Après s’être fait remarquer avec le très bel EP Bateaux en 2016, le groupe Pépite a récidivé en septembre dernier avec la sortie de quatre nouveaux titres réunis dans l’EP Renaissance. Eddy & Thomas sont toujours aussi en forme et nous séduisent avec des morceaux pop qui parlent encore plus d’amour et de sensations. Rencontre avec ces « aventuriers du sentiment ».

Vous avez joué à la Maroquinerie le 24 octobre dernier. C’était comment ? 

Thomas : C’était bien ! On était très agréablement surpris qu’il y ait autant de gens qui soient venus, parce que c’était complet trois semaines avant la date. Il y avait une super ambiance.

Édouard : Une belle communion, je dirais. C’était en plus un concert où on a essayé de nouvelles choses. On avait mis en place une scénographie, on a joué un nouveau morceau, etc.

Thomas : Oui, il y avait de nouveaux musiciens avec nous. Normalement, on est 4 et là on était jusqu’à 6. C’était pour faire un show spécial. Et le public était vraiment incroyable.

On vous définit comme des « aventuriers du sentiment ». Ça signifie quoi pour vous ? 

Thomas : C’est le fait d’explorer plein de sentiments, surtout les sentiments amoureux dans pas mal de phases de ce que peut être une relation et une séparation. Sur ces deux EP, je pense que c’est exactement à ça que ça correspond.

Thomas, c’est toi qui écris les textes. C’est donc l’amour qui t’inspire le plus ? 

Thomas : Oui, c’est ce qui me paraissait à l’époque la chose la plus inspirante et la plus naturelle pour moi. Ça peut peut-être changer.

Votre dernier EP s’appelle Renaissance. Elle fait référence à quoi cette renaissance ?  

Thomas : Le premier EP était plutôt sur une séparation et le goût amer que ça peut donner. Et le second c’est comme une renaissance parce que c’est le moment où on ressort, où on fait un peu n’importe quoi, où on profite de la ville, de ses lumières. C’est le début d’une nouvelle ère et c’est aussi la continuité de l’ancien EP.

Édouard : Ce mot nous a inspirés aussi musicalement. On a essayé de faire d’autres choses.

On parle beaucoup en ce moment de renouveau de la chanson française avec des artistes tels que vous, Fishbach, Juliette Armanet, etc. Mais il y a aussi une sorte de retour aux sonorités des années 80. 

Thomas : Je trouve pas que ça sonne forcément très années 80. Il y a peut-être des sonorités dues au renouveau des synthétiseurs numériques. D’ailleurs Fishbach l’avait très bien expliqué en disant que quand tu fais de la musique tout seul tu t’achètes pas 10 synthès, tu as un contrôleur qui contrôle plein de synthés sur ton ordi. Et ça peut donner une couleur années 80 parce que ça reproduit beaucoup de synthés qui sont de ces époques-là. La musique des années 80 m’a jamais fait trop kiffé en fait. Même si j’adore The Cure par exemple. Mais j’aime plus les chansons que les arrangements.

Édouard : C’est la seule période qu’on a un peu zappé. Mais j’ai beaucoup écouté la B.O. de la saison 2 de Stranger Things et c’est que des sons des années 80. Je me suis surpris à aimer beaucoup de choses, notamment un groupe qui s’appelle The Romantics.

Et vous pouvez me parler de vos références ? 

Édouard : On écoutait beaucoup de rock des années 60-70.

Thomas : Du rock des années 2000 aussi même si ça s’entend pas forcément dans notre musique. Quand on avait 16 ans, c’est ça qui marchait.

Édouard : On était en plein dans notre période The Strokes, The Libertines…

Thomas : Il y a aussi beaucoup de choses actuelles comme Tame Impala, Animal Collective. On essaye de retrouver ces sons un peu psyché qui sont assez modernes, dans l’air du temps.

Édouard : Mon groupe préféré, c’est les Beatles. Je le dis tout le temps. On essaye de s’inspirer de leur démarche, d’essayer d’expérimenter à chaque fois, de trouver un concept à chaque album. Pareil pour le dub, c’est une musique qu’on aime beaucoup.

Thomas : J’aime beaucoup aussi les chansons françaises de 1930 à maintenant. Je m’en inspire beaucoup. J’écoute plus les paroles. Et c’est pas forcément lié à des années ou à des temporalités.

Vous allez participer à une soirée en hommage à Michel Berger organisée par L’Impératrice le 14 novembre prochain. C’est un artiste qui fait aussi partie de vos influences ?

Thomas : Je suis complètement fan. Eddy connait moins.

Édouard : À chaque fois, j’écoute un peu de loin et je me dis que c’est trop bien. Et quand j’écoute vraiment, j’attends toujours un truc en plus. Mais j’adore ses compositions.

Comment s’est passé votre rencontre avec votre label microqlima ?

Thomas : Ils sont venus nous voir à notre deuxième concert.

Édouard : On s’est très bien entendus, très vite. Et l’ambiance de leur label collait bien avec nous. On est content de faire partir de cette famille.

Pour les visuels de vos morceaux, vous travaillez avec Baptiste Impair (le frère d’Édouard, ndlr). Comment ça se passe ? C’est lui qui vous propose des choses, vous lui donnez des idées ? 

Édouard : C’est une réflexion commune au début.

Thomas : Oui, on travaille ensemble. Après c’est vrai qu’on lui laisse carte blanche sur tout ce qu’il fait. Il nous montre des essais, on en discute. On le dirige jamais vraiment. Et ça se passe super bien et on est toujours très content de son travail.

Si vous deviez donner envie aux gens d’écouter votre musique, vous diriez quoi ? 

Édouard : « Vous avez envie de partir en vacances, tout en restant chez vous ? »

Thomas : On leur conseille de nous écouter s’ils veulent un peu d’émotion dans leur journée ou s’ils se sont déjà fait larguer et qu’ils ont besoin de réconfort ensoleillé.

C’est quoi la meilleure façon d’écouter Pépite ? 

Thomas : Dans le métro, ça doit bien marcher ou dans le train en hiver. Mais le meilleur moment, ça doit être quand tu rentres de la plage. Il est 19h. Voiture extrêmement chaude, tu ouvres les fenêtres. Une fois que la voiture est rafraîchie et qu’on peut partir, on met Pépite.

Édouard : Tu enlèves le sable de tes chaussures et c’est parfait.

Un album en préparation ? 

Thomas : Oui, on a un album en cours. On est en train de composer. Il y a déjà quelques chansons.


Pépite sera en concert le 14 novembre à l’EMB Sannois et le 14 décembre à la Machine du Moulin Rouge