C’est dans les bureaux de VSCOM (qui s’occupe de leur promotion) qu’on rencontre Lulu (aka Olivier Garnier) et Vikto (aka Victorien Bitaudeau), duo qui forme Cabadzi et qui s’apprête à sortir son quatrième album. Mais cette fois-ci, c’est avec un format particulier et original qu’ils reviennent puisque les paroles sont pour la plupart tirées des films de Bertrand Blier. Les Valseuses, Tenue de Soirée, Buffet Froid, c’est tout le répertoire du réalisateur qui a servi d’inspirations à ses artisans musicaux.

Le résultat ? Un album percutant et génial qui sort le 22 septembre prochain sous le nom « Cabadzi x Blier ».

Petit retour sur Cabadzi avant de parler Blier. Comment vous êtes-vous rencontrés ? 

Lulu: On s’est rencontré il y a 7, 8 ans. On s’est connu dans le cirque contemporain, on s’occupait de la bande son d’un spectacle tous les deux et lorsque ça s’est arrêté on a lancé Cabadzi vers 2009. Puis on a été quatre, puis cinq et cette fois-ci on revient aux sources, tous les deux. A l’ancienne.

Vikto: Enfin pas sûr que je sois encore là dans quelques temps parce que je viens juste de me souvenir que j’ai oublié de faire mes papiers pour mon statut d’intermittent de ce mois. (rires)

D’où est venue l’envie de vous consacrer à Blier ? 

Lulu: On avait envie de revenir à quelque chose de plus électro, de travailler des matières en studio. C’était le quatrième disque, il y avait cette envie de tenter, de relever des défis. Par hasard, on est tombé sur Les Valseuses et Tenue de soirée. C’était fou, les textes et les scènes sont incroyables dans ces films de Bertrand Blier. Les dialogues ont une sonorité qui nous a interpellé donc on s’est lancé dans un premier morceau.

Vikto: On n’a jamais eu d’idée préconçue du projet, bien au contraire, on s’est simplement laissé porter, c’est ce qui a rendu l’expérience vraiment agréable pour nous. On n’a pas calculé cet album, vraiment pas. On a fait un premier morceau, puis du coup on a contacté un peu comme ça Bertrand Blier pour savoir s’il était d’accord: il a dit oui. Donc on en a fait d’autres et ça a donné cet album. En fait c’est un ensemble de tentatives ce disque.

J’imagine qu’il y a tout un travail de recherche afin de pouvoir livrer un tel album, comment avez vous fonctionné sur la composition ? Dans quel ordre ?  

Vikto: Majoritairement, on a commencé par la musique. Lulu avait fait des pré-sélections, après avoir dactylographié les films. On piochait dedans et on essayait de les faire coller à la musique. Le texte s’est véritable formé autour de l’instru. Il fallait qu’il y ait du rythme, que ça soit bien calé donc c’était un vrai travail.

Lulu: On a retouché des trucs jusqu’au dernier moment !

« Cabadzi x Blier ». Vous vous êtes inspirés de ses dialogues mais c’était important pour vous d’afficher son nom comme une collaboration ?

Lulu: Oui ! La majorité des paroles viennent de ses dialogues donc même s’il y a eu de la réécriture tout part de ses films. On a longtemps réfléchi pour ça et on s’est dit qu’il fallait assumer sa présence sur le disque.

Côté artwork, on reconnait particulièrement l’affiche de Merci la vie. Vous êtes allés chercher dans les textes de plus de 18 films du réalisateur. Pourquoi ce film en particulier pour la couverture de l’album ? 

Lulu: Ça s’est fait assez simplement ! Adams Carvalho est l’illustrateur brésilien qui a bossé sur l’artwork et il nous a fait des propositions. Il a détourné des scènes de différents films et c’est celle-ci qui nous plaisait.

Vikto: En vérité, c’était l’image qu’on préférait. Voilà l’explication. (rires) Après c’était encore plus cool qu’elle représente une femme en robe de mariée poussée dans un cadi par une autre femme !

Je n’ai pas encore eu la chance de voir le live. A quoi peut-on s’attendre ? 

Lulu: Pour le coup ça a été une vraie réflexion ce live. On ne voulait pas juste jouer les tourne-boutons. On voulait jouer les morceaux, bouger sur scène tout en possédant un visuel très fort. On a fait appel à un studio d’animation qui a fait un boulot incroyable. Plus qu’un concert c’est un véritable spectacle qu’on veut offrir au public.

Vikto: Il n’y aura pas d’images des films de Blier juste des extraits sonores de ses films pour faire un clin d’oeil à l’essence du projet.

Lulu: On ne voulait pas trop imposer Blier sur scène. Le but est aussi que des gens qui ne connaissent pas le réalisateur puisse se laisser transporter par la musique.

Vous avez repris des dialogues de films pour créer un album. Si on faisait l’inverse et qu’on prenait toutes vos chansons précédentes pour en faire un film, de quoi parlerait-il ? 

Lulu: Ah c’est une bonne question ça !

Vikto : C’est chaud là quand même (rires).

Lulu: Ça serait urbain déjà ! Ce serait une héroïne dans le milieu LGBTQ+.

Vikto: Elle serait à la recherche de l’amour comme tout le monde, mais on ne sait pas si ça va bien se passer à la fin. Est-ce qu’elle va réussir à le trouver ?

Lulu: Non elle ne le trouvera pas !

Vikto: T’es déjà en train de spoiler la fin ! (rires) En vrai ce serait comme un Xavier Dolan mais sans son filtre jaune qu’il met dans Mommy.

Lulu: Voilà, un Mommy mais avec une fille à la place du jeune garçon.

Je vois. Et comment est-ce que ça s’appellerait ? 

Lulu: Mummy ? (rires)

Vikto: Non ça s’appellerait Bécassine, parce que l’héroïne aurait un nom dur à porter.

Bon et dernière question, que peut-on vous souhaiter pour la rentrée 2017 ? 

Vikto : Déjà que je sois pas radié du statut d’intermittent et que je continue ma carrière ! (rires)

Lulu: Que ça continue comme c’est parti ! Qu’on ait plein de dates !

Je vous le souhaite ! 


Rendez-vous le 22 septembre prochain pour la sortie de l’album