La première série allemande de Netflix est un petit bijou à ne pas manquer.

On s’est tous dit un jour que l’on aimerait voyager dans le temps pour réparer nos erreurs, découvrir à quoi ressemblait la vie de nos ancêtres ou revoir des personnes disparues. Après avoir vu Dark, on se rend compte que ce n’est clairement pas une bonne idée de vouloir jouer avec l’espace-temps. La première série allemande de Netflix se sert de la fameuse citation d’Einstein sur la temporalité – « La distinction entre le passé, le présent, le futur n’est qu’une illusion » – pour créer une intrigue sombre, captivante et bouleversante qui vous tiendra en haleine pendant dix épisodes.

Difficile de résumer la série sans révéler d’éléments importants mais pour faire simple, voici ce que l’on peut dire de l’histoire. La petite ville de Winden en Allemagne connaît une série mystérieuse de disparitions d’enfants. Ces évènements semblent provoquer une brèche entre les dimensions et la question ne devient plus qui a enlevé ces ados mais quand. 2019 ? 1986 ? 1953 ?

Si on peut penser à Stranger Things à cause de l’ambiance 80’s, d’enfants en vélo dans la forêt et d’une centrale nucléaire bizarre, Dark ne ressemble en rien au show des frères Duffer. Baran bo Odar avait d’ailleurs pensé à Dark avant la première saison du hit de Netflix. Bien qu’il revendique également l’influence de Stephen King sur son œuvre, le showrunner cite plus volontiers Gregory Crewdson pour l’esthétique de la série. Et nous n’avons aucun mal à le croire tant certaines scènes – sublimes – rappellent les clichés mystérieux du photographe. On pense aussi aisément à The OA, le show surprise de Netflix sorti l’an dernier, qui faisait la part belle à l’onirisme et nous incitait à croire à une autre réalité.

Dark est certes une série fantastique mais elle est profondément ancrée dans la réalité et c’est ce qui la rend encore plus effrayante. Si cette faille dans l’espace-temps s’est créée précisément dans la grotte de Winden, ce n’est pas sans raison. La ville est gangrenée par les mensonges de ses habitants qui ont tous quelque chose à cacher. Les relations humaines sont hypocrites et le passé obscur de l’Allemagne suinte par toutes les cicatrices. Ce n’est pas pour rien non plus que la catastrophe de Tchernobyl en 1986 a servi de base pour l’une des boucles temporelles.

© Netflix

Baran bo Odar et la scénariste Jantje Friese se sont beaucoup documentés pour rester cohérents et donner vie à un univers complexe fondé sur de réelles théories. On comprend pourquoi cette première saison a nécessité 150 jours de tournage éprouvants et un casting de longue haleine – trois interprètes sont parfois nécessaires pour jouer un seul rôle. Les comédiens livrent tous une performance impeccable et la nouvelle génération n’est qu’un condensé de talents à suivre.

Si vous avez l’habitude de scroller sur votre téléphone pendant votre binge-watching, on vous conseille vivement de ne pas faire ça devant Dark. Il suffit de tourner la tête et de louper une réplique pour rater un élément essentiel. Restez concentrés et laissez-vous happer dans cet univers à l’ambiance si particulière qui nous conforte sur le talent indéniable de nos voisins germaniques.


Dark est dispo sur Netflix. Et sa formidable BO est à écouter ici.