Oui, aujourd’hui on vous parle d’horreur sur COCY, mais disons-le… Ça est beaucoup trop bien.

27 ans après le téléfilm de Tommy Lee Wallace, il était temps que Ça revienne sur les écrans. C’est chose faite avec cette adaptation qui dépasse les espérances.

En 1990, Tim Curry se mettait dans la peau du plus terrifiant clown de la littérature dans le téléfilm Ça – Il est revenu de Tommy Lee Wallace. Son interprétation a traumatisé toute une génération de jeunes spectateurs qui ont développé pour la plupart une coulrophobie aigüe. Et le seul fautif est Stephen King, créateur de « It », entité monstrueuse qui hante la ville de Derry.

On le sait, les œuvres de l’écrivain sont très difficiles à adapter. De nombreux réalisateurs se sont cassés les dents sur ses romans – Nikolaj Arcel dernièrement – tandis que d’autres ont réussi l’exercice avec brio – Brian de Palma, John Carpenter et consorts. Andy Muschietti s’est lancé un défi de taille en acceptant d’adapter Ça, chef-d’œuvre absolu de la carrière du maître de l’horreur. Après le désistement de Cary Fukunaga, le réalisateur de Mama a pris les rênes des aventures du Club des ratés pour le meilleur et seulement le meilleur.

En 2h15, Ça, 1ère partie couvre la période où Bev, Richie, Stan, Mike, Ben, Bill et Eddie, sont pour la première fois victimes de Grippe-Sou. Autrement dit la période de l’enfance, celle qui changera à tout jamais la vie du Club des ratés. Le film s’ouvre sans surprise sur la mort de Georgie, le petit frère de Bill qui, en voulant récupérer son bateau en papier, tombe sur l’horrible clown caché dans les égouts. Son ciré jaune, son bras coupé et le rire sadique de celui qui le fera flotter, tout y est pour nous mettre dans l’ambiance. « Il » est bien revenu.

La suite est une véritable ode à la nostalgie et à l’amitié qui unit ces gamins maltraités par leurs parents et par leurs camarades de classe. Alors qu’ils devaient profiter de leurs vacances, ils sont obligés de partir affronter celui qui représente leurs plus grandes peurs. On ne pouvait rêver meilleur casting pour interpréter cette bande. On connaissait déjà Finn Wolfhard pour son rôle de Mike dans Stranger Things. Il se révèle parfait en Richie Tozier. Les autres crèvent aussi l’écran et sont incroyables de justesse et d’émotion. Des dialogues drôles et touchants leur donnent toute la maturité dont King les avait dotés. Voir nos héros sur leur vélo parcourir les rues chargées de terreur de Derry, c’est se replonger dans ces années 1980 que Spielberg a magnifiées au cinéma.

Et puisque que Ça est une œuvre horrifique, parlons de l’horreur, la vraie. Le film n’est pas aussi effrayant qu’on aurait pu l’espérer. Quelques jump scare bien placés sont tout de même très efficaces et les rangées de dents aiguisées de Pennywise ne sont pas belles à voir. Bill Skarsgård remplit son contrat et incarne le mal absolu avec talent, dans un autre registre que celui de Tim Curry il y a 27 ans. Ce qui a été reproché au film est son côté trop sage et trop édulcoré. C’est peut-être dommage en effet mais si on cherche une œuvre totalement violente, glauque et oppressante, alors il faut lire les deux tomes du roman de King. La plupart des scènes sont absolument inadaptables et aucun film ne pourra capturer toute l’essence de ce qu’il a écrit, même avec la meilleure volonté du monde. Andy Muschietti pouvait s’en rapprocher et c’est ce qu’il a tout de même fait avec talent.

En choisissant de situer l’intrigue en 1988 – au lieu de 1958 dans l’œuvre originale – cette adaptation se range du côté de la nostalgie et de l’émotion. Une bataille de caillou au son d’Antisocial interprété par Anthrax, un poster des New Kids on the Block, des jeux d’arcade dans le cinéma de la ville… pas de doute, les eighties sont (encore) de retour. Rajoutons à cela une mise en scène soignée et pas trop impersonnel et on obtient une œuvre qui dépasse nos espérances et efface toutes nos craintes. La suite devrait entrer en production au printemps 2018 pour une sortie probable en 2019. On ne sait rien du casting mais il se murmure qu’Andy Muschietti voudrait d’ores et déjà caster Jessica Chastain dans le rôle de Bev ce qui n’est absolument pas pour nous déplaire.