Certifié fresh à 99% sur Rotten Tomatoes et sensation du box-office américain depuis février dernier, Get Out débarque enfin dans les salles françaises. Film de genre véritablement original ou pétard mouillé ? On penche plutôt pour la première option.

Chris s’apprête à passer le week-end chez les parents de sa petite amie Rose. Le jeune homme est anxieux car sa belle-famille ignore qu’il est Noir. Sa bien-aimée le rassure, sa mère n’est pas raciste et son père « aurait même voté Obama une troisième fois s’il avait pu ». Pourtant, quand le couple arrive chez Missy et Dean, des évènements très étranges se produisent que même Chris était loin d’imaginer.

Get Out est le dernier né de Blumhouse Productions, société spécialisée dans les films d’horreur à petit budget qui cartonnent (Paranormal Activity, Insidious, American Nightmare…). Jason Blum a de nouveau eu le nez fin en produisant pour 4,5 millions de dollars le premier film de Jordan Peele (moitié du duo comique Key/Peele). Si les esprits malfaisants et autres possessions diaboliques commençaient à lasser, Get Out fait souffler un vent de fraîcheur sur les films de genre. Son réalisateur inverse intelligemment les clichés et bouscule les codes avec succès.

C’est bien connu, dans les films d’horreur, le personnage noir est toujours celui qui se fait assassiner en premier ou en tout cas très rapidement. Ici, ce n’est évidemment pas le cas. Sans rien révéler de l’intrigue, Chris est un personnage qui ne se laisse pas faire et qui comprend ce qui est en train de lui arriver. Car son ennemi ici est le racisme. Un racisme dont on n’entend jamais le nom et qui se planque derrière un masque de bienveillance mal placée, absurde et dangereuse.

Pas d’utilisation excessive de jump scare donc mais une atmosphère paranoïaque, dérangeante et glaçante qui s’installe progressivement. On pense à Rosemary’s Baby que le réalisateur cite comme influence. À l’inverse de Polanski, Jordan Peele installe un humour bien senti qui détend le spectateur face au malaise grandissant.

Même s’il résonne évidemment avec l’actualité, Get Out n’est pas un film de l’ère Trump mais fait plutôt référence aux années Obama, comme l’explique Jordan Peele : « L’idée du film a germé quand Barack Obama et Hillary Clinton se faisaient face lors des primaires démocrates. Tout à coup le pays s’est focalisé sur le mouvement des droits civiques et sur les droits des femmes […] Et il y avait cette question de qui méritait le plus d’être président, qui avait attendu le plus longtemps. […] Ce film révèle le monstre de racisme caché derrière certaines conversations et situations. »

Get Out est donc une réussite percutante et originale à ne pas manquer. Et si vous n’êtes toujours pas convaincus, sachez que William Friedkin himself a adoubé le film en tweetant : « C’est un de ces grands films d’horreur qui va continuer à terrifier les gens longtemps après l’avoir vu ». Vous voilà prévenus.