Une superbe exposition rend hommage à la célèbre dame en noir qui nous a quittés il y a bientôt 20 ans.  

Le 9 juin 1930, Monique Serf voit le jour à Paris. Si ce nom ne vous est pas familier, il est pourtant évident que vous la connaissez. Monique, c’est celle qui deviendra des années plus tard Barbara, l’une des plus grandes icônes de la chanson française. À l’occasion du triste anniversaire de sa disparition, il y a 20 ans déjà, la Philharmonie lui rend hommage à travers une formidable exposition qui lève le voile sur une artiste secrète, passionnée et passionnante qui est partie bien trop tôt.

Si tout le monde connaît au moins une chanson du répertoire de Barbara, peu de gens savent quelle était sa vie. La première partie de l’exposition retrace l’enfance de la future dame en noir, une enfance difficile marquée par la guerre, les séparations avec sa famille et la violence de son père. Ce qui la sauve, c’est son piano et sa professeure de chant qui lui donne le goût de la musique. Elle prend le nom de Barbara lorsqu’elle se produit dans des cabarets en Belgique puis à Paris, où elle deviendra la chanteuse de minuit de l’Écluse. Le succès est au rendez-vous mais la vraie reconnaissance arrive avec la chanson Nantes en 1964 dans laquelle Barbara évoque la mort de son père. Le public est conquis et la suivra jusqu’à la fin.

© Claude Delorme

Au fur et à mesure que l’on parcourt la vie et les amours de la chanteuse dans les allées de la Philharmonie, sa voix nous accompagne en permanence. Mon enfance, Dis quand reviendras-tu ou Ma plus belle histoire d’amour, autant de titres emblématiques que l’on écoute non sans émotion. Des extraits d’interviews nous éclairent sur la personnalité complexe de l’artiste et dévoilent aussi son côté facétieux que l’on connaît peu.

Les tournées s’enchaînent, la vie de nomade continue. Barbara aime être sur les routes. Elle ne dort jamais dans les hôtels des villes qui l’accueillent en concert. En 1973, elle s’achète une maison à Précy-sur-Marne, où elle tricote, jardine, compose et reçoit ses amis. La sublime scénographie de l’exposition nous plonge au cœur de ce havre de paix grâce à des parterres de fleurs, des lampions accrochés au plafond et l’un des pianos de Barbara qui trône dans un coin. En face, une scène avec un autre piano et un écran géant qui diffuse le live de la chanteuse à l’hippodrome de Pantin. Une invitation à s’asseoir un instant pour regarder et écouter.

Le parcours continue. On en apprend plus sur Lily Passion – spectacle musical qui réunit Barbara et Gérard Depardieu sur la scène du Zénith de Paris -, sur L’Aigle noir et sur l’engagement de l’artiste dans la lutte contre le Sida. Puis arrivent les concerts qui resteront dans les mémoires au Théâtre du Châtelet et à Mogador et les derniers enregistrements en studio avant que tout s’arrête brutalement, le 24 novembre 1997. Barbara n’aura pas le temps de finir ses mémoires, Il était un piano noir…, qu’elle avait commencés à rédiger. Le rideau se referme une dernière fois sur celle qui a tant marqué le public avec sa voix, ses textes, sa poésie et son bonheur malgré tout. Barbara, on vous remercie pour tout, « on vous remercie de vous »…

© Marcel Imsand, Association Barbara Perlimpinpin


L’exposition Barbara est à découvrir à la Philharmonie de Paris jusqu’au 28 janvier prochain. Un rendez-vous à ne surtout pas manquer.