Au cinéma dès demain.

Christine vit à Sacramento avec sa mère et son père. Adolescente un peu rebelle, elle se fait appeler Lady Bird et cherche à tout prix à quitter la maison familiale pour ne pas avoir la même vie que ses parents. Alors que le lycée se termine bientôt pour elle, sa transition vers le monde adulte ne va pas se faire sans désillusions.

Pour son premier long-métrage en tant que réalisatrice, Greta Gerwig fait de Christine « Lady Bird » McPherson un véritable alter ego. On imagine sans trop de difficultés qu’il y a beaucoup d’elle dans cette adolescente aux cheveux roses qui doit prendre son envol. C’est en finissant d’écrire le scénario du film que Greta Gerwig s’est rendue compte qu’il était temps pour elle de passer derrière la caméra. Elle a certainement bien fait puisqu’elle réalise, avec Lady Bird, une histoire de coming of age incroyablement touchante.

En se servant de ce thème maintes fois abordé au cinéma, la réalisatrice aurait pu facilement tomber dans une répétition sans intérêt. Pourtant, en reprenant les clichés inévitables du genre, elle les renverse en se posant et en nous posant la question de ce que veut réellement dire « être à la maison ». Ce n’est pas pour rien que Greta Gerwig situe son histoire – et déclare son amour – à Sacramento, où elle a grandi. Même si Lady Bird veut absolument la quitter, son attachement à cette ville est plus fort qu’elle ne veut bien le croire.

Lady Bird

© Universal Pictures France

Le ton du film est ainsi profondément mélancolique. Les personnages, extrêmement bien écrits, luttent tous pour vivre comme ils l’entendent et faire quelque chose de leur vie dans une ville scindée en deux qui n’a pas la même résonance pour tout le monde. Marion McPherson, formidable Laurie Metcalf, essaye de subvenir aux besoin de la famille alors que son mari a perdu son emploi. La relation difficile qu’elle entretient avec sa fille donne lieu à l’une des scènes les plus bouleversantes du film. Mais il y a aussi Julie, Danny, le père Leviatch… qui gravitent autour de Lady Bird et qui participent chacun à leur manière à son passage vers l’âge adulte.

Saoirse Ronan trouve ici son plus beau rôle et donne toute son émotion et sa drôlerie à son personnage. Car si le vague à l’âme nous saisit à de multiples reprises, les dialogues de Greta Gerwig ne sont jamais dénués d’humour et l’on retrouve avec grand plaisir la verve si singulière de Frances Ha ou Mistress America.

Le film ne démérite pas son score de 99% sur le site Rotten Tomatoes – il est resté pendant quelques semaines numéro 1 avec 100% de tomates fraîches -, ses 2 Golden Globes et ses 4 nominations aux Oscars. Lady Bird est donc une réussite et notre amour pour Greta Gerwig ne cesse de grandir. À votre tour de tomber sous le charme.


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