Il y a deux ans, dans les fauteuils du CAFE de la PRESSE nous rencontrions Jérémy Souillart alias Møme, jeune producteur de musique, qui s’en allait composer et trouver l’inspiration en Australie. Juste avant son départ, ce dernier avait livré un EP sur lequel se trouvait un certain morceau nommé « Aloha », que beaucoup ont pu écouter sur toutes les radios en France.

Aujourd’hui, deux ans plus tard, c’est au Fnac Live que l’on retrouve le producteur qui n’a rien perdu de sa gentillesse et de sa bonne humeur naturelle. Si certains prennent alors la grosse tête, ce dernier reste simple, même lorsqu’il évoque son passage à l’Olympia en juin dernier.

Rattrapage en bonne et due forme.

La dernière fois qu’on s’est vu, tu allais partir en Australie. Aujourd’hui je te retrouve sur la programmation de beaucoup de festivals, tu passes en radio, tu fais l’Olympia. Il faut qu’on rattrape tout ça. Déjà comment s’est passé ton voyage en Australie ? 

C’était au-delà de mes attentes ! L’expérience était énorme. Humainement d’abord, j’ai rencontré des gens géniaux, il y a aussi eu beaucoup d’imprévus, des galères comme des moments de joie intense. J’ai réalisé mon album Panorama là-bas, donc musicalement aussi ça a été fou ! C’était super enrichissant, j’ai adoré ma vie là-bas même s’il est parfois difficile de vivre dans un van et d’être loin de sa famille je ne te le cache pas. En réalité, je suis surtout rentré en France car mon titre « Aloha » avait commencé à bien prendre en radio, à la TV. Ce sont mes proches qui m’ont averti. Moi j’étais dans mon nuage à l’autre bout du monde donc je ne mettais aperçu de rien et lorsque j’ai vu que beaucoup d’opportunités s’ouvraient en France, je suis rentré !

Tu as un souvenir marquant là-bas ? 

J’en ai beaucoup. Tous les titres que j’ai composé je pourrais te dire dans quel mood j’étais à ce moment là, à quel endroit et les conditions de création! (rires) Par exemple, Playground a été composé dans mon van lors d’un énorme orage. J’entendais la pluie tomber sur le toit et je me suis mis à enregistrer le son que cela faisait. Tu l’entends d’ailleurs au début du morceau. Et une fois l’orage passé, je suis sorti et je suis tombé face à l’un des plus beaux ciels étoilés de ma vie. C’était complètement fou, ça m’a beaucoup inspiré !

Juste avant de partir tu me disais que tu partais surtout parce que tu avais envie d’ailleurs, composer en toute liberté, voir du paysage. J’imagine que le succès qui est arrivé par la suite t’as surpris. 

C’est clair que je ne m’attendais pas du tout à tout ça. Mais il y  avait quand même un but professionnel lorsque je suis parti. Je n’avais pas une thune, j’étais ruiné, donc c’était mon dernier essai, je n’avais pas de filet. J’étais parti composer et si ça ne marchait pas… J’aurais trouvé un petit boulot et puis voilà. Donc je me suis lancé là-dedans, à fond dans la musique de A à Z, en me fixant un an pour réaliser un album. Au final je pense que c’est cette approche et cette conviction qui ont attiré du monde autour de ma musique, des labels, des artistes. Tout ça pour m’emmener aujourd’hui face à toi à quelques heures du Fnac Live. Donc oui j’étais parti bosser mais on ne peut jamais vraiment s’attendre à ce que ça prenne de l’ampleur.

Il y a le Fnac Live mais également l’Olympia où tu as joué en juin dernier. C’était un grand moment pour toi ?

C’était surtout impensable pour moi il y a 6 mois ! (rires) Un jour, mon agence de booking m’a demandé si j’étais prêt pour l’Olympia,  je leur ai répondu « non » , mais que j’allais quand même le faire. Ça m’impressionnait énormément mais je me disais que c’était un véritable challenge.  Donc je me suis préparé à fond pour donner le meilleur, mais ça a été de longs mois de stress.

Qu’est ce qui t’impressionnait ? La salle ? Le public ? 

Un peu des deux. C’est non seulement une salle mythique mais j’avais en plus un rendez-vous avec mon public parisien qui est l’un de mes premiers. Donc ça représentait beaucoup pour moi, je n’avais pas le droit de me foirer, je ne voulais surtout pas décevoir.  Je me remets toujours en question pour évoluer constamment, pour que le public puisse être surpris, pour pouvoir proposer des choses différentes au fur et à mesure. Quand tu vois un artiste commencer dans un bar et après finir à l’Olympia, tu veux ressentir la même énergie qu’à ses débuts mais avec de la nouveauté, du renouveau. C’est ce que j’ai essayé de faire pour ce live à l’Olympia pour ceux qui me suivent depuis le début.

Dernièrement, tu as réalisé un morceau pour Coca-Cola, comment s’est passée cette collab’ ? 

Je me suis toujours juré de ne jamais faire ça. Les commandes de musique ne m’intéressent pas. Mais lorsque Coca-Cola m’a approché pour me présenter le projet… J’ai trouvé que ça correspondait parfaitement à ce que j’avais vécu en Australie. Le sun, l’été, le van rouge, la joie, toutes les valeurs que représentaient le projet me parlaient. Et surtout, j’avais énormément de liberté pour composer. C’était le plus important à mes yeux car je voulais rester fidèle à ce que je fais et suis. J’ai du composer le titre en un mois, en pleine tournée, donc ça aussi ça m’a rappelé mon aventure australienne… sauf que je suis passé d’un van à un tour bus. (rires) Mais c’était presque plus dur car j’étais en pleine tournée donc j’avais des balances, des gens autour de moi, j’avais un confort qui ne m’encourageait pas non plus à faire de la musique, notamment une playstation. (rires) Ça a été un défi de fou et c’est aussi ce que j’ai aimé !

Tu as des pistes pour le prochain album ?  

Oui quelques unes, après je ne peux pas encore trop en parler. Disons que ce sera de la musique nomade puisque c’est ainsi que j’aime voir ma musique. Je ne veux pas être dans l’excellence du son et de la concurrence. J’essaye de faire les choses du mieux que je peux et avec ma vision de la vie, sans vouloir être le meilleur ou le plus connu. Donc je resterai dans cette vibe pour le second album.

Si tu étais en face du toi il y a 2 ans, qu’est ce que tu te serais donné comme conseil ? 

Faire des compromis sur certains points techniques mais jamais sur ce que tu aimes vraiment au fond de toi. Ne pas faire de la musique sans que tu le sentes, faire ça spontanément et bosser à mort ! Sans boulot il n’y a rien, même si tu as la passion ou le don, il faut travailler ! Ne pas se reposer sur ses acquis et encore moins quand on a des succès parce que ça peut repartir aussi vite que cela est venu. Il faut garder ses rêves aussi. Moi j’ai toujours voulu faire le tour du monde et ça commence à être le cas grâce à la musique. Il ne faut rien lâcher et garder cette envie de travailler pour soi pour le partager par la suite.


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