Todd Haynes livre un long-métrage bouleversant à l’atmosphère singulière. 

C’était l’un des films les plus attendus de la compétition. Le Musée des merveilles marquait le retour de Todd Haynes au Festival de Cannes, deux ans après le sublime Carol qui avait permis à Rooney Mara de remporter un prix d’interprétation amplement mérité.

Cette fois, le brillant réalisateur met en scène l’histoire de deux enfants sourds, Ben et Rose, qui parcourent les rues de New York en quête de réponses et de sens à leur vie. Deux destins liés par une histoire peu commune. La splendide affiche de Wonderstruck, rebaptisé Le Musée des merveilles en français, donnait déjà le ton. Un cabinet des curiosités ouvert, propice à toutes les fantaisies et au voyage de l’imagination. Une pièce de musée qui nous incitait à voir plutôt qu’à regarder.

© Metropolitan Filmexport

Todd Haynes nous emmène dans les rues de la Grosse Pomme, à deux époques différentes : 1927 et 1977. Deux périodes qui se mêlent sans cesse dans la narration jusqu’à ce que les connexions se fassent. Le noir et blanc face à la couleur, le muet face au parlant, les cauchemars face à la réalité.

Le musée devient un terrain de jeu pour ces enfants en manque de repères. Le cabinet de curiosités, le fameux Wonderstruck du père de Ben, est montré comme un lieu imposant et effrayant mais surtout synonyme d’extrême fascination. À la fois objet étrange qui sort de l’ordinaire et besoin irrépressible de découvrir ce qui est dissimulé, la définition de curiosité est elle-même multiple et possède ce brin de magie que le réalisateur parvient à capturer. 

Ce voyage singulier est sublimé par les superbes images d’Edward Lachman, fidèle chef opérateur de Todd Haynes, qui naviguent entre hommage aux films des années 1930, chaleur du Queens des seventies et fantasmagories captivantes. Sans oublier le génie de Carter Burwell qui frappe à nouveau grâce à des compositions participant d’une émotion en crescendo. 

C’est avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve également Julianne Moore devant la caméra de celui qui lui a offert des rôles d’exception dans Safe et Loin du paradis. Même si sa présence est moindre dans Le Musée des merveilles, les apparitions de l’actrice fascinent et bouleversent tout autant. Quand Julianne Moore pleure, nos yeux s’embuent à notre tour. Face à la formidable maquette de la ville de New York qui clôt l’histoire, plus besoin de mots superflus, il s’agit maintenant de voir plutôt que regarder. 


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