Avec « À peu près », Pomme nous livre depuis le 6 octobre un treize titres délicats, porté par une voix profonde et captivante. Et c’est à l’occasion de cette sortie qu’on a rencontré l’artiste avec laquelle on évoque sa série de concerts à la Boule Noire, les jeux de mots médiatiques sur son prénom et la préparation de cet opus.

Comment tu vas ?

Ça va, un peu fatiguée. J’ai tourné l’émission Taratata hier donc c’était assez éprouvant. C’était de 11h à 1h du matin et comme à chaque fois que j’ai stressé… je n’ai pas réussi à m’endormir. Je suis un peu morte mais c’est quand même très cool d’être là, même sans mes 8 heures de sommeil obligatoires (rires).

J’imagine alors que tu n’as pas du bien dormir également après tes concerts à la Boule Noire !

Oui, effectivement. Je crois qu’il va quand même falloir que je travaille sur ça sinon le jour où je pars en tournée… je ne reviendrai pas vivante ! (rires) Ça fait longtemps que la musique est mon métier mais c’est le début d’une nouvelle ère où je suis beaucoup plus exposée qu’avant, donc il va falloir que j’apprenne à gérer ça.

En tout cas, ces quatre soirs de concert étaient intenses mais complètement fous. J’ai présenté tout l’album en acoustique ce qui était un véritable pari, qui s’est révélé un kiff total ! J’ai pris un plaisir immense et j’étais super heureuse de voir tous ces gens venir assister à un concert sans connaître la plupart des chansons comme l’album n’était pas encore sorti.

©Marta Bevacqua

Tu as fait pas mal de première partie, cette fois-ci c’est toi qui avais une première partie pour la Boule Noire. Quel conseil lui as-tu donné ?

C’est un de mes amis, Xavier, qui faisait la première partie, il a un projet qui s’appelle NORD.

Ah oui, on connait bien ! On l’a eu il y a quelque temps en interview.

Il est génial ! Comme tu le sais, il a vécu des choses folles et a beaucoup plus d’expérience que moi donc je n’avais pas trop de conseils à lui donner. Je l’ai juste encouragé à faire son concert en acoustique, en guitare-voix pour qu’il y ait une logique entre les deux concerts. Il n’était pas très rassuré car il avait peur que ce soit un peu ennuyant pour la salle. En réalité, c’était magnifique. Il a un charisme incroyable !

C’est important pour toi de garder cette dimension acoustique en live ?

Je trouve ça hyper important de ramener les chansons à leur base. L’album est un exercice de laboratoire, tu peux tester, modifier, arranger, alors que le live met ta chanson à nu, l’enlève de ses fioritures. Du moins c’est comme ça que je souhaite le voir. Il y a des concerts avec beaucoup de productions derrière et qui sont excellents mais pour le moment ça n’est pas trop mon délire. C’est pourquoi les petites salles sont la configuration parfaite.

Peux-tu me parler des trois dernières vidéos qui ont annoncé l’album. Ce sont des clips ? Un triptyque ?

En réalité ce ne sont pas des clips officiels, l’idée était simplement de lâcher quelques titres avant la sortie de l’album. Beaucoup d’artistes sortent des vidéos Youtube avec juste une image et le morceau qui se joue derrière, donc j’avais envie de modifier un peu ce format-là. Au lieu d’une image statique, cela donne un tableau animé. On a créé ses vidéos pendant le shooting de la couverture de l’album. J’aimais ce côté froid qui se mêlait avec la nature, le terrestre, la vie. Ça représentait bien la musique de l’album à mon sens.

Est-ce qu’ À peu près est le genre d’album qui t’a pris du temps ?

Oui carrément ! Je n’ai pas écrit toutes les chansons de l’album, certaines ont été écrites en 2015 pour le premier EP mais ne sortent que maintenant. Finalement lorsque tu composes un album tu es toujours un peu en décalage avec la période où celui-ci va sortir. Tu écris des chansons mais le temps qu’elles soient disponibles… ton rapport avec elles change ! Il faut essayer d’être un peu visionnaire, pour écrire la bonne chanson, tenter de voir dans le futur ! C’est un ami à moi, Tim Dup qui me l’a dit et j’ai trouvé ça très vrai. Pour moi, un bon morceau peut toujours se ré-adapter. Les arrangements peuvent disparaitre mais le cœur de la chanson reste et peut évoluer avec le temps !

En faisant mes recherches sur toi, j’ai pu assister à une certaine insistance médiatique à la pratique du jeu de mots sur ton nom de scène Pomme . « Pomme à croquer », « Pomme d’amour », ça va pour le moment, tu résistes ?

C’est important d’avoir une presse libre… Bon ok, je ne te cache pas que je n’en peux plus de la « Pomme à croquer ». (rires) Je le trouve un peu infantilisant même si ça n’est jamais fait méchamment. Après, j’ai conscience que mon nom de scène donne envie de faire des jeux de mots en titre d’article, c’est super tentant. En réalité, mon nom de famille est Pommet, donc ça n’est qu’une troncation qui forme un surnom. Mais bon, je dois aussi avouer que certains jeux de mots sont très inventifs et très cool aussi ! Après, ça ne me dérange absolument pas si tu n’en fais pas. 

Si on pouvait te souhaiter quelque chose pour la sortie de l’album ?

De rester chill et d’essayer de ne pas être trop stressée ! De dormir la nuit après un concert aussi ! (rires) De rencontrer un maximum de gens, que je puisse voyager le plus possible avec cet album ! 


A écouter sans plus attendre