À l’occasion de la sortie Not All the Beautiful Things », What So Not était de passage éclair à Paris pour évoquer avec nous ce tout premier album. Le DJ australien nous raconte la genèse de cet opus, ses rencontres et la difficulté de trouver parfois un équilibre dans une vie bien remplie. Rencontre.What so notAvant de venir à Paris, tu as fait quelques shows en Asie. C’était comment ? 

J’avais déjà fait quelques shows en Asie parce que c’est près de l’Australie mais là ça faisait partie d’une vraie tournée et c’était fou.

Est-ce qu’il y a une vraie différence entre le public en Asie et en Australie par exemple ? 

Oui, absolument. Le public est différent partout où on va, même quand tu restes dans le même pays. En Inde par exemple, la bass music est assez nouvelle pour le public. Il y a certaines villes où le show était sold out. Il y a des villes où les gens ne connaissaient pas vraiment les chansons mais étaient tellement enthousiastes qu’ils se mettaient à danser comme des fous (rires).

Je n’avais pas vu ce genre de réactions depuis mes débuts en Australie quand il n’y avait pas encore grand monde qui faisait ce genre de musique.

Tu voyages beaucoup. Est-ce qu’il arrive un moment où tu en as marre de ne pas pouvoir te poser ? 

On passe par plusieurs phases. J’adore voyager, découvrir de nouvelles cultures, communiquer avec les gens même si je ne parle pas leur langue. J’étais sur les routes pendant six ans, j’ai pas vraiment fait de pause. C’était très cool mais c’était aussi difficile de ne pas avoir une sorte de routine, de stabilité. C’est difficile aussi de rester en contact avec tes amis, ta famille quand tu les vois une ou deux fois par an…

C’est pour ça aussi que tu n’as pas fait d’album avant ?

Oui, exactement. Je n’avais pas le temps. Et finalement, j’ai pu le faire et ça a été beaucoup de travail et de concentration pendant un an et demi. Je passais 14h au studio tous les jours, faisais 2 ou 3 shows et je dormais 4 heures par nuit (rires).

Il y a pas mal de featuring sur ton album. Tu as rencontré tous ces artistes pendant tes voyages ?

Oui, j’écoutais des artistes sur Soundcloud, je les contactais et je trouvais un moyen de faire des shows pas très loin de chez eux. J’ai travaillé avec pas mal de gens au Nicaragua. Je suis devenu très ami avec Daniel Johns, qui est sur plusieurs titres de l’album. Et j’ai même organisé un enregistrement avec Toto à Los Angeles.

Tu as co-réalisé le clip de « Be Ok Again » avec Luke Eblen. Pourquoi avoir choisi cette chanson en particulier ?

L’essence de cette chanson c’est essayer de se retrouver, de se reconstruire. Quand j’écris un morceau, même si je ne fais pas forcément de clips, j’écris des pages et des pages sur ce que la chanson veut dire. Il y a toujours une vraie histoire derrière donc c’est assez facile ensuite de transformer ces idées en vidéo. Pour « Be Ok Again », avec Luke, on a été acheter des sabres lasers à 2 dollars à Sydney. Ils faisaient office de néons et comme ils étaient waterproof on a pu les agiter sous l’eau (rires).

Quand tu composes en studio, est-ce que tu penses à ce que ça va donner en live ?

Ça dépend. Il y a des chansons que je fais en pensant à la scène et d’autres qui sont faites pour être écoutées à la maison. Je pense qu’un album est bon s’il peut s’écouter partout : à la maison, en festival, à la radio…

Est-ce que tu as une habitude avant de monter sur scène ?

Je fais quelques étirements, je médite pendant une vingtaine de minutes pour me concentrer. J’étais pas du tout comme ça avant. J’étais plutôt du genre à boire de la tequila (rires).

Qu’est-ce que tu as envie de dire au public français pour les inciter à écouter ton album ?

Je suis très reconnaissant envers le public français parce qu’il m’a toujours soutenu. J’ai joué plusieurs fois en France et c’était toujours des shows incroyables. Et je pense que dans cet album chacun peut s’y retrouver.


Écoutez Not All Beautiful Things