Il nous est arrivé d’entendre que Pogo Car Crash Control est le meilleur jeune groupe de rock français de notre temps. Les quatre musiciens de Pogo Car Crash Control, venus de la banlieue parisienne, sont en train de décoller à une vitesse sans limite : un premier album, Déprime Hostile, et déjà une tournée en France qui se poursuit toute l’année. Pour parler de ce succès, on a rencontré Olivier, le chanteur du groupe.

Est-ce que tu peux m’en dire plus sur l’histoire de Pogo Car Crash Control ?

On s’est rencontré au lycée en Seine-et-Marne (77). À l’origine on jouait tous dans des groupes du lycée. Ça allait du ska, au hard rock en passant par la world music ! Et puis après le lycée, on a eu une révélation : il fallait qu’on monte un groupe qui joue très fort.

C’est parti de cette idée. Dans notre bande de potes, on jouait tous de la musique. Dans nos soirées ça jammait systématiquement. C’est l’intérêt d’avoir grandi en banlieue lointaine. On peut faire du bruit. Et puis en grandissant, tout d’un coup c’est devenu relou les jams en soirée. Les gens voulaient écouter des playlists et danser.

Alors nous, pour garder ça, on a pris le groupe au sérieux et on a tout donné pour continuer à faire la teuf en musique. Je me souviens avoir dit à Louis : « Tu te rends compte si on monte un bon groupe on pourra picoler gratos et avoir des soirées tous les week-ends ! ». Ça a été une vraie motivation.

Puis on a rencontré Martial, qui a commencé à booker le groupe. On a beaucoup joué sur Paris notamment à la Cantine de Belleville, au Gibus Club, au Buzz, quelques squats et aussi des endroits improbables où il n’était pas question de jouer plus fort qu’un groupe de bossa nova… Il y a 2 ans, Benjamin, notre premier bassiste a quitté le groupe en bon terme et c’est comme ça que Lola est arrivée. Ce n’était pas une période toujours « facile » mais on avait le feu en nous et c’est comme ça qu’on a rencontré notre éditeur Jean-Philippe Benoit. Un an plus tard, il nous dégotte un contrat en maison de disque (Panenka) et nous y voilà !

Qu’est-ce que vous avez fait jusqu’ici ?

On a sortie un EP en novembre 2016. On est parti en tourné sur l’année 2017 dans toute la France avec deux concerts au Québec. On vient tout juste de sortir notre premier album et on part sur une tournée pour toute l’année 2018. Il y aura notamment le Hellfest, Le Cabaret Vert, le Download Festival… Plein de bonnes choses !

D’où vient le nom du groupe ?

En fait, ce qui est plutôt étrange c’est que le nom du groupe existait juste un peu avant que le groupe se forme. D’une certaine manière c’est ce nom qui a posé les bases de notre son. Et c’est Romain, le réalisateur de nos clips qui a trouvé ce nom. C’est aussi mon frère d’ailleurs !

Comment est-ce que tu décrirais votre musique ?

C’est un rock très lourd. Je pense qu’on est à mi-chemin entre le grunge, le rock old school et le punk hardcore. On varie beaucoup les tempos, ce qui fait qu’on n’est pas un groupe 100% hardcore, mais on joue trop fort pour être un groupe de rock au sens classique du terme. Je crois que c’est du Death Rock. Sinon on s’amuse à dire qu’on se situe entre les BB Brunes et Slayer.

Qu’est-ce que vous racontez dans vos textes ?

Pour les textes, c’est une nécessité pure de dire les choses comme nous les ressentons. Je ne sais pas si les gens prennent vraiment au sérieux un refrain comme « ta gueule et crève » parce que effectivement il est ironique. Mais pour nous c’est comme ça que se présente la vie dans le monde où nous nous trouvons.

Un texte naît de l’accumulation de nos expériences. Certaines thématiques sont assez récurrentes chez nous : l’amour, la haine, l’isolement, le ressentiment, l’aliénation, le conformisme… À l’époque de l’EP je souffrais d’isolement au travail. Ça se retrouve dans des chansons comme « Consensuelle ». Par exemple sur notre album, une chanson comme « C’est pas les autres » écrite par Simon, vient du fait qu’il supporte mal les lendemains de soirée. On ne dit rien d’exceptionnel mais ça a de l’importance pour nous.

Vous vouliez toujours écrire vos morceaux en français ?

Oui ! Nous n’avons jamais envisagé de lâcher notre langue. Il faut que Pogo Car Crash Control reste très clair à comprendre. Et on est nul en anglais donc ça règle la question tout de suite. J’espère seulement que ça ne nous empêchera pas de jouer à l’étranger. Le chant en français fait partie intégrante de l’énergie qu’on dégage sur scène. C’est très stimulant d’être compris instantanément par le public en concert. Il faut absolument qu’on retourne au Canada, j’aimerais bien que le disque sorte là-bas. Les canadiens sont des fans de hard en français, c’est une chance pour nous !

Qu’est-ce qui vous inspire ?

En ce moment ce qui nous inspire le plus c’est la scène hardcore. Par exemple Code Orange, Converge, RETOX. On a été très influencé par des groupes comme Wavves, Ty Segall, Bass Drum Of Death, Fidlar, Jay Reatard… Mais à mon avis on a un peu tourné la page sur la nouvelle vague garage. Sinon beaucoup de musique old school : Dead Kennedys, Slayer, The Cramps, The Birthday Party… Et bien sûr on a tous commencé à 13 piges avec Sum 41, Blink 182, Offspring, System Of A Down, Slipknot…

Comment fais-tu pour crier autant sans endommager ta voix ?

En réalité, ça m’arrive de me faire mal à la voix mais j’ai une technique ! Je l’ai appris