Si son nom vous est familier, c’est normal puisque vous avez très certainement déjà entendu son single « Le Vol des Cygnes » passer en boucle à la radio. Laurent Lamarca est un artiste multi-casquette, à la fois auteur, compositeur, musicien et interprète. Son nouvel album, Comme un aimant, est disponible depuis le 6 avril dernier. Rencontre avec un homme qui a décidé de voir le beau.

La première chanson de l’album, « On est des milliards », est résolument optimiste. Pourquoi avoir voulu ouvrir l’album sur cette chanson ? 

Parce que quasiment tout est optimiste dans cet album, et c’était vraiment une volonté de ma part. Cet album est né d’un constat simple : je trouve que dans les médias, dans la culture, les gens pointent pas mal du doigt ce qui ne va pas. J’ai eu envie de faire un album qui pointe du doigt ce qui va, ce qui est beau. Même pour moi, pour me rassurer, j’avais envie de montrer ce qui est bien dans ce monde et chez les gens.

J’ai l’impression que c’est en cultivant ce qui va bien qu’on peut s’en sortir. « On est des milliards » ouvrait bien le bal car j’ai toujours entendu dire qu’on était trop sur la Terre, et je me suis dit que ce nombre pouvait aussi être une chance.

Quelles ont été tes influences pour cet album ? 

C’est un album qui est très collé à ce que j’écoutais étant enfant, la folk américaine de Neil Young ou Bob Dylan. Avec la musique j’ai eu envie d’habiller et de soulever les messages.

Ta chanson « Main dans la main » a été inspirée de la marche républicaine qui a eu lieu après l’attentat contre Charlie Hebdo. En tant qu’artiste, c’est important pour toi de t’engager ? 

C’est un album qui raconte vraiment sans pudeur la manière dont je vois le monde. Je trouve que c’est un album engagé, pas dans le sens politique mais dans le sens où j’avais envie de donner ma vision du monde. Avec cette chanson j’ai voulu parler de ce que j’ai ressenti avec cette marche républicaine. La sensation qu’on peut éprouver avec des inconnus, à se retrouver dans une marche commune. Je voulais parler de ce côté « vivre-ensemble ».

Sur l’album il y a aussi un duo avec Jérémy Frerot, des Fréro Delavega. Avec quels autres artistes aimerais-tu collaborer dans le futur ? 

Je continue à travailler avec Jérémy Frérot, mais j’aime aussi beaucoup Tim Dup. Je ne le connais pas personnellement, mais on s’envoie des likes sur Instagram. Ce serait sympa de faire un truc ensemble.

On a vu que tu abordais des thèmes optimistes, mais dans cet album on retrouve aussi des thèmes plus sombres, comme la mort. 

J’écris des chansons parce que j’en ai besoin, même si j’étais boulanger j’écrirais des chansons. C’est comme ça que j’ai trouvé mon équilibre. Je parle pas trop de mes émotions, et moi-même parfois je n’arrive pas à les comprendre. C’est en écrivant des chansons que je sors les choses. La musique est très exutoire. Dans cet album il y a effectivement une chanson où je parle du deuil, mais c’est dans l’idée d’aller mieux. Cet album-là j’avais envie de le faire pour moi mais aussi pour les autres, comme un médicament, pour se sentir bien.

L’album se termine avec une chanson qui rend hommage à ta famille et à l’éducation que tu as reçue. C’est un sujet qui te tient à cœur ? 

Disons que mes parents sont assez fous pour que je puisse en parler ! Ce sont des hippies ! Ce sont des gens que j’estime beaucoup, parce que ce sont mes parents, mais pas que. Même en prenant du recul je trouve que ce sont des gens assez géniaux qui m’ont inculqué de super belles valeurs et m’ont fait confiance très tôt. Ils m’ont appris entre autres qu’on est un peu comme des aimants, c’est en créant du bonheur autour de nous qu’on en récolte. En faisant attention aux autres on donne envie aux autres de faire attention à nous, c’est ce que mes parents m’ont appris et ce qui m’a pas mal de fois sauvé la vie.

Tu es avant tout un musicien qui traîne sa guitare partout où il va. Est-ce que ça influence ton rapport à la scène?

Je préfère mille fois la scène. J’adore faire des albums, mais si demain on me dit « tu ne fais plus que des concerts » je signe direct ! Je prends beaucoup de plaisir à faire un album, mais j’en prends beaucoup plus en montant sur scène.

Ton album est une forme d’introspection guidée par une question existentielle : « De quel message veux-tu être le passeur ? ». Quel message veux-tu faire passer ?

De dire que tout ne va pas mal. Je suis comme ça dans la vie, je suis très naïf, je vois tout ce qui est beau tout de suite. Dans la vie ça me sert beaucoup. Aujourd’hui on se lamente beaucoup, on a peur à juste titre, donc je me suis dit que ça pouvait être intéressant d’avoir un petit mec qui dit « mais ça c’est quand même pas mal ! ». Voilà, moi je suis là pour ça.


Écoutez l’album Comme un aimant