Encore jetlagué et un peu fatigué de la soirée de la veille, le canadien Peter Henry Phillips (Pierre-Philippe Côté de son vrai nom) arrive pourtant avec un large sourire entre les murs du CAFE de la PRESSE pour notre interview un lundi (presque) matin … à 15h. Si l’on avait été immédiatement séduit par son album The Origin sorti en France le 20 janvier dernier et qu’on vous conseille vivement d’écouter, on a été encore plus enchanté de faire la connaissance de cet artiste à la cool, décontracté  avec qui on a parlé de la musique, de l’énergie du public et de sa couleur préférée.

Ton album est sorti au Canada en septembre 2015. C’était il y a un moment. Tu ressens la même excitation qu’à l’époque puisque ton album vient juste de sortir en France ? 

Oui toujours la même excitation même si il y a eu une évolution. Les chansons ont plus de vécu, je les ai beaucoup présenté sur scène, elles ont eu le temps de prendre une autre dimension. Aujourd’hui des morceaux qui durent quatre minutes sur l’album durent dix minutes en live ! Après l’approche est différente en France et au Canada. Là-bas les gens me connaissent un peu plus alors qu’ici tout est frais, tout est nouveau. Je me présente pour la première fois, c’est l’extase ! C’est toujours magique de partir à la conquête d’un nouveau public, de revenir dans ce jeu de séduction. Et pour le moment le public français répond vraiment bien à ce que je fais.

Et ce n’est pas trop dur de refaire de la promo un an plus tard ? 

Rien n’est jamais pareil. A chaque fois que tu t’assois devant un journaliste, c’est une nouvelle rencontre qui commence ! Il y a des nouvelles questions, tu es surpris, l’échange est spécial. Ça me plait de pouvoir partager ma musique, ma vision de la vie ou du monde. Avec COCY vous êtes un site de lumière, de positif, ça ne peut pas me déplaire de te rencontrer.

Tu ne sais jamais, j’aurais pu arriver en tirant la tronche. 

Il y en parfois ! Mais bon, notre rôle c’est de les amener à se décoincer un peu du coup.

Quelle est la question que tu aimerais qu’on te pose en interview mais qu’on ne te pose jamais ? 

« Quelle est ta couleur préférée ? » Personne ne me demande jamais ça, alors que c’est super important ! (rires)

Alors je suis obligé, le public français se pose la question : Peter Henry Phillips, quelle est ta couleur préférée ? 

Tu vas être déçu parce que je t’ai dit ça alors qu’en réalité, je n’en ai même pas ! C’est une connerie ce que je vais dire mais j’aime toutes les couleurs. Parce qu’avec la palette entière tu peux dessiner tous les tableaux, toutes les émotions ! Donc pourquoi en choisir une, plutôt qu’une autre ?

Tu avais préparé cette réponse ? 

Même pas je l’ai trouvé à l’instant.

©Barry Russel

En faisant mes recherches je suis tombé sur une critique de ton album sur la Bible Urbaine, un webmagazine québécois, qui disait : « Oubliez Voldemort qui voit sa puissance diminuer à mesure qu’il se dédouble en créant des Horcruxes; Peter Henry Phillips, le double de Pierre-Philippe Côté, lui, n’a rien perdu de son talent. Même qu’on serait portés de croire que sa force ne fera que s’accroître avec le temps.  ». C’est le sentiment que tu as de ce projet sous le nom de Peter Henry Phillips ? Plus celui-ci évolue, plus tu te sens fort ? 

Ouah ! Déjà c’est beau ce qu’ils ont écrit. Après oui, certainement. En rencontrant les gens, en partageant ma musique, en tant qu’artiste ça te fait grandir ! L’union fait la force et l’énergie dépensée à écouter ma musique par les gens me fait forcément du bien. C’est incroyable le sentiment que tu éprouves lorsque tu reçois des messages de personnes qui te disent qu’ils écoutent