Exit Nord, place désormais à Foray. Mais ce n’est pas parce qu’il a changé de nom, que le chanteur a changé d’identité musicale. Avec ses nouveaux titres « Si tu ne dors pas » et « Faut pas croire », annonciateurs de son premier album Grand Turn Over, il frappe fort avec des sonorités multiples et addictives dont lui seul à le secret.

Nous avons rencontré l’artiste qui évoque avec nous son retour, ses influences et l’importance de rester le même.

Comment on change de nom en tant qu’artiste ? Ça a été difficile ?

C’est pas évident. J’ai eu une longue période de réflexion avec le deuil de Nord. Je m’y étais habitué, ça allait bien avec mes chansons qui étaient à la fois froides et chaleureuses. J’ai eu un moment de doute et puis Foray ça m’a plu tout de suite. Ça fait penser à la forêt, c’est très évocateur pour moi.

Depuis le 1er EP, tu as enchaîné les concerts ? 

Oui, j’ai fait mal de concerts et de festivals. J’ai joué aux FrancoFolies de Montréal et au Festival de Granby aussi. C’était l’occasion de présenter mes chansons ailleurs donc c’était top. À partir de 2017, on a vraiment travaillé l’album à fond. Je l’ai terminé en juillet dernier. J’ai rajouté des chansons, au lieu d’avoir 12 titres j’en ai 14. J’ai pas changé de style. J’ai juste changé de nom. Fondamentalement, je reste le même.

Tu as sorti deux clips pour « Si tu ne dors pas » et « Faut pas croire ». Tu as choisi à chaque fois de mettre en avant des femmes qui font du sport. Pourquoi avoir choisi cette thématique-là ? 

C’est un thème qui me plaît et que j’avais envie de traiter. Je bosse beaucoup avec La Sucrerie. Je leur avais dit que je voulais faire deux clips autour de deux chansons qui se répondaient. En parlant avec eux, j’ai vu qu’il y avait une corrélation entre « Si tu ne dors pas » et « Faut pas croire ». Ce sont des chansons assez dures, tout en tension. J’avais envie de mettre à l’image une femme qui s’entraîne dans l’ombre, qui était déterminée, obstinée. Ça a super bien marché. Les tournages se sont très bien passés parce que les filles se sont hyper investies.

Dans tes morceaux, tu mêles pas mal d’univers et dans tes sonorités aussi. Où est-ce que tu vas puiser tes influences ?

Je me pose pas de limites. J’essaye de mélanger plein de choses, de trouver des textures, des ambiances. Pour « Si tu ne dors pas », j’ai découpé une basse electro que j’ai repassé dans un biscuit (un processeur multi-effets). Ça donne un gros son saturé et c’était la base de la chanson. Après, j’ai écrit le texte. C’est un petit hommage aux années 1970 aussi dans le son. J’ai pas fait exprès mais j’avais envie de quelque chose qui trace. C’est un petit clin d’œil à Moroder.

Sur Facebook, t’écris souvent un petit journal où tu racontes tes concerts, tes aventures en tournée, etc. Comment tu as eu l’idée de faire ça ?

En août dernier, on s’est retrouvé en tournée dans des lieux un peu improbables, des centres de vacances. On rencontrait des gens qui étaient à la cool, en short. Il fallait aller les chercher. On s’est retrouvé dans des situations marrantes. J’avais envie de changer Facebook. Je l’utilise comme un outil promotionnel et je voulais m’amuser en racontant des anecdotes croustillantes. Les retours ont été directs et francs. Il y a vraiment une proximité qui s’est installée avec le public.

Ton premier album Grand Turn Over sort le 25 mai prochain. Qu’est-ce qu’on peut en attendre ?

C’est un mélange de chansons tendues avec des chansons qui peuvent paraître un peu plus légères. J’essaye toujours d’ajouter de la légèreté à toute cette lourdeur que je peux avoir à l’intérieur de moi et que tout le monde peut avoir. Le Grand Turn Over c’est le fait de remplacer des sentiments par d’autres. Je vois ça comme une petite entreprise personnelle. On change tout le temps, on essaye d’être meilleur mais des fois ça ne marche pas toujours. Je pense que je parle à 97% d’amour dans l’album et dans l’amour on peut pas vraiment savoir ce qui va se passer.

Il y a une tournée qui se prépare ? 

Il y a une date importante qui arrive, c’est le 14 juin aux Étoiles. Avec ces deux ans de tournée, je suis un peu aguerrie. En live,  je suis avec deux musiciens avec qui ça se passe bien. Le set est déjà bien rodé mais j’aimerais bien rajouter des chansons pour cette date-là, en mettre de nouvelles.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

J’aimerais jouer au maximum, je veux faire des concerts. Et réécrire des chansons après et trouver d’autres gens avec qui les chanter.


Découvrez Foray en live aux Etoiles le 14 juin prochain