Bonne nouvelle les curieux(ses), c’est le retour tant attendu de notre rubrique COCY City, l’occasion pour nous de vous faire découvrir une ville via un portrait original. Parce que chez COCY on privilégie les good vibes et les sourires, on s’est dit qu’on allait vous en dire plus sur la ville la plus festive d’Europe : Berlin. La capitale allemande connue pour sa culture alternative et son identité excentrique s’est imposée, au fil des années, comme la reine de la fête.

Afin de savoir qui aller voir ou écouter, on vous a concocté notre sélection des 7 artistes à suivre lors de votre périple !

TOBO

Natif berlinois, Tobias Friesike alias TOBO est street artist depuis l’âge de 8 ans. Après avoir expérimenté plusieurs styles, TOBO a été un des premiers à créer un personnage présent dans toutes ses réalisations : le célèbre chien Erik Rotheim, nommé ainsi en référence à une bombe de peinture murale. En observant le nombre impressionnant de chiens domestiques dans la capitale, son idée a été de placer le meilleur ami de l’homme dans différentes situations et le faire communiquer sur des sujets tabous ou polémiques que l’artiste souhaite aborder. Une manière pour lui de faire de l’art engagé tout en faisant de l’humour.

Vous pouvez admirer les œuvres de TOBO sur des spots dédiés au street art comme l’ancienne centrale d’écoute de la NSA Teufelsberg.

Adam Port

Adam Port fait partie des producteurs de musique électronique les plus talentueux de sa génération. Et pour cause, il est devenu rare que les jeunes artistes s’inspirent d’autres styles musicaux pour leurs créations. Adam Port, lui, est passé par plusieurs phases avant de devenir l’artiste qu’il est aujourd’hui. Du hardcore à la house en passant par le rock et le hip-hop, le Berlinois a su diversifier ses écoutes et c’est sûrement cela qui fait aujourd’hui de ses tracks un mélange intelligent de plusieurs courants et cultures musicales.

Co-fondateur du Llabel Keinemusik, un des labels les plus prolifiques de la scène house /techno internationale, vous pourrez le retrouver le 23 février pour la soirée HAIKU au YOYO (Palais de Tokyo).

Ben Klock

Si vous débutez dans la techno et que les classiques sont votre priorité, vous avez frappé à la bonne porte. Ben Klock est un producteur qui apparaît comme le symbole même de la techno berlinoise actuelle. En effet, l’artiste a littéralement métamorphosé la techno dans les années 2000 avec un style beaucoup plus mélodique et psychédélique que les classiques du genre beaucoup plus… bourrins !

Étant un des premiers résidents du célèbre Berghain, l’artiste a pu facilement faire entendre sa vision de la musique à travers le monde pour être aujourd’hui une référence dans tous les styles de musique électronique confondus. Car oui, ses talents de remixeur l’ont amené à retravailler les morceaux d’artistes issus de styles très différents comme Kerri Chandler (house music), Depeche Mode (english new wave) ou encore Robert Hood et Kenny Larkin (pionniers de la techno de Detroit).

Aujourd’hui DJ et producteur, il se consacre à son label Klockworks, fondé en 2006, et participe à l’émergence de la nouvelle génération d’artistes imprégnés de ses sons.

Die Kulture Erben

Cette ONG qui signifie « Le Patrimoine culturel » en allemand, est une organisation appartenant au graffeur Ibo Omari, Berlinois d’origine libanaise. Celle-ci vise à améliorer les quartiers de Berlin en encourageant les communautés à s’unir et à créer pour redonner à la culture une place au premier plan de la vie berlinoise.

Mais si on a choisi de vous parler de cette bande d’artistes et pas d’une autre, c’est parce qu’ils sont à l’origine d’une opération à la fois et innovante et humaniste : Paintback. C’est à la suite d’une visite dans sa boutique d’un père de famille qui souhaitait recouvrir la croix gammée du parc à côté de chez lui, qu’Ibo Omari et son crew ont commencé à détourner chacune des croix qu’ils trouvaient pour en faire des dessins « mignons et provoc’ » n’inspirant que l’amour et la fraternité.

De plus en plus nombreux à participer à l’opération, plusieurs artistes ont su faire de ces dessins un moyen pacifiste pour répondre à l’augmentation de l’antisémitisme ces dernières années.

Thomas Kakareko

On ne peut plus nier que le phénomène Instagram a totalement rebattu les cartes en matière de reconnaissance artistique. Aujourd’hui, plusieurs milliers d’artistes se font connaître par l’intermédiaire du réseau social. C’est le cas de Thomas Kakareko, né dans les années 80 à Berlin pendant une période trouble pour la ville. D’origine polonaise, il a su se créer un univers multiculturel.

Avec toutes ces évolutions technologiques en matière de photographie, mais aussi et surtout en matière de communication, il débute sa carrière de photographe avec son smartphone. Portraits décalés ou mélancoliques, en groupe ou en solo, les portraits de rue de Thomas transmettent dans ses débuts un sentiment d’espoir qui s’est peu à peu transformé en nostalgie avec les années. La faute à la technologie elle-même ? Cela serait un comble.

Gurr

Si vous cherchiez le renouveau de la pop allemande, c’est ici que ça se passe. Le duo Gurr s’est imposé sur la scène germanique avec son premier album In My Head sorti en 2016. Ces deux filles originaires de Berlin ont toujours eu la musique dans la peau. C’est après avoir fait croire, pendant leur voyage d’études en Angleterre, qu’elles formaient un duo pop dans leur pays, que Laura et Andreya ont décidé de monter Gurr.

Décalées mais très lucides, elles séduisent aujourd’hui toutes les générations. En effet, si les deux artistes sont très présentes sur les réseaux sociaux pour s’adresser à leur jeune public, elles se sont aussi produites dans l’équivalent allemand de Vivement Dimanche – Pfeiffers Ballhaus -, l’occasion pour elles de communiquer avec leur public disons plus expérimenté.

Le duo prône la non-distinction des sexes et recherche avant tout à transmettre leur amour du voyage et de l’évasion. Des messages qui se ressentent dans leur musique très aérienne où se mélangent riffs de guitares envoûtants et vocales résonnantes.

Amewu

© David Reisler

Pour terminer notre tour d’horizon des artistes à suivre, on vous propose de découvrir l’univers du hip-hop made in Berlin avec Amewu. Dans un style différent du hip-hop classique, avec des pointes de reggae, l’artiste se positionne comme un rappeur engagé. De la critique du monde du rap à celle des pouvoirs en place, Amewu se moque ironiquement des similitudes de ces deux mondes dans lesquels il faut jouer des poings pour exister.

C’est grâce à ses instrus pointues et son flow teinté de slam qu’Amewu séduit aujourd’hui la jeunesse allemande et compte bien changer les mentalités du « german rap game ». Un style bien à lui qui nous fait penser à notre petit génie de la punchline Orelsan, mais ça c’est à vous de juger les curieux(ses).