Il semblerait que l’on tient là le premier grand choc du Festival. Présenté samedi sur la Croisette, 120 battements par minute a ému les Festivaliers, devenant rapidement un prétendant très sérieux à la Palme d’or. Le film de Robin Campillo revient sur l’histoire militante de l’association Act Up, entre actions percutantes, doutes et deuils à surmonter. C’est à travers le parcours de Sophie, Nathan, Sean, Thibault et les autres que les débuts de la lutte contre le sida est abordée.

Le réalisateur français revient plus engagé que jamais dans ce long-métrage bouleversant et nécessaire. Il plonge au cœur du quotidien de l’association pour mieux révéler son fonctionnement et les relations qui se créent entre ses principaux membres.

De l’amour, il y en a énormément dans ce film. Un amour qui veut durer malgré la maladie, le rejet de la société et le silence assourdissant des laboratoires pharmaceutiques. On savoure ces moments lumineux et insouciants quand la piste de danse se remplit, que la musique envahit les corps et les esprits l’espace d’un instant court mais salutaire. Et la gorge se serre quand la réalité du Sida rattrape ces jeunes qui veulent simplement vivre. La baisse des T4, les malaises, les hôpitaux et le pire, impossible à empêcher.

Robin Campillo évite le misérabilisme et les clichés pour se concentrer sur l’essentiel. Alors que l’épidémie de Sida continue de tuer des millions de personnes, rappeler la stigmatisation qu’ont subi et que subissent encore au quotidien les malades, c’est essentiel.

Une prise de conscience d’ailleurs portée par un casting incroyable. Au-delà de la confirmée Adèle Haenel, c’est un ensemble de talents bruts que l’on découvre : Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Antoine Reinart, etc. Émouvants, drôles et impliqués, ils sont tous impressionnants de sincérité.

© Memento Films distribution

120 battements par minute a donc toutes les qualités pour figurer au palmarès dévoilé le 28 mai, ce que l’on espère vivement.