La pop surfeuse de Manceau est venue à nos oreilles en février dernier avec la sortie de leur album I Wanna . L’occasion pour nous de faire le point quelques mois plus tard avec le quatuor formé par Julien, Samuel, François et Vincent.

Comment allez-vous ?

L’album est sorti depuis la mi-février et il reçoit un bon accueil. Nous nous concentrons en ce moment sur le live et nous nous apprêtons à repartir en Chine pour une mini tournée. Donc ça va plutôt bien !

Vous aviez justement déjà réalisé une tournée en Asie. Quel(s) est/sont vo(s)tre meilleur(s) souvenir de cette époque ? Vous avez des souvenirs marquants ?

Aucun de nous quatre n’avait mis les pieds en Asie avant de partir au Japon pour promouvoir le premier album en 2012. Notre arrivée dans cette ville incroyablement belle et étrange qu’est Tokyo est donc un de nos souvenirs les plus forts. Mais on pourrait aussi longuement parler des ballades au cœur de Seoul guidées par le patron de notre label coréen, ou des chocs visuels que sont Hong-Kong et Shangaï. Pas de souvenir plus marquant qu’un autre, mais des impressions et des sensations indélébiles. On essaie de vivre chacun de nos passages en Asie comme si c’était le dernier, ce qui permet de faire le plein de souvenirs jusqu’à la fin de nos jours.

Il y a-t-il une réelle différence entre le public asiatique et français ?

Les publics sont différents en fonction des pays d’Asie donc il est dur de généraliser. Il n’y a pas de différence marquante si ce n’est que le rapport à l’objet disque reste fort pour eux. A ce titre, le temps d’échange avec le public là-bas, les dédicaces et l’échange de cadeaux sont presque aussi importants que le concert en lui-même. En France, cet aspect est plus marginal. On a rarement reçu des dessins ou des paquets de gâteaux après un concert chez nous!

Votre premier EP date déjà de 2010. Quelle image avez-vous de vous quatre il y a 7 ans comparé à aujourd’hui ?

Les choses ont beaucoup évolué en 7 ans. La façon de produire des titres et surtout de promouvoir sa musique n’a plus grand chose à voir aujourd’hui. La démocratisation du home studio et l’omniprésence des réseaux sociaux a tendance aujourd’hui a replacer les artistes au coeur de leur projet. Ce qui est plutôt positif et sain.

Manceau a pris acte de cette évolution et notre nouvel album en est l’exemple : nous l’avons produit nous-même et tous les choix (artistiques, entourage, communication…) sont de notre fait. Il y a 7 ans nous n’avions qu’une connaissance limitée du milieu musical et étions certainement plus naïfs que les jeunes groupes qui commencent aujourd’hui. Mais nous étions déjà portés par cette volonté de maîtriser chaque aspect de notre musique et de tout assumer, y compris les maladresses. L’euphorie et l’enthousiasme qui nous portaient à ce moment-là a été un vrai moteur créatif pour le groupe. Le vrai challenge pour un groupe comme nous qui s’inscrit dans la durée,  est de garder cet état d’esprit originel. Nous y attachons aujourd’hui une grande importance.

«I Wanna» , «Invisible» et «Nobody’s Guide» sont des clips qui forment une continuité. Pourquoi cette volonté d’un triptyque pour présenter l’album ? Le choix des chansons est-il venu naturellement ?

Nous voulions proposer quelque-chose de différent en terme de clips, un ensemble qui ait du sens et qui s’inscrive dans l’univers visuel de ce deuxième album  Le but était de décliner l’aspect coloré et pop de la pochette de Malika Favre et faire vivre un personnage récurrent, une sorte de fil d’Ariane tissé entre les singles. Pour cela le triptyque était idéal. Toute comparaison mise à part, nous avions en tête les premières vidéos de Daft Punk où on retrouvait cet homme à tête de chien qui passait de la mélancolie à la joie en fonction des morceaux. Ces deux humeurs étant aussi présentes sur notre album, on souhaitait mettre an avant deux titres plutôt ensoleillés et un autre plus en demi-teinte.Le choix s’est donc fait assez facilement.

Comment travaillez vous tous les quatre ? Plutôt enfermés pendant des jours à composer non-stop ou à la cool ?

Notre fonctionnement évolue tout le temps. Mais d’une manière générale, les moments à 4 sont aujourd’hui réservés au travail du live. Pour ce qui est de l’écriture et de la composition, nous emmagasinons des idées de notre côté et nous nous envoyons pas mal de mails afin de peaufiner les structures et les arrangements.

L’album est paru en février mais pourtant il sent bon l’été. Où pourrons nous vous écouter cet été maintenant que le soleil revient ?

Nous avons plutôt choisi de consacrer l’été à l’écriture de nouveaux titres. Les dates sur lesquelles nous travaillons actuellement auront plutôt lieu à la rentrée. Nous ne manqueront pas de les communiquer. Entre- temps, nous seront repassés par l’Asie et auront sorti l’édition vinyle d’ «I Wanna»,  qu’on a hâte de tenir dans nos mains.

Etes-vous déjà en train de penser au prochain album ou vous êtes focus sur le live ?

Nous travaillons régulièrement à l’amélioration de notre live. C’est donc un aspect important de notre agenda. Mais en parallèle, nous avons déjà avancé sur la composition de nouveaux morceaux. L’espace qui sépare la sortie de nos deux albums ayant été plutôt long, notre priorité est de proposer quelque chose de neuf rapidement.