Le réalisateur coréen entrait dans la compétition ce matin avec l’attendu Okja, un film engagé qui vous passera l’envie de vous faire une côte de porc.

Si l’aventure n’avait pas très bien commencé entre Netflix et le Festival de Cannes, elle s’est mal poursuivie ce matin à cause d’un problème de cadrage qui a retardé la projection d’Okja de Bong Joon-ho au Grand Théâtre Lumière. Heureusement, l’écran a vite retrouvé ses proportions et les acteurs, leur tête. Les soucis oubliés, il était temps de découvrir la nouvelle œuvre du grand réalisateur coréen, que l’on retrouve 4 ans après Snowpiercer.

© Netflix

Dans Okja, la multinationale Mirando produit des supercochons répartis dans 26 pays du monde. La jeune Mija, qui vit avec son grand-père dans les montagnes, s’est occupée pendant 10 ans de son cochon Okja. Quand son animal lui est enlevé, elle fait tout pour le retrouver, au risque de découvrir le pire. Par ce pitch un peu barré, Bong Joon-ho s’attaque sans détour à la maltraitance animale et le fait grâce à un scénario malin qui ne tombe jamais dans le trop moralisateur. C’est par la belle histoire d’amitié entre Mija et cette étrange créature aux allures d’hippopotame que le réalisateur trace son intrigue, faisons du monstre bon qu’à être dévoré, une bête touchante rappelant E.T. ou Elliot le Dragon.

Bong Joon-ho est audacieux autant dans sa mise en scène que dans ses dialogues truffés d’autodérision et de cynisme bien pensé. Il n’hésite pas à fustiger les grandes multinationales sans prendre de gants mais aussi à se moquer gentiment des défenseurs extrêmes de la nature qui refusent de manger une tomate cerise. La réussite du film passe aussi par son casting, révélant la jeune Ahn Seo-hyeon. Jake Gyllenhaal est parfait en scientifique hilarant mais totalement flippant et Tilda Swinton à un rôle sur mesure pour son talent.

Il y a beaucoup de fantaisie dans ce Okja mais aussi de l’émotion qui fait petit à petit son chemin et qui nous prend aux tripes dans les dernières scènes. Car les moments légers laissent aussi la place à des moments de cruauté auxquels on ne peut échapper. Okja est peut-être finalement la meilleure campagne contre les mauvais traitements infligés aux animaux. Une vague de végétarisme est-elle à prévoir sur la Croisette ? En tout cas, si vous n’êtes pas au moins dégoûtés pas les côtelettes de porc après ce film, c’est vraiment que vous manquez de coeur amis curieux.