Après avoir fait ses preuves dans son Québec natal, c’est à la France que Bernhari a choisi de faire découvrir son univers. À l’occasion de la sortie de son EP le 27 avril, Bernhari, nous avons rencontré le chanteur lors d’un passage à Paris. Il nous parle d’amour, de cinéma, et de ses premiers pas sur les scènes de l’hexagone.

Le clip de ton single « Je pense à toi » a un esthétique très sombre, et tout ton EP est emprunt d’une grande mélancolie. Est-ce que tu es aussi un grand mélancolique dans la vie ? 

Oui, un peu. C’est sûr que l’univers que je déploie en musique c’est comme une partie de moi, que j’exploite vraiment profondément. Mais ce n’est pas moi tous les jours. J’aime aussi beaucoup rire en général.

Dans cet EP on retrouve aussi souvent le thème de l’amour.

En fait, ça allait de paire avec ce que je vivais à ce moment-là. J’ai composé cet EP en 2015. Il est sorti d’abord au Québec, il sort maintenant en France mais je suis un peu toujours dans le même état d’esprit. Sur le premier album j’avais fait un truc en rapport avec l’engagement social et l’engagement amoureux, et cette fois-ci il y a une part d’amour et de solitude. Parce que c’était près de moi au moment de l’écriture.

Selon toi, quelle est la plus belle chanson d’amour jamais écrite ? 

Oh mon dieu. Je crois que toutes les chansons sont un peu des chansons d’amour, mais j’ai vraiment un faible pour « What a Wonderful World ». Je trouve que c’est une belle preuve d’amour envers la vie en général.

Quelles ont été tes influences dans l’élaboration de cet EP ? 

Je suis quelqu’un qui écoute beaucoup de musique, je vais piocher dans beaucoup de choses variées. Ça va de la musique classique à la musique populaire, en passant par le rock, etc. Ça se promène beaucoup. Maintenant j’ai du mal à pointer des groupes en particulier. Mes influences viennent plus du milieu cinématographique, une ambiance générale à la David Lynch. J’écoutais beaucoup de Badalamenti, qui est le compositeur de David Lynch. C’est une influence plus marquée que les autres.

Tu es proche du groupe Feu! Chatterton, avec lequel tu as partagé plusieurs fois la scène. Comment s’est faite la rencontre ? 

On s’est rencontré il y a deux ou trois ans à Montréal. Je leur ai fait visiter la ville et on a fait des concerts aux FrancoFolies. En ce moment je joue pour eux, je fais quelques premières parties sur leur tournée. Ce sont de très très bons amis. J’aime beaucoup leur démarche, ce qu’ils font, et on s’entend super bien.

Y a t-il d’autres chanteurs français que tu admires ou avec qui tu aimerais collaborer dans le futur ?

Il y en a beaucoup que j’admire, c’est aussi ce qui m’amène ici. Je trouve que quelque chose est en train de se passer à Paris. Chez les filles notamment, il y a beaucoup de bonnes chanteuses françaises en ce moment. Il y a des propositions vraiment intéressantes. Toute la scène en général est florissante. Ce qui n’a pas été le cas, je crois, depuis longtemps. En tout cas du point de vue montréalais.

Pourquoi avoir voulu partir à la conquête du public français ?

Je crois que ça va de soi. Je chante en français depuis vingt ans et j’ai commencé a écrire très jeune mes textes en français.

As-tu déjà pu noter des différences entre le public français et le public québécois ?

Pas jusqu’à présent, ça ne fait pas assez longtemps que je suis ici. Mais un truc en particulier peut-être : je sens que les gens ici ont besoin d’avoir des explications derrière les choses. Ce qu’on a moins chez nous, on laisse plus de place à l’interprétation. Ici je sens vraiment que les gens veulent savoir en détails, on laisse moins de place au mystère. On est peut-être plus discrets chez nous.

Quelle scène française te fait rêver ? 

Je dirais les Trans Musicales, c’est quelque chose d’assez mythique.

Des projets à venir ? 

J’ai plein de projets ! Je fais beaucoup de réalisations, donc je pense qu’éventuellement je me lancerais un peu plus dans cette direction. J’ai réalisé tous les clips de mon EP, c’est quelque chose qui m’intéresse beaucoup. Musicalement, je suis en train de développer un nouveau projet de groupe, à coté de ce que je fais en solo.