Avant de nous lancer dans le vif du sujet, un petit récap s’impose. Créé par Judd Apatow, Paul Rust et Lesley Arfin, la série Love a débarqué sur Netflix en février 2016 et a laissé entrer Mickey et Gus dans nos vies. La première travaille dans une radio, est alcoolique, droguée et addict au sexe et à l’amour. Lui est prof d’une ado star du show Witchita, vient de se séparer de sa copine et ne sait pas vraiment comment s’y prendre quand il rencontre Mickey par hasard dans une épicerie. Après des premiers rencards foireux, des déceptions et des remises en question, la fin de la saison laissait planer un petit suspense concernant le futur de ces deux losers de l’amour.

Lorsque la saison 2 commence, on les retrouve dans le parking d’une station-service, lui qui porte maladroitement ses courses nocturnes et elle qui sort de sa voiture. C’est le début de 12 épisodes qui oscillent entre les sourires béats et les engueulades musclées. Le début d’une relation compliquée. Et c’est précisément cela que l’on attendait de ce deuxième chapitre. Si Mickey et Gus nous ont semblé très attachants dans la saison 1, ils le sont dix fois plus ici, aux prémices de leur amour. Ils avancent à tâtons, se cherchent. Ils ont peur et nous aussi. Si on se réjouit de les voir marcher main dans la main et danser comme des gamins, on se crispe à l’idée que tout foire et quand le ton monte, on ne veut pas voir ça.

Ça fait mal parce finalement c’est la vie. Judd Apatow et ses acolytes nous servent une vision réaliste d’une relation déstabilisée au départ par les addictions (bonjour les acronymes AA, SLAA et Al-Anon) où chacun se bat avec son mal-être plus ou moins profond. D’une relation moderne en somme, perturbée par l’incertitude de l’avenir et la peur de l’engagement. Un constat doux et cruel que l’on peut situer entre You make lovin fun et Go your own way (avis aux fans de Fleetwood Mac).


Mickey, Gus, Bertie, Randy… tout ce petit monde que l’on retrouve avec joie forme une troupe drôle et décalée qui se révèle encore plus dans ces 12 nouvelles étapes pas toujours faciles à franchir. Surtout Mickey que l’on apprend à comprendre et à apprécier d’une autre manière. La force de Judd Apatow depuis ses débuts est de créer des personnages attachants, si bien que le reste a parfois moins d’importance. Et c’est exactement la recette qu’il continue d’appliquer ici aidé par Rust et Arfin. Rappelons aussi que Mickey et Gus ne nous toucheraient sûrement pas autant sans le talent de leurs interprètes, les formidables Gillian Jacobs et Paul Rust himself.

En tout, ce sont 6 heures qui passent bien trop vite mais qui remplissent toutes nos attentes. On peut également se réjouir puisqu’une saison 3 a été commandée par Netflix et on a déjà hâte de retrouver notre couple préféré du petit écran.


A retrouver sur Netflix