Le 13 octobre dernier, Holy Two sortait son second EP Misunderstood. Cinq titres toujours aussi percutants qui confirment le talent du duo formé par Élodie et Hadrien. De l’école d’architecture à la scène, ils nous racontent leur parcours, leurs influences et leurs projets avant leur show ce soir aux Étoiles.

Vous vous êtes rencontrés en école d’architecture. Vous pouvez nous en dire plus sur la naissance d’Holy Two ?

On s’est effectivement rencontrés en école d’architecture, en deuxième année à Lyon. On a assez vite accroché musicalement comme on avait pas mal de références communes, bien qu’on ait chacun nos univers (Élodie plutôt hip hop / musique du monde et Hadrien plutôt rock / blues).

On a commencé par faire des reprises acoustiques, puis on a acheté des synthés et on a commencé à chanter. On a trouvé ça assez fort alors on a écrit nos premières chansons en se forgeant notre identité avec les outils du bord, d’abord pas du tout dans l’optique de les mettre sur un CD ou de les jouer, vraiment pour s’amuser. Puis la sauce a pris !

Comment vous définiriez votre musique ? 

Notre musique est assez hybride, on s’inspire de beaucoup de styles : de la musique électrique jusqu’au hip-hop en passant par le rock psychédélique. On aime cet éclectisme et c’est pour cela que c’est assez difficile, même pour nous, de mettre une étiquette sur notre musique. Mais pour simplifier les choses, on parle souvent de dark pop electro.

Vous êtes influencés par des artistes en particulier ?

On est influencés par pas mal de groupes, comme références communes à nos deux univers je pense qu’on peut citer des classiques comme Radiohead, MGMT, Tame Impala, Kendrick Lamar, Moderat… Aujourd’hui on consomme tellement vite la musique qu’il est difficile de citer une seule référence, alors qu’on écoute vraiment beaucoup de styles différents. Nos derniers coups de cœur sont Princess Nokia, Sevdaliza, Toro y Moi, Pond et Vulfpeck.

En live, vous êtes trois et vous proposez quelque chose de vraiment différent. Comment vous envisagez la scène ? C’est une sorte de terrain d’expérimentation ?

C’est tout à fait ça ! Sur scène on se retrouve à 3 avec Rémi Ferbus, notre batteur qui apporte une couleur plus « organique » et rock’n’roll à certains moments. C’est une énergie différente, mais c’est important pour nous d’emmener nos morceaux ailleurs en concert, de les réarranger. Cela permet à notre public de découvrir les titres sous un autre angle et qu’il n’écoute pas simplement une copie du CD en live. On aime créer la surprise !

Les visuels qui accompagnent vos morceaux sont aussi percutants que votre musique. Comment vous les imaginez ?

Merci ! Pour les visuels on a commencé pareil que la musique, à faire tout nous mêmes dans le salon d’Élodie. Comme on était en école d’architecture on savait pas mal toucher à l’image et c’était assez simple de faire un peu ce qu’on voulait. Ensuite quand on a franchi des étapes et que l’on a commencé à faire des vidéos plus « pros », on a eu la chance de rencontrer un collectif qui s’appelle Holden, qui sont devenus des amis depuis. C’est eux qui ont fait l’écrasante majorité de nos vidéos et on est toujours ravis de ce qu’ils proposent.

Est-ce que vous pourriez choisir entre l’architecture et la musique ?

Pour l’instant on a choisi de donner tout notre temps et notre énergie à la musique, c’est notre projet de vie mais rien ne dit qu’on ne se retrouvera pas à travailler pour un projet architectural dans quelques années… tant qu’il y a un quelconque lien avec la musique. Ce qui ne nous semble pas impossible, sachant qu’on est convaincu qu’il y a des rapports étroits entre ces deux domaines (autant d’un point de vue du processus, théorique, technique que sensible).

Si vous deviez donner envie aux gens d’écouter votre musique, vous diriez quoi ?

Notre musique est de plus en plus sombre et personnelle et c’est peut-être le petit plus des derniers morceaux et de ceux à venir ! On essaye en tout cas d’être le plus sincère possible et de faire de la musique avec nos cœurs, que ce soit dans l’écriture ou sur scène. On livre nos émotions à notre public et on l’invite à s’y perdre le temps d’un morceau, d’un album ou d’un concert.

C’est quoi la meilleure façon d’écouter Holy Two ?

Avec le cœur brisé, mais surtout avec beaucoup d’espoir. « No rainbow without rain ». C’est ce jeu de contrastes, ce passage d’un état à l’autre qui nous intéresse et que l’on essaye de transmettre à travers notre musique.

Vous prévoyez de sortir un album ?

Oui, il est prévu pour début 2018. On travaille dessus depuis beaucoup de temps, surtout en ce moment en studio et on brûle d’impatience de le dévoiler ! C’est une nouvelle étape très excitante.


Pour en savoir plus sur l’univers d’Holy Two