Après le succès de « 10 days, 10 songs » il y a un an, PV Nova n’a peur de rien et remet ça avec « 11 days » le 19 mars prochain. Le principe reste – presque – le même. Le musicien doit créer un album en 11 jours, en tirant au sort chaque matin des contraintes pour lui rendre la tâche un peu plus compliquée. Et la musique n’est pas le seul élément du projet puisqu’il y a aussi le visuel et cette année la danse, qui complèteront les sons.

À l’occasion du lancement de ce projet, nous avons rencontré PV Nova qui nous raconte sa préparation, son amour de la musique et l’importance de la création.

Tu commences le projet « 11 days » dans quelques jours. Comment tu te prépares ? 

Je me prépare peut-être un peu trop. Ça fait monter le stress de me concentrer sur des choses de production, de communication, d’administratif alors que mon cœur de métier c’est la musique.

L’année dernière, j’ai eu un calendrier particulier qui a fait que je n’ai pas eu le temps de réfléchir. J’avais monté le projet en deux mois alors que là ça fait six mois que je suis dessus. Je sortais de tournée avec Les Franglaises la veille au soir. Le dimanche on tournait le dvd et le lendemain je me suis jeté à l’eau. Là j’ai bien le temps de réfléchir. Mais je me dis que le but du jeu c’est pas de réussir, c’est de se marrer.

Comment tu arrives à garder une certaine spontanéité malgré cette préparation ? 

Je prépare tout sauf l’artistique. Mon objectif c’est de faire en sorte que le jour J, il n’y ait plus que la musique. On est une équipe de 9 donc il y a plus de choses à anticiper. On fait des feuilles de route, des planning… Et si tout va bien, lundi matin je suis à 100% sur la création.

Cette année, tu as rajouté la danse dans le projet. Comment ça t’es venu ? 

Ça a été une cheminement assez naturel. Au départ, c’était « 10 days, 10 songs » et maintenant c’est « 11 days » tout court. Je me suis rendu compte que c’était un projet transdisciplinaire et que c’était peut-être réducteur de le limiter à la musique. C’est un projet d’équipe. Après la musique, le visuel, il manquait l’aspect corporel. Et la danse s’est imposée comme une évidence. C’est hyper stimulant d’imaginer comment tous ces domaines vont se répondre.

Tu lances aussi le projet Fingers Out pour encourager les gens à créer. Tu peux nous en dire plus sur ce projet ? 

Il y a des tas de projets ambitieux qui existent mais de manière assez minoritaire. C’est un acte politique pour moi de revendiquer une culture assumée. On pense que YouTube c’est le royaume du gaming, des tutos, des morning routines… mais on peut rêver. Il y a de la place pour ça. J’essaye de donner la possibilité aux gens de faire des projets que j’aurais aimé voir mais que je ne vois pas.

J’aime bien par exemple le principe d’Inktober, qui pousse les graphistes du monde entier à faire quelque chose. Il y a aussi le « 48h Film Project ». Je trouvais ça regrettable qu’il y ait pas ce genre de choses pour la musique. J’ai suggéré ça pour voir comment les gens allaient se l’approprier et je suis agréablement surpris par le nombre de gens qui se motivent. Il y a plus de 4000 personnes qui ont rejoint le groupe Facebook et ce n’est qu’une partie. C’est valorisant pour notre jeunesse de se prouver à soi-même qu’on peut faire quelque chose.

Qu’est-ce que tu retiens de l’expérience « 10 days » ?

J’ai été le premier surpris de ce que j’ai pu sortir. Ce qui m’a beaucoup plu c’est de me rendre compte que je pouvais sortir des choses dont je ne pensais pas être capable. C’est du vrai dépassement de soi, de la transcendance pour parler un peu de philosophie. J’y ai pris goût.

Tu as pas peur d’instaurer une sorte de routine ?  

La répétition présente un danger qui est la coutume. Et c’est le pire ennemi de ce que je propose, qui est la prise de risque. Cette année, je me sens capable de ne pas retomber dans des schémas mais je ne veux pas non plus l’installer. Je ne sais pas s’il y aura « 12 days » l’année prochaine.

Tu as collaboré avec beaucoup d’artistes notamment avec le Comité des reprises. Est-ce qu’il y a des artistes avec qui tu aimerais encore travailler ? 

Je pense que le propre de la musique c’est l’échange et le partage. C’est le langage universel par excellence. J’ai vécu des expériences incroyables avec le Comité des reprises notamment, des rencontres humaines et artistiques desquelles je suis ressorti grandi. C’est pour ça que pour « 11 days » j’ai plus de guests. Je ne veux rien annoncer mais sur les 11 jours, il y a 8 jours où il y aura un guest. C’est un exercice périlleux parce qu’il faut qu’il y ait une relation de confiance qui s’installe mais c’est la meilleure chose possible dans la musique.


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