se transforme petit à petit en un jeu du chat et de la souris jubilatoire où les répliques hilarantes fusent et les masques se fissurent non sans ironie. Paul Feig choisit de pointer les travers de cette banlieue résidentielle en pleine lumière et non la nuit dans des recoins sombres comme dans la plupart des thrillers. « On ne peut rien cacher derrière les murs blancs et les grandes fenêtres » dit-il assez justement.

Pour accentuer ce jeu des faux-semblants, le réalisateur a également accordé un soin tout particulier aux vêtements de ses héroïnes. Les robes colorées de Stéphanie et les fabuleux costumes pour hommes d’Emily – inspirés par les propres tenues de Paul Feig – renforcent cette idée de camouflage qui rend le mystère plus épais.

Fashion, paranoïa, humour trash et sexy à la fois, la recette de L’Ombre d’Emily fonctionne très bien et se révèle être une excellente surprise. Alors rendez-vous dans les salles dès demain pour découvrir le film.