Road movie émouvant, poétique et drôle, Visages Villages est sans aucun doute notre premier coup de cœur du Festival de Cannes.

Aujourd’hui, il n’y avait pas que Netflix qui faisait ses débuts (mouvementés) à Cannes. La salle Bazin était évidemment remplie ce matin pour la projection de Visages Villages d’Agnès Varda et JR. L’emblématique et atypique réalisatrice et le photographe aux lunettes noires vissées sur le nez sont partis sur les routes de France avec un camion-polaroid, dans des villages désertés, pour y figer sur papier les habitants et les afficher grandeur nature sur des conteners, des portes de grange, des murs de briques, etc.

La première chose que l’on se dit quand on découvre ce magnifique road movie, c’est que la rencontre entre ces deux artistes singuliers sonne comme une évidence. On assiste pendant 1h30 à un pur moment de poésie, d’humour et d’émotion jamais ennuyeux qui donne une sacrée bouffée d’air frais. C’est un voyage vers l’humain, la vie et l’art avec un grand A, qui fait du bien et qui fout un peu les boules aussi.

Quand Agnès Varda parle de la mort qu’elle attend sans avoir peur ou évoque Jacques Demy en pleurant à cause de Jean-Luc Godard (on ne lui dit pas merci), on se souvient que rien n’est éternel, même pas Agnès Varda, hélas. Mais c’est toujours la fantaisie qui prend le dessus à mesure que le joyeux duo complice se balade sur la douce musique de Matthieu Chedid parmi des décors improbables et des souvenirs restés intacts.

Agnès Varda et JR illuminent les visages de France et ont certainement illuminé le nôtre. Présenté en hors compétition sur la Croisette,Visages Villages vous attends dans les salles le 28 juin.