Tina Arena a fait nos plus belles heures de karaoké avec des tubes comme « Aller plus haut » ou encore « Je m’appelle Bagdad », et elle revient avec un nouvel album le 6 avril prochain : Quand tout recommence. Pour son grand retour, nous l’avons rencontré pour un entretien dans lequel elle nous parle de son amour pour la scène, de son besoin constant de créer et de son rôle dans la comédie musicale Evita.

Tu as commencé ta carrière en 1990 avec l’album Strong as Steel. 28 ans plus tard, qu’est-ce qui te donne encore envie de faire de la musique ?

Ma carrière en fait a commencé dans les années 1970… J’ai commencé à danser, à chanter. J’ai passé 7 ans dans une émission de télé qui passait tous les samedis et j’ai grandi devant les yeux des spectateurs. Il y a des cas qui sont assez rares. Le mien est assez rare parce qu’il n’y a pas trop d’enfants qui commencent leur carrière à la télé tout jeune. Alors je crois que c’était plus quelque chose que j’ai choisi. C’est presque quelque chose qui m’a choisie. C’était quelque chose de très naturel, de très joyeux.

Tu reviens avec Quand tout recommence, un nouvel album en français. Pourquoi ce choix et comment t’en est venue l’idée ?

Les derniers 10 ans sont passés tellement vite. J’ai un garçon de 12 ans alors je me suis consacrée à lui la plupart de ces dernières années. Et en même temps, en 10ans, j’ai enregistré 5 albums et fait 5 grosses tournées. J’ai fait « Danse avec les stars » en 2014, ça m’a beaucoup occupé. Il y a peut-être presque 2 ans maintenant que l’envie est vraiment revenue de faire un disque en français.

Tu as collaboré avec Alma pour le titre « Tant que tu es là ». Comment s’est passée cette collaboration ?

La chanson m’a été présentée par un intermédiaire, Michèle Domi, qui connaît Alma. Et j’ai vu Alma présenter à l’Eurovision. C’est une jeune femme qui a un don d’écriture. Pour moi, ce n’est pas forcément la personne qui va me persuader. C’est la chanson qui me prend en fait. J’adore le thème de cette chanson, j’adore la simplicité, le fait d’avoir le soutien de quelqu’un, de savoir qu’il y a quelqu’un avec toi dans ton parcours. C’est toujours plus agréable d’être accompagné dans la vie.

Quelles ont été tes inspirations pour cet album ?

Mes observations, mes croyances. Les choses que j’observe socialement, politiquement. Il y a un peu de tout au niveau des thèmes : l’amour, les balles à blanc, la violence des mots qu’on emploie dans notre langage de tous les jours, le poids de nos mots.

En 10 ans d’absence qu’est-ce qui t’a le plus manqué sur le plan musical et qui t’a donné envie de faire un nouvel album ?

En fait, je ne manque absolument de rien sur le plan créatif parce que je n’ai pas arrêté de faire des disques, de créer, de faire des tournées. La partie que j’aime le plus, à part la partie créative, c’est la scène. Je vis pour ça.

Et qu’est-ce que tu aimes dans la scène ?

J’aime la connexion avec le public. J’aime me lâcher parce que je n’ai pas de contraintes quand je suis sur scène. Je me sens complètement libre. Et ça, ça a beaucoup changé la façon dont je fais du live maintenant. Ça a vraiment pris un vrai sens pour moi. C’est là où je me suis rendue compte que je ne suis pas qu’une artiste qui fait des disques, parce qu’il y en a pas mal qui font des disques, mais qui n’ont pas de force sur scène. Ils n’ont pas de puissance, ils n’ont pas de connexion avec la scène.

En parlant de live, qu’est-ce que tu as envie de dire à tes fans et à tous ceux qui vont écouter ce nouvel opus ?

Je pense honnêtement que je ne suis plus la même femme qu’ils ont connu il y a presque 20 ans. Ils vont découvrir une espèce de liberté je crois. Ils vont découvrir une femme qui a du vécu, qui a des choses à dire et qui veut que partager de bonnes choses.

Ces dernières années, est-ce qu’il y a des artistes qui t’ont marqué ou inspiré, et avec lesquels tu souhaiterais collaborer ?

Le mot artiste, c’est un mot qui n’est pas forcément employé à bon escient. Il y a plein de personnes qui font de la musique aujourd’hui, mais ils ne sont pas forcément des artistes parce qu’il y a une chose qu’il faut comprendre à propos de la musique d’aujourd’hui : la technologie a permis à tout le monde de devenir Léonard de Vinci dans leur tête. Mais ça, ce n’est pas vraiment la musique. C’est une extension de ce qu’on peut produire ou réaliser grâce à ce logiciel qui a été créé pour inventer ou reproduire des sons. Ça ne veut pas forcément dire que tu es un musicien.

Et quelle est ta définition du mot artiste ?

Un artiste, pour moi c’est plutôt quelqu’un qui écrit, qui joue un instrument, qui a une connaissance de son métier. Ce n’est pas forcément quelqu’un qui sait juste bien chanter.

Tu ne t’es pas laissée prendre par la tendance électro, contrairement à d’autres artistes. Ça ne t’attire pas ?

Pour moi, c’est une erreur de suivre la mode parce que tu ne sers pas le côté artisanal, et tu ne sers pas l’histoire. Je suis vraiment traditionnelle dans ma manière d’approcher les choses que je fais.

Tu vas faire une tournée mondiale avec cet album. Quand est-ce que tes fans pourront te retrouver en France ?

En 2019. Je serai sur les routes parce qu’à la fin de cette année, je vais jouer le rôle d’Eva Perón dans Evita à l’Opéra de Sydney.

Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce rôle ?

Je trouve que c’est quelque chose de très large. Il y a tellement d’espace pour l’interprétation. Elle reste toujours une personne mythique, tellement en avance sur son temps. C’est une pionnière, dans le vrai sens du terme.

Un petit mot de fin ?

Je ne sais pas… sauf dire que j’espère que les gens trouveront leur bonheur, que ça va leur plaire.