Après la sortie de son album Du silence en bascules en 2014, Gaël Faure n’a pas chômé. Concerts avec la famille Souchon, engagement citoyen avec le mouvement Colibris et préparation d’un nouvel album, il revient aujourd’hui avec le single « La Saison », premier extrait très efficace de son album Regain à paraître le 26 janvier prochain. Rencontre avec un artiste conscient de ce qui l’entoure.

Comment vas-tu ? 

Tout va bien. Je suis excité et impatient puisque ça fait pas mal de temps que je bosse sur le projet. J’ai hâte qu’il se passe des choses, il s’en passe déjà. On a des retours sympas. J’ai hâte de faire une tournée avec ce nouvel album que j’aime beaucoup. On construit bien le live là, c’est notre priorité.

Tu as sorti « La Saison » en premier single avec un clip très travaillé et cinématographiquement recherché. C’est toi qui a amené l’idée du clip ?

Non pas vraiment. J’ai fait appel à un collectif de réalisateurs de clips qui s’appellent Temple Caché. Ils sont basés près de Montpellier. J’avais vu leurs clips pour La Chica, qui est une artiste que j’aime beaucoup et avec qui j’ai déjà travaillé.

Je les ai contactés, on a échangé et je leur ai envoyé un premier titre. Finalement on ne l’a pas retenu donc j’ai proposé « La Saison » et ils m’ont fait deux belles propositions. Dont ce clip d’anticipation. Je trouvais ça beau et que ça racontait quelque chose.

Pour écrire la chanson, j’ai lu que tu t’étais inspiré du peuple Tamang.

Oui, j’ai vu un documentaire sur Arte sur les Tamang au Népal. Ils vivent à leur façon depuis des millénaires. Ils commencent à être obligés de changer leur manière de faire et je trouvais ça malheureux mais touchant. Ce sont des peuples qui écoutent la nature. Mais je ne voulais pas non plus faire un truc seulement « naturel », je voulais aussi que ce soit moderne, à l’image de l’album. Entre des sons un peu synthétiques et de la folk song traditionnelle.

L’album est d’ailleurs très épuré. Ça fait écho à ton engagement écologique qui est présent dans l’album via la chanson « Colibri », du nom du mouvement citoyen initié par Pierre Rabhi. 

Oui, depuis trois, quatre ans, ce que je veux raconter s’affine. Un jour je me suis dit, j’aime bien ce que je fais et j’arrive à vivre de la musique donc c’est cool. Mais concrètement, qu’est-ce que je veux raconter ? L’état de la planète est quelque chose qui m’importe énormément donc j’ai voulu le retranscrire dans mes morceaux.

C’est un peu comme ce qu’a fait Cyril Dion avec le film Demain. Il a voulu montrer le beau et pas quelque chose d’alarmant parce que les gens sont fatigués d’entendre ça. L’écologie c’est une évidence pour moi. Tout dans ma vie y a mené. Les études d’architecte paysagiste que je faisais quand j’étais plus jeune, le nom latin des plantes, la texture des sols, mon père agriculteur, etc. J’ai essayé de faire un album entre ces deux mondes. Après concernant ce côté épuré dont tu parles, c’était une volonté. Essayer d’aller vers la chanson le plus purement possible, pour que ce soit aussi plus facile à reproduire sur scène.

Du coup, comment travailles-tu le live

Je suis content parce que pour la première fois je vais avoir une création lumière. Ça va aussi beaucoup aider à comprendre l’esthétique de l’album. On sera 4 sur scène. Une claviériste, qui était d’ailleurs ma prof de chant, un batteur, un bassiste et moi.

Tes albums sont traversés par la thématique du voyage. Dans quel pays rêves tu d’aller ?

Le premier album était très tourné vers l’extérieur et celui-ci est plus un voyage intérieur, une introspection. C’est plus sur la conscience de soi que le voyage à proprement parler. Mais en ce moment, je suis très Amérique Latine, Argentine…

On a été particulièrement touché par la chanson « Éreinté » , tu peux nous en parler ?

Je me suis rendu compte que le mal de dos, n’était pas seulement physique. C’est aussi le poids de la vie, de nos responsabilités. En réalité le mal de dos est une réaction physique à ce qui s’accumule dans notre cerveau.  J’aimerais d’ailleurs en faire un clip dans l’usine de mon père. Il y aurait une danseuse contemporaine de Preljocaj. J’aimerais bien arriver dans cette usine et filmer ceux qui y travaillent, avec des mouvements comme dans Les Temps modernes de Charlie Chaplin.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

De prendre toujours autant de plaisir et que les gens n’aient pas peur de dire haut et fort ce qu’ils pensent. Qu’ils sortent de leurs habitudes. Je souhaite aussi savoir faire un peu plus la cuisine (rires). Et sortir le clip d’« Éreinté » !


Gaël Faure sera en concert le 21 mars au Café de la danse