Paul Henry-Vuillemin aka InClose se fait petit à petit une place sur la scène electro française. Après son premier EP Candy sorti en 2015 et des premières parties pour de prestigieux artistes comme Rone et Møme, le jeune compositeur venu de Besançon sort son second EP ce vendredi 3 novembre. Synchronized est composé de cinq titres plus sombres et plus électro que ses précédents morceaux. Une volonté pour l’artiste de défendre une musique totalement en accord avec lui-même.

Comment tu te sens à l’approche de la sortie de ton nouvel EP ? 

Excité et impatient parce que ça fait un an que je travaille dessus. J’espère que j’aurai de bons retours dessus.

Depuis ton premier EP, tu as la sensation d’avoir évolué ? 

InClose existe depuis longtemps mais ça fait un an et demi à peu près que je travaille dessus à fond et que je me suis professionnalisé. J’ai pris un virage electro. Mon premier EP était plus funk avec des sonorités disco. Celui-ci est plus dark, plus club. C’est ce qui me plaît.

Tu as fait le conservatoire, tu as une formation plutôt classique. Qu’est-ce qui t’as amené vers l’électro ? 

À un moment, j’en ai eu marre de lire des partitions et d’être dans le cursus classique du conservatoire. J’ai eu envie de m’émanciper musicalement. Comme beaucoup de personnes je pense. Je voulais composer et je m’y suis mis tout seul. J’ai acheté des machines et j’ai commencé.

Avec quel genre de musique as-tu grandi ?

Mes parents écoutaient beaucoup de choses différentes, de la chanson française, de la pop, du classique. Mon grand-père est chef d’orchestre.  Toute ma famille est musicienne donc ça m’a apporté beaucoup au niveau de ma culture musicale. Ça m’a ouvert l’esprit.

Je suis assez schizophrène au niveau de la musique. J’ai du mal à me cadrer. Mon premier challenge maintenant c’est de garder la même ligne directrice. C’est compliqué parce que je suis jeune, j’explore plein de choses. Il y a des artistes qui savent faire la même chose mais qui le font bien. Les artistes de Roche Musique par exemple font toujours la même chose mais c’est cohérent.

La scène electro française se développe beaucoup ces dernières années. Quel regard tu portes là-dessus ? 

Je trouve qu’il y a peut-être trop de gens qui veulent faire de la musique pour faire de la musique. Comme à une époque tout le monde voulait faire du graffiti parce que tout le monde en faisait. C’est bien parce qu’il y a plein de talents qui émergent mais il y a peut-être trop de projets superficiels. Ce que j’aimerais c’est qu’il y ait de nouvelles lignes artistiques qui se dégagent de ça. Laurent Garnier disait récemment que si les artistes continuaient à ne pas évoluer dans la techno, ils allaient tuer la techno.

Tu travailles avec Milan Thevenin pour les visuels de tes morceaux. Est-ce que tu peux me parler de ta collaboration avec lui ? Comment est-ce que tu travailles l’identité visuelle de ton projet ? 

J’ai envie de faire des choses qui sortent du lot, c’est pour ça que j’essaye de créer un vrai univers autour d’InClose. À la base, Milan m’envoie des visuels et je compose la musique. Maintenant, je préfère travailler dans ce sens-là.  Comme on a fait sur Candy, les visuels sont tirés du clip qui va sortir prochainement. On travaille énormément ensemble. Ça me permet de cadrer ma musique. Et je suis plus inspiré par la musique que par des choses que je vois. Pour cet EP, j’écoutais beaucoup d’electro allemande comme Modeselektor. Des ambiances organiques où il y a de gros synthés.

Tu es membre du collectif Thé Chaud. Tu peux nous en dire plus ? 

C’est un collectif qu’on a créé il y a cinq ans avec des amis bisontins. On a fait pas mal de soirées techno house, on continue à en faire deux-trois fois par an. Je viens de monter un deuxième collectif plus généraliste. Ça me permet de rencontrer des gens, de développer mon réseau.

Depuis que tu fais de la scène, c’est quoi ton meilleur souvenir ? 

Chaque date est différente. Mais ce qui m’a le plus marqué c’est sûrement quand j’ai fait la première partie de Møme à la Cigale. C’était blindé dès le début. Les gens étaient très réceptifs. C’est une des dates les plus historiques de mon projet pour l’instant.

Qu’est-ce que tu envisages pour la suite ? 

J’envisage un nouvel EP rapidement. J’ai des démos qui sont prêtes. Il faut que je réfléchisse à la manière dont je vais sortir ça. J’ai envie de sortir quelque chose début 2018 ou dans six mois maximum. Je pense aussi travailler sur d’autres projets. Je garde InClose mais je veux diversifier ce que je fais et le structurer.

Je fais de la musique pour le plaisir. Au début, je faisais de la musique pour réussir. Mais j’ai compris que ça n’est pas en se mettant la pression que ça va fonctionner. Ma vision des choses a évolué. C’est en étant soi-même qu’on arrive à toucher des gens. C’est en faisant la musique qu’on aime et en accord avec soi-même que ça peut marcher.  Il y a trois ans, je voulais à tout prix faire connaître mon projet. Maintenant j’ai des gens autour de moi. Mon projet s’appelle InClose mais la musique que je fais est celle de Paul-Henry Vuillemin. 


Découvrez l’univers d’InClose et des extraits de son nouvel EP