« Ding dong, ding dong », l’été s’est installé sur la capitale; grosses chaleurs, béton brûlant et métro odorant… Alors si on allait profiter de la clim’ toute neuve du Théâtre de Belleville tout en revoyant un classique du théâtre contemporain français ? Cette petite salle de spectacle – l’une des plus anciennes de Paris, entièrement refaite en 2011 – entend promouvoir la jeune création et accueille ainsi depuis le 11 juillet et jusqu’au 15 septembre 2017 la fraîche compagnie UBU POP CORP’ menée par Judith Andrès. Cette dernière a fait le pari osé de mettre en scène une des pièces du théâtre contemporain les plus jouées depuis sa première représentation en 1950 : La Cantatrice Chauve d’Eugène Ionesco.

« Ding dong, ding dong », l’horloge sonne dix sept coups chez les Smith, ils annoncent pourtant neuf heures du soir. Le décor est planté  et on le connait: deux couples loufoques, une bonne exubérante, un capitaine des pompiers au chômage technique et une cantatrice chauve. Pièce absurde, personnages fantoches, non-sens absolu et dérision totale, sur fond de critique acerbe de l’aspect mécanique de nos sociétés modernes.

Pour cette énième mise en scène du classique d’Ionesco, on aurait pu craindre l’effet désuet. Que nenni ! Portée par une flopée de jeunes acteurs talentueux évoluant dans un décor minimaliste, La Cantatrice Chauve sauce Andrès s’impose comme une entreprise de rajeunissement. La pièce déconcerte, l’absurdité des dialogues et des attitudes nous perd, les phrases s’enchaînent, l’incohérence demeure, mais la vacuité des mots interpelle tant elle est éloquente.

Plus de soixante ans après leur écriture, les réflexions de l’écrivain sur l’absurdité de son monde trouvent une pertinence certaine. Et c’est en partie grâce à une mise en scène, rythmée, hilarante, et  à la mécanique extrêmement bien huilée. On saluera notamment l’audace d’avoir glissé une partie de beatbox particulièrement entrainante et efficace.

Après le spectacle, les curieux enchantés pourront échanger avec les membres de l’UBU POP CORP’,  ravis de tomber les masques pour partager leur passion de l’art théâtral.


Du 11 juillet au 15 septembre 2017, du mardi au samedi à 19h15 – Théâtre de Belleville (94 rue du fbg du Temple)

Durée : 1 heure

Tarifs : plein 25€, réduit 15€, – de 26 ans 10€ 


Contributrice: Armelle Thiberge