Préparez-vous à entrer dans un monde aussi fascinant que déstabilisant. Maniac et ses 10 épisodes – pas un de plus puisqu’aucune suite n’est prévue – ont débarqué vendredi dernier sur Netflix et c’est assurément l’une des meilleures séries de la rentrée. Adaptée d’une série norvégienne portant le même nom, l’histoire suit Owen et Annie qui participent à un essai clinique un peu particulier. Pendant trois jours, ils doivent absorber 3 pilules différentes censées leur faire oublier la douleur. Le tout supervisé par un docteur obsédé par sa mère au point de l’avoir recréer sous la forme d’un ordinateur.

Pour donner vie à ce pitch complètement barré, on retrouve le scénariste Patrick Somerville (The Leftovers) et Cary Fukunaga (True Detective) qui réalise tous les épisodes. Maniac marque également la réunion entre Emma Stone et Jonah Hill qui n’avaient pas tourné ensemble depuis la comédie Supergrave en 2017. Finies les blagues potaches d’adolescents, c’est dans une toute autre ambiance que les acteurs évoluent ici pour livrer une performance souvent bluffante.

Si vous n’arrivez pas à comprendre tout de suite le délire de la série, pas de panique. Vous n’y arriverez probablement jamais vraiment. Il faut savoir se laisser porter par ses épisodes hors du commun et cette atmosphère si mélancolique qui s’y dégage. Owen et Annie sont des êtres inadaptés à la société. Ils rejoignent le test de cet étrange médicament pour des raisons différentes mais n’en finissent pas de se retrouver dans leur parcours mental et fantasmé. Ils vont revivre des souvenirs douloureux, faire face à leur passé et leur souffrance en embarquant les spectateurs avec eux pour un voyage mouvementé au plus profond de la psyché humaine.

Maniac mélange les genres lorsque Owen et Annie sont sous l’effet des pilules A, B et C. Comédie, film noir, d’espionnage, d’action… les pistes sont brouillées mais nous ne pouvons être dupes. Ce qui se joue véritablement sous nos yeux est un drame qui touche en plein cœur lorsqu’il est à son paroxysme (l’épisode 9 est sans aucun doute le plus réussi sur ce point). La sublime musique de Dan Romer n’y est d’ailleurs pas pour rien dans l’émotion ressentie. Même si elle tâtonne un peu et se perd en chemin, la série a le mérite de proposer une expérience dont on ne ressort pas indemne. Vous voila prévenu.e.s.

© Michele K. Short / Netflix