La Clever School. Ce nom vous dit quelque chose ? C’est normal, cette bande de potes a squatté les articles de journaux l’année dernière lorsqu’ils ont fait du ski dans la capitale et sauté à vélo dans la seine ou dernièrement, plus gravement, lorsqu’ils se sont fait tirés dessus pendant leur vacances. Cette équipe qui porte les sports extrêmes dans leur cœur s’apprête à envahir le YoYo au Palais de Tokyo, lors d’une soirée le 14 octobre prochain.

On les avait rencontrés il y a deux ans après avoir découvert leur page Facebook. Retrouvailles 20 000 abonnés plus tard pour nous parler de leur version des faits concernant cet étrange évènement et surtout la fête qu’il s’apprête à faire.

La dernière fois qu’on s’est vus avec Nicolas, c’était en septembre 2015, soit exactement deux ans. Comment ça va depuis? 

Nicolas: Tout s’est accéléré pour nous depuis deux ans. On a fait pas mal de choses. On a réalisé des productions pour France O dans le cadre d’une émission sur le sport extrême, on a été partenaire d’évènements, on intervient beaucoup avec la maison des jeunes de Breuillet, on fait de la prévention en expliquant comment on organise un tournage à risque et dernièrement on a tourné une vidéo pour Radar dans un château abandonné, ce qui n’a pas vraiment plu à quelques personnes de la communauté Urbex.

Oui j’ai vu que vous avez fait un post à ce sujet.

Manu: En voyant les vidéos, les gens ont pensé qu’on avait cassé les fenêtres alors qu’elles n’étaient déjà pas là lorsqu’on est arrivé par exemple. On n’est pas politiquement correct, c’est une évidence, mais on n’est pas des casseurs, on a fait attention et on a laissé les lieux tels qu’ils étaient. La destruction n’est absolument pas la mentalité avec laquelle nous évoluons.

Nicolas: On aime suivre notre instinct, faire des petites conneries mais aucun de nous ne se risque jamais à détruire des choses, faire de grosses conneries ou des choses dangereuses.

Manu: On ne met jamais la vie d’autrui en danger non plus. On a jamais eu de problèmes avec la justice… enfin jusqu’à ce qu’on se fasse tirer dessus, mais même là, c’est nous qui avons porté plainte.

Que s’est-il réellement passé ? Tout le monde va bien ? 

Nicolas: Oui tout le monde va bien. C’est vraiment une histoire de merde. Depuis 2010, on se loue toujours des grandes baraques à quinze, vingt personnes pendant l’été. Évidemment on fait un peu criser les voisins puisqu’il y a la fête à la maison, mais on n’a jamais eu plus de soucis que ça. On a toujours fait le ménage après et rendu les lieux comme neuf, encore une fois on ne détruit rien ! Mais je crois qu’avec nos vidéos, tout le monde a toujours l’impression que c’est plus le bordel que ce qu’il se passe réellement.

Bref, cette année, on s’y prend un peu tard du coup, on trouve une seule maison à Hossegor en plein milieu d’une résidence de retraités. Forcément, on a laissé les grosses enceintes à Paris mais au fil des années on connaît pas mal de gens là-bas et donc tous les soirs on se retrouvait à une petite trentaine sur la terrasse de 22h à 00h avant de sortir en boite. Ce qui a un peu gêné le voisinage mais rien de grave. Seulement ils ont dû appeler le proprio et entre temps son fils nous a ajouté sur Snapchat donc il nous a vu nous amuser, faire la fête et il a découvert la Clever School. Ça leur a fait un peu peur et ils ont dû croire qu’on avait tout pété dans la maison.

Manu: Le proprio s’est laissé bouillir. Le samedi, jour du check out, on avait tout nettoyé et on a rendu la maison en super état. Mais avant que l’agence arrive, il a débarqué à toute allure, on l’a vu se garer, ouvrir son coffre et on l’a vu sortir un fusil. On n’a pas compris tout de suite ce qu’il se passait. Il parlait avec des amis qui étaient dans une voiture devant la maison, il avait l’air énervé et d’un coup il s’est retourné vers nous. Il a crié « cassez vous », il nous a mis en joue, on s’est mis à courir et il a tiré. Il a blessé un pote à la main du coup on a cavalé pendant qu’il tirait encore, en l’air sûrement. Il était complètement hors de lui et un de nos potes a réussi à le calmer et lui montrer la maison. Quand il est rentré à l’intérieur, il s’est aperçu que tout était nickel donc il s’est assis et il a attendu les flics qui l’ont menotté.

