Cette application, vous la connaissez sans aucun doute ! Too Good To Go fait partie des coups de coeurs de COCY. Il paraît donc logique que vous ayez déjà vu passer le nom du concept dans plusieurs de nos articles… Pour rappel, la plateforme met en place une organisation de lutte antigaspillage intelligente et pratique : le but étant de permettre à l’utilisateur de récupérer les invendus des commerçants. Et le succès de Too Good To Go est tel que l’application se développe désormais dans plusieurs villes de France (les dernières étant Biarritz, Anglet et Bayonne) !

Rencontre avec Lucie Basch, créatrice de l’application.

Tout d’abord, comment as-tu eu l’idée d’un tel concept ?

Le gaspillage alimentaire c’est quelque chose qui m’a toujours tenu à coeur ! Je trouvais ça fou de jeter des produits que tout le monde pouvait encore manger… Alors je me suis dit qu’avec les nouvelles technologies on pourrait connecter les gens au bon moment, au bon endroit.

Un jour, je suis passée devant une boulangerie qui jetait beaucoup de choses. Je leur ai demandé si je pouvais récupérer les restes et ils m’ont expliqué qu’il était impossible de donner des produits. J’ai donc proposé de les racheter et au final je n’ai quasiment rien payé.  Je me suis alors dit que si on pouvait reproduire ça tous les jours dans différents endroits, ça permettrait à chacun d’avoir un meilleur impact. J’étais ravie de ce que j’avais récupéré, la boulangerie était soulagée de ne pas avoir à tout jeter et finalement on avait, ensemble, réduit le gaspillage alimentaire. Donc l’idée est de donner à tout le monde, la possibilité de réduire le gaspillage alimentaire à son échelle.

Et du coup, comment choisis-tu les restaurants avec qui tu travailles ?

Le but premier, c’est de mettre en avant les restos de qualité : plus on propose des produits de qualité, moins on a envie de les jeter à la poubelle. On prend également en compte le fait que plus ces produits sont de qualité, plus c’est frais et donc plus les durées de vie sont courtes… ce qui mène au gaspillage alimentaire.

Du coup, l’idée est aussi que tout le monde puisse utiliser le concept ! On ne va jamais dire non à un commerçant et à côté de ça, on va de nous-mêmes aller vers des restaurants de qualité pour aussi permettre aux utilisateurs de découvrir des restaurants. On a vraiment tout type de commerçant, de la boulangerie, en passant par les pâtisseries, les supermarchés, les traiteurs, cuisines du monde (sushi, bagel)…

Y a-t-il autant de restaurateurs qui viennent vers vous que de commerçants que vous recrutez vous-mêmes ?

De plus en plus, oui ! Au début, c’était clairement nous qui allions chercher tout le monde et puis un jour il y a eu ce fameux appel d’un commerçant qui avait entendu parler de nous et qui voulait nous rejoindre. Ça a été un grand moment qui a amené à développer le concept. Et aujourd’hui, plusieurs restaurateurs nous contactent tous les jours. Tout ça, ça marche au bouche-à-oreille !

© Too Good To Go

Les prix sont plus que raisonnables, comment les fixez-vous ?

C’est toujours le commerçant qui le définit. Nous, la seule contrainte qu’on leur donne c’est que le repas bénéficie d’au moins 50% de réduction par rapport à son prix initial, on leur conseille d’ailleurs plutôt 70 à 80%. On se dit que de toute façon, ces produits auraient dû partir à la poubelle (ils n’auraient donc rien dû toucher dessus) et qu’il vaut mieux en retirer seulement 3 ou 4 euros dessus, que 0.

Sachant qu’il faut aussi que le consommateur soit motivé pour se déplacer et venir chercher son repas, ce projet peut être contraignant pour eux : on ne sait pas exactement ce que l’on va récupérer, ensuite il faut venir à une heure précise, mais du coup l’idée c’est que ce soit intéressant au niveau du prix.

Norvège, Angleterre, Suisse, Allemagne et depuis 2016, dans 23 villes de France (Lille, Paris, Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Nantes…). Quelles sont les prochaines étapes ? Vos prochains objectifs ?

Pour le coup, c’est vraiment de prouver le concept dans les gros pays et notamment la France. Quand je parle de prouver le concept, ça veux dire que l’on veut pouvoir « mailler » le territoire de façon assez dense. Pour le moment c’est très local et les gens n’ont pas forcément envie de faire une demi-heure de métro pour aller récupérer des invendus… Alors il faudrait qu’il y en ait à côté de chez eux ou de leur lieu de travail !

Donc le but aujourd’hui, c’est de s’assurer qu’il y ait la plus grosse offre possible sur l’application et donc qu’il y ait un maximum de commerçant qui nous rejoignent. Mais aussi en parallèle, si on veut avoir un impact il faut qu’il y ait énormément d’utilisateurs.

© Capture d’écran de l’application TGTG

Et donc il y aurait de nouvelles villes dans lesquelles le concept serait implanté ?

Oui, complètement ! En ce moment on essaye d’être présents dans toutes les plus grandes villes de France, mais aussi dans beaucoup de villes où il y a des gens qui nous contactent en nous demandant d’y introduire le projet. Par exemple, à Angers, on a lancé ça la semaine dernière parce que beaucoup de gens nous l’ont demandé. On se laisse vraiment guider par les utilisateurs qui nous écrivent et qui vont, eux, être les ambassadeurs du concept et qui vont convaincre un maximum de commerçant de rejoindre l’application. Donc en terme de développement géographique, il n’y a pas de limites, on veut vraiment être présents dans l’ensemble des villes de France.

Si on comprend bien, l’utilisateur à une grosse influence sur le développement  de Too Good To Go ?

Clairement, la stratégie de développement dépend des gens qui vont nous écrire. A part Lille et Paris, qui étaient deux projets personnels, le reste s’est développé au fil de l’eau, grâce aux utilisateurs qui nous écrivaient.

© Too Good To Go

Et toi, utilises-tu l’application ? Quels sont tes lieux préférés ?

Je l’utilisais beaucoup au début, maintenant un peu moins parce que je passe mon temps à travailler (rires) ! Mais oui, je l’utilise et je ne peux pas dire que j’ai un endroit préféré parce qu’il y a énormément de commerçant qui sont vraiment cool. Par contre ce que je peux dire c’est que j’ai vraiment découvert Paris, la France et plein de commerçants géniaux grâce à Too Good To Go. Ce que je veux dire c’est que, comme beaucoup d’autres utilisateurs, lorsque je veux aller déjeuner quelque part, très souvent je sors l’appli et je regarde les enseignes qui sont autour de moi.


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