Leska est de retour avec le volume 2 de Circles. Le duo composé de Les Gordon et Douchka nous livre un EP de 5 titres plus pop et plus fourni en collaborations (José R. Fontao, Lia, Darren Bancroft) qui sent bon l’été. À l’occasion de cette sortie, on a rencontré les deux artistes qui nous parlent de leur vision du live, leurs inspirations et l’importance de se lancer des défis.

Pour ce nouvel EP, vous dites avoir eu envie de « sortir de votre zone de confort ». Ça se traduit comment cette sortie de zone de confort ?

Thomas : Il y a une dimension plus pop que les autres titres qu’on a pu faire avant. On peut presque parler de chansons sur certains titres alors qu’avant c’était vraiment une vibe purement électronique et beatmaker parce que c’est ce qu’on est à la base. Là, on a travaillé avec différents chanteurs, chanteuses et on a pris plus le temps de revenir sur des morceaux plutôt que de faire des one shot. Pour un morceau comme « Waves », il y a eu 4 ou 5 versions par exemple.

Il y a beaucoup de featuring sur cet EP. Vous vouliez faire quelque chose de plus collectif ? 

Marc : L’idée c’était vraiment de travailler les voix et les structures plus pop. De travailler plus collaboratif tout en restant dans notre son Leska. L’idée c’est de toujours se remettre en question quand on est en studio, de ne pas se répéter.

En live justement, vous ne vous répétez pas. Vous n’êtes pas juste devant des machines, vous réinventez carrément vos morceaux.

Thomas : Pour nous, il y avait une chose qui était vraiment importante, c’était de jouer le plus possible. Toutes les parties avec le piano, le violoncelle, etc. sont vraiment jouées en studio. On utilise très peu de samples mélodiques. Et on ne retranscrit pas les morceaux en live comme ils sont diffusés sur les sites de streaming. On les édite vraiment pour la scène.

Pour « Waves », le morceau fait presque 7 minutes en live alors qu’il fait 3 minutes 40 en version studio. En live, les morceaux sont jumelés entre eux pour faire une sorte de bootleg. Il y a des parties où on apporte des nouveaux instruments. Le but c’est de donner quelque chose de très dynamique, très fort et que les gens dansent et prennent une claque.

La pochette de votre EP est très réussie. Comment vous avez eu cette l’idée ? 

Marc : C’était une idée de Thomas. On s’est rendu compte que ça allait être chaud de faire ça mais on l’a fait quand même. Avec Thomas, on se lance souvent des défis, on se donne des objectifs et on voit si ça peut le faire. Exactement comme pour le clip « Curious », qu’on a décidé de réaliser nous-mêmes. On était peut-être pas en harmonie avec le travail des réalisateurs précédents donc on s’est dit que la seule chose qu’on pouvait faire c’était de faire le clip par nos propres moyens.

Pourquoi avec choisi d’illustrer ce titre en particulier ? 

Thomas : Quand on a commencé à bosser sur « Curious », on a enregistré des roulements de skate pour faire des percussions au début du morceau. On avait envie de faire un clip avec du skate dedans depuis longtemps. Et on voulait faire quelque chose à Douarnenez chez mes parents où on a composé une partie des morceaux l’été dernier.

J’ai montré à Marc le travail de Marion Gervais, qui a réalisé une série de courts-métrages qui s’appelle La Bande du skatepark. C’était exactement le mood dans lequel on voulait tourner ce clip, avec une petite histoire et des skateurs qui soient pas des mecs qui traînent aux Halles à Paris et qui sont super forts. On voulait tourner avec une association de skate et c’est ce qu’on a fait. C’est un clip fait maison et c’est comme ça qu’on réalise les meilleurs trucs avec Marc. Ça prend beaucoup plus de temps mais t’apprends à faire les choses.

Marc : Quand on veut vraiment faire quelque chose, faut se donner les moyens. Avec tous les tutos qu’il y a sur Internet, on a accès à tout.

Thomas : Et je préfère mille fois donner de l’argent a une association qui va acheter des modules pour des gamins plutôt qu’à un réalisateur qui va être sur plein de clips en même temps. C’est assez drôle aussi de tracer un cercle à même le sol à 3h du matin ou d’aller chercher du carton dans des poubelles à Ikea pour fabriquer des rondins. Et quand on voit le résultat, on est content.

Visuellement, c’est quoi vos principales inspirations ? 

Marc : On a fait tous les deux les beaux-arts. Pour le logo et même la pochette, il y a vraiment un rapport au land art qu’on a étudié. J’aime beaucoup la photographie par exemple mais le panel est hyper large. En musique, nos influences vont aller de Britney Spears à Nils Frahm. Et en tournée, ça va d’un film à la con avec James Franco à de la photo de Vivienne Maier. On réunit nos inspirations à tous les deux et ça donne cette alchimie.

Si vous deviez convaincre les gens d’écouter votre EP, vous diriez quoi ?  

Thomas : Allez-y, c’est gratuit (rires). Ce qui est intéressant c’est de venir le découvrir en concert parce que tous les bons retours qu’on nous fait c’est sur les live. Tous les morceaux sont testés sur scène avant qu’on les sorte. Il y a des morceaux qui sont très pop, presque mainstream et il y a des morceaux qui sont plus surprenants. L’EP est assez contemplatif dans son ensemble. C’est pas un EP technique.

Marc : C’est un EP qu’on a voulu rendre accessible à tout le monde. On vient d’un genre particulier qui est pas vraiment écouté par le grand public.

Vos projets pour la suite ?

Marc : On va refaire des prods. Cet été, on fait des festivals. Le grand tournant ça va être Les Vieilles Charrues et à la rentrée on démarre avec une date au Point Éphémère.


Écoutez Circles, Vol. 2