Nicolas: Derrière, on a reçu notre chèque de caution, l’agence s’est excusée mais on a tous porté plainte par contre mais ça ne va pas donner grand chose puisque le chef d’accusation est « violence avec arme » alors que ce n’est pas ce que nous voulions.

Manu: Ca aurait pu finir en drame, donc finalement ça s’est quand même bien terminé et la main de notre pote va bien. On peut comprendre que le gars monte en pression, ça arrive de penser que parce qu’on est des jeunes on est des petits cons, mais pourquoi il n’a pas envoyé les flics, qui auraient pu constater direct que tout allait bien ?

Du coup pour l’été prochain, vous allez être plus prudents j’imagine.

Manu: Cette fois-ci on va vraiment tout structurer. On va louer une maison bien excentrée, pour pas que les voisins se plaignent et pensent qu’on fait n’importe quoi. On va même louer un van et prendre un chauffeur pour sortir en boite sans avoir à conduire. D’ailleurs si tu connais un chauffeur qui ne s’est pas quoi faire l’été prochain, on est preneur. (rires)

Ça marche ! Bon parlons de choses plus joviales tout de même. Vous vous apprêtez à faire votre première soirée parisienne le 14 octobre. Il y a deux ans, tu m’avais dit qu’elle n’allait pas tarder. Pourquoi avoir mis aussi longtemps ?

Nicolas: Principalement pour deux raisons: le budget et la salle. On voulait vraiment trouver le bon endroit pour célébrer notre toute première grosse soirée. Finir dans la salle des fêtes de Bourg-en-Bresse c’était pas trop notre truc, même si j’ai rien contre (rires). Une amie nous a conseillé d’en parler au YoYo et on s’est très bien entendu avec eux et ils nous ont laissé carte blanche !

© La Clef

À quoi on peut s’attendre dans cette soirée ? 

Manu: À beaucoup de choses. L’idée principale est d’apporter la touche sports extrêmes dans le monde de la nuit. On va installer une rampe de skate qui sera réservé à des professionnels, il y aura aussi une tyrolienne qui traversera la fosse, des DJ sets très cools, un photocall et plein d’autres choses qui correspondront à notre idée de la fête.  

Et quelle est-elle cette idée de la fête ? Toujours la même qu’il y a deux ans ? 

Nicolas: Oui. Clairement. On est de grands fêtards mais on ne s’y retrouve pas dans la nuit parisienne. On en a marre de se faire recaler ou de se faire virer parce qu’on porte pas les bons vêtements, qu’on n’a pas la bonne gueule ou le bon nombre de filles avec nous. Donc bien entendu, un mec trop bourré ne rentrera pas à notre soirée mais sinon elle est ouverte à tout le monde, du bobo au mec qui arrive habillé en chaussette-caleçon. On fait tout pour que l’atmosphère soit cool et fun, que ce soit bon enfant et que les gens puissent s’éclater à fond. Ça va être rock’n roll et sans frustration. On propose aux gens de se lâcher, ça va être drôle. Et pour ceux qui resteront jusqu’au petit matin, on a même prévu les pains au chocolat et croissants.

Ah oui, vous avez vraiment tout prévu ! 

Manu: Oui, en fait tout ce qui nous soûle dans le monde de la nuit, on l’a dégagé. On ne veut pas que les gens attendent une heure dehors à faire la queue, qu’ils payent super cher leur vestiaire ou qu’ils se retrouvent dans une soirée serrés comme des sardines. Pour ce dernier point c’est pour ça qu’on a limité la jauge à 1000 personnes alors qu’on pourrait en faire rentrer presque 2000. Il faut que ça soit le plus agréable possible.

Et après cette soirée, quels sont les plans ?

Nicolas: Pour nous Clever School c’est 50% la fête, les moments de vie et les bonnes choses et 50% les sports extrêmes. Donc on souhaite véritablement développer à fond des évènements autour de ces thématiques, c’est important pour nous. Mais petit à petit, on veut garder l’éclate tout en professionnalisant un peu le tout. Donc cette soirée, ça sera le pilote de tout ça. On finit ça proprement et après on verra, on ne veut pas non plus s’enfermer uniquement dans le monde de la nuit. On a plein d’envies, il y a des marques qui sont prêtes à nous suivre dans nos aventures donc l’avenir nous le dira.

Manu: Oui, pour le moment en tout cas on se concentre sur notre soirée du 14 octobre. On a hâte parce que cela va nous permettre de partir à la rencontre de plein de gens qui nous suivent, d’enfin les voir et de faire la fête tous ensemble.  

On a hâte aussi. 


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