Moon Duo est le projet d’Erik Ripley (Wooden Shjips) et Sanae Yamada, basé à Portland en Oregon. Le duo joue une musique minimale autour de sonorités psychédéliques, krautrock et drone. Si vous êtes fan de Spacemen 3, Silver Apples, ou Suicide, il y a de grandes chances que vous aimiez Moon Duo. Récemment, ils ont créé un album conceptuel en deux volumes, Occult Architecture Vol. 2 sort le 5 mai. Nous avons eu le plaisir de les rencontrer juste avant leur concert au Trabendo.

Comment se passe la tournée ? Vous avez littéralement des concerts tous les soirs, comment faites-vous pour rester frais ?

Ripley: Nous jouons beaucoup de nouvelles chansons sur cette tournée. Nous venons de sortir un album et le deuxième sort en mai, donc c’est tout à fait récent pour nous. On ne va pas te cacher que c’est assez épuisant, Londres et Paris sont toujours des environnements fous. Généralement la partie la plus dure de la tournée.

Sanae: Nous venons aussi de faire une tournée sur la côte ouest des Etats-Unis: c’était assez sauvage !

Présentez-vous. Qui fait quoi et dans quels autres groupes jouez vous ?

Ripley: Je joue de la guitare et je chante. Je suis aussi dans le groupe Wooden Shjips. Nous vivons tous les deux à Portland.

Sanae:  Je joue du synthétiseur, du clavier basse et je chante. C’est mon seul groupe.

Racontez-nous l’histoire de Moon Duo.

Ripley: Nous avons commencé Moon Duo en 2008. Avec mon autre groupe, Wooden Shjips, nous ne pouvions pas faire beaucoup de tournées parce que tout le monde travaillaient et avaient d’autres préoccupations, mais nous recevions beaucoup d’offres. L’idée était de créer un groupe que nous pourrions faire ensemble à deux et où nous serions très compacts, économiques, et avec lequel il serait facile de voyager parce que nous sommes un couple. Nous avons une configuration très dépouillée et nous faisons de la musique minimale. C’était donc la motivation initiale au départ de Moon Duo.

Est-ce que ce groupe vous permet de faire d’autres choses que vous ne pourriez pas faire avec Wooden Shjips ?

Ripley: Oui, je pense que chaque groupe a un certain style. Il est difficile de faire des choses qui soient complètement différentes, mais en même temps, on a une tendance à rester fidèles à nous-même. Travailler avec de nouvelles personnes offre l’occasion d’explorer différentes sensibilités grâce à l’énergie de l’autre et de ses idées.

Comment décririez-vous Moon Duo pour ceux qui n’ont jamais écouté votre musique ?

Sinae: Je dirais que c’est de la dance music répétitive. Je sais que la dance music a certaines connotations qui ne s’appliquent pas vraiment à ce que nous faisons, mais nous avons toujours voulu que ce soit de la musique pour danser c’est la raison pour laquelle nous sommes tellement intéressés par la répétition. Je pense que le rock’n’roll peut toujours être de la dance music. Il n’a pas besoin d’être dans la famille techno pour que les gens aient envie de danser. J’aime l’idée de space rock.

Ripley: C’est une bonne musique pour se déconnecter quand tu roules, ou lors de n’importe quel voyage. Ce n’est pas particulièrement agressif et vous pouvez entrer dans un état d’esprit agréable.

Expérimentez-vous pendant vos concerts ?

Sinae: Oui, absolument.

Ripley: Je pense que nos concerts sont différents des enregistrements. Nous faisons un spectacle de rock, bien qu’il soit différent avec cette tournée. C’est un peu plus tempéré. Ça ne nous empêche pas d’improviser beaucoup et d’essayer de ne pas tout faire sonner comme le disque. Il ressemble plus à une sorte de space rock libre, une expérience psychédélique.

Nous avons vu la vidéo sur YouTube « What’s In My Bag » avec Anton Newcombe (Brian Jonestown Massacre) qui avait acheté un de vos disques et il avait fait une blague sur Moon Duo selon le fait que vous n’existeriez pas sans lui.

Ripley: C’est vraiment arrivé et il me l’a faite à moi spécifiquement (rires). Lorsqu’on joue dans beaucoup de festivals, on finit par croiser souvent des groupes à plusieurs reprises et on peut développer une camaraderie, même si on ne les connait pas vraiment. Nous ne le connaissons pas vraiment, mais nous venons de jouer à Mexico City et Brian Jonestown Massacre était là-bas, alors nous avons traîné ensemble et pas mal discuté. C’est un personnage vraiment amusant. Il y a beaucoup de personnalités dans l’industrie de la musique, donc c’est toujours intéressant.

Le prochain album de Moon Duo Occult Architecture Vol. 2 sort le 5 mai sur le label Sacred Bones. Il fait suite à Occult Architecture Vol. 1 sorti en février dernier. Que pouvez-vous nous dire sur le concept derrière ces deux albums ?

Sinae: Nous pensions aux motifs, aux cycles, aux équilibres que nous trouvons dans la nature et dans une réalité plus vaste. Une partie réside dans le contraste des forces opposées où deux choses qui semblaient être l’inverse sont deux moitiés d’un tout. Nous voulions faire un disque en explorant cette idée. Ainsi l’un est plus sombre, underground, intime, il est sorti cet hiver. Le second est à l’inverse, tourné vers l’extérieur, et il sort au printemps. Ils sont censés être séparés mais font partie d’un même ensemble plus grand.

Dans quel contexte les deux albums ont-ils été créés ?

Ripley: Nous avons tout enregistré à Portland, en Oregon. Nous avons décidé de terminer tous les enregistrements puis de les mixer à deux endroits différents pour obtenir une sensation différente. Nous avons mixé l’album ‘sombre’ à Berlin et l’album ‘lumineux’ à Portland, qui est très sombre en hiver, mais dont le ciel est très bleu en été.

Quelles sont vos principales influences ?

Sinae: Nous avons beaucoup écouté Suicide, Silver Apples, et Royal Trux. Ripley était vraiment fan du projet de John Coltrane et Rashied Ali.

Riley: En termes d’inspiration je dirais que c’est tout. Après, la musique est quelque chose qui dépend beaucoup de l’humeur.

En regardant vos pochettes, clips, et designs (affiches, T-shirts) quelle est l’importance de l’art visuel pour vous ?

Sinae: C’est important pour nous. Nous y réfléchissons beaucoup, surtout le visuel de la pochette. Nous avons découvert Jay Shaw en ligne, qui a fait l’illustration pour les volumes de Occult Architecture et Shadow of the Sun. Il a cette étonnante esthétique SF des années 70. Pour le dernier disque, nous cherchions quelque chose de cinématographique pour la pochette et nous avions tant aimé le premier que nous nous sommes à nouveau adressés à lui. Pour le clip « Cold Fear« , nous voulions faire une vidéo animée depuis longtemps et Micah Buzan nous a envoyé un email au bon moment. Son travail est vraiment génial.

Ripley: Nous faisons toujours attention aux artistes qui font quelque chose d’intéressant. Les T-shirts pour cette tournée ont été conçus par Gabriel, qui est dans un groupe de Miami appelé les Jacuzzi Boys. Ils sont tous géniaux en tant que groupe et individuellement, aussi en termes de visuels. Nous avons donc suivi ce qu’il faisait en matière d’art  et avons pensé que ce serait génial. Nous faisons un visuel de t-shirt différent pour chaque tournée, histoire d’être vraiment amusant et laissons les artistes faire ce qu’ils veulent.

Plans pour 2017?

Sanae: Nous avons une série de festivals à venir en Juin. Nous allons revenir en Europe pour une tournée de festivals en été.

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