En juin dernier, nous avons célébré la 3ème édition du PRIX COURT COCY, concours qui récompense les jeunes réalisateurs de court-métrage et de clip musical. Et comme chaque année, nous sommes partis à la rencontre des lauréats en commençant par Wilfried Méance, réalisateur du court-métrage Caramel Mou.

Retour sur ses envies de cinéma, sa boite de production avec son frère, son passage futur au long-métrage et sa vision du métier de réalisateur.

Comment vas-tu depuis la soirée du PRIX COURT COCY ? 

Ça va super. On a eu pas mal de sélection avec Caramel Mou et ça continue encore. Bon je ne vais pas partout à chaque fois surtout lorsque c’est un peu loin, mais c’est toujours un plaisir de voir qu’il séduit des festivals différents.

Pour Caramel Mou, comment en es-tu venu à cette idée ? 

On avait déjà tourné un film ensemble avec Pablo (Pauly) et comme je suis assez fidèle à mes acteurs, j’avais très envie de retourner avec lui. J’avais également envie de retravailler avec Édith (Le Merdy) donc je me suis mis à réfléchir à une histoire. L’idée est un peu venue comme ça, j’ai tout de suite penser à cette mère et son fils. Tous mes films traitent régulièrement des moments de solitudes, de gène entre des personnages et quel pire moment que celui où ta mère tombe sur une boite un peu spéciale dans ta poche ?

Caramel Mou de Wilfried Méance

Bon, ta mère ne l’a pas pris mal j’espère ? 

Pas du tout ! (rires) Ça reste de la fiction ! Même si ma mère et mes parents sont très présents dans ma vie de tous les jours. On part même se faire des week-ends avec des potes chez eux, pour te dire !

L’envie de réaliser est née très tôt chez toi ou ça a pris du temps ? 

Assez tôt à vrai dire. C’est une volonté que j’ai depuis l’adolescence. Je me souviens avoir fait du théâtre étant petit et avoir adoré donner des indications de jeux à mes camarades. Ça a été instinctif, je préférais diriger ceux qui étaient sur scène plutôt que d’être dessus moi-même. Donc je me suis mis à ingurgiter un nombre incroyable de films que j’allais louer au Vidéo Futur, paix à son âme, et après mon BAC j’ai rejoint l’ESEC (Ecole Supérieure d’Études Cinématographiques). Ensuite, mes parents m’ont un peu poussé à faire une école de communication, ce qui me sert tout de même aujourd’hui lorsqu’on réalise des pubs avec mon frère.

Vous travaillez souvent ensemble  ? 

Oui. En 2007 avec mon frère Stephen on a monté Hilldale, notre société de production. Ça nous a permis de commencer à faire des films, des courts-métrages. J’ai commencé par Le Grand Moment de Solitude, qui nous a emmené dans pas mal de festival puis j’ai enchainé huit autres films. Et en parallèle, on s’est mis également à réaliser des films institutionnels, des pubs ou des clips. Mais cette partie là, c’est vraiment lui qui s’en occupe le plus et c’est notamment grâce à ça qu’on peut investir dans la fiction.

Tout est en auto-production dans tes réalisations ?

Pratiquement, mais en réalité je produis généralement seul puis on m’achète mes courts.. J’ai vendu mon premier, second et troisième courts à Canal + par exemple. Donc d’une certaine manière, je ne touche pas d’argent avant mais après, ce qui peut parfois être problématique !  (rires)

D’où cela vient selon toi ? 

Je pense que c’est lié à deux choses. La première est que ça coûte moins cher à un diffuseur d’acheter le film une fois fait plutôt que de le produire. La deuxième vient de moi, j’étais dans une dynamique de production constante, je sortais un court par an, avec ou sans aide, donc je n’avais pas le temps de chercher énormément d’argent. Mais ce rythme intensif m’a permis de rencontrer beaucoup de monde, des acteurs, des producteurs, des organisateurs de festivals etc… C’était une très bonne chose !

Et aujourd’hui ? 

Aujourd’hui j’ai envie de passer au long-métrage. Je suis actuellement en écriture avec Laurence Arné, Laure Hennecquart et Laurent Turner d’un film choral intitulé Les Grands Moments de Solitude. On en est encore aux prémisses mais ça avance, on livre une première version très bientôt, on verra bien ce que l’avenir nous réservera.

Donc le court-métrage, terminé pour le moment ? 

J’ai quand même écrit 2, 3 courts-métrages qui sont en attente, donc au cas où je ne tourne pas en 2018, je les retravaillerai et je les tournerai. Mais j’ai vraiment envie de passer au long-métrage. Le court est une magnifique école, qui te donne une liberté incroyable mais pour mon émancipation personnelle, j’ai besoin d’aller plus loin et de passer au long. Et puis, on veut également développer Hilldale à fond avec Stephen, avoir des challenge toujours plus grand ! On veut développer le clip et la publicité de manière significative car c’est aussi ultra intéressant !

Si tu pouvais te voir il y a dix ans, lorsque tu as commencé, que te conseillerais-tu ? 

De ne pas écouter les gens qui disent que ce que tu fais est nul. Fais-le et après juge par toi-même si effectivement c’est nul ! (rires) Se planter ce n’est pas grave, le pire est de ne pas essayer.

Tous les jours tu doutes dans ce métier, tu n’es jamais sûr de toi et c’est une bonne chose car si tu es trop confiant, tu peux te planter. Un film n’est jamais parfait. Même des réalisateurs comme Spielberg ou Cameron voient énormément de défauts dans leurs films. Ce qu’il faut avant tout c’est bien s’entourer, tester et essayer. Pour ce qui est de s’entourer, l’école de cinéma m’a beaucoup aidé là-dessus.

Donc tu conseillerais de faire une école de cinéma ?

Ça dépend de tellement de choses. Déjà il faut avoir les moyens de la faire, donc ça n’est pas toujours simple. Après, l’école de cinéma ne t’apprend pas grand chose, autant prendre une carte UGC illimitée et aller te plonger dans des films. Mais par contre elle te fait rencontrer énormément de monde. Tu rencontres d’autres passionnés, des gens avec lesquels tu pourras travailler sur des films dans le futur. Le monteur sur mes premiers courts venait de la même école que moi, toute l’équipe image de mon frère sont des gens qu’il a rencontré à l’ESRA, une école de cinéma.