Prix de la Jeunesse au Festival du Film Romantique à Cabourg et Mention Spéciale du Jury à l’International Queer Film Festival à Hambourg en 2016 pour ne citer qu’eux, Departure d’Andrew Steggall s’apprête enfin à débarquer dans les salles françaises le 31 mai 2017. COCY l’a vu en avant-première. Alors ça vaut le coup ?

On pourrait vous laisser le suspens jusqu’à la fin de l’article mais à quoi bon. La réponse est oui.

© Salzgeber & Co. Medien GmbH

Departure raconte la semaine de Béatrice et son fils dans leur maison de vacances dans un coin isolé du sud de la France. Lorsqu’ils vont faire la rencontre du jeune Clément, un adolescent mystérieux, cela les poussera alors à affronter leurs désirs.

Si le film met un certain temps à démarrer et s’installer ce n’est que pour briller par la suite. Conçu comme une ode à l’amour, certainement plus de soi-même que des autres, Andrew Steggall possède le talent fou des réalisateurs qui avec peu de mots, disent tout. Construisant ses personnages par des expressions, des regards et des gestes, le réalisateur nous fait deviner avec délicatesse, l’intrigue et les combats intérieurs auxquels ils se livrent.

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Magnifiquement interprétés par Juliet Stevenson, Alex Lawter et Phénix Brossard, le trio de tête illumine l’écran et livre une partition exemplaire où se mêlent pudeur, désinvolture et fragilité. Car si les personnages souffrent, c’est finalement au contact des uns et des autres qu’ils apprendront à s’écouter et à réagir.

Aussi beau dans sa mise en image que dans son histoire, Departure est donc un film sensible et délicat sur l’acceptation de soi, le temps qui s’écoule mais également la sexualité et la renaissance. Car si chacun doit vivre avec les erreurs de son passé ou le poids de sa condition, le film d’Andrew Steggall nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour affronter ses peurs et se relever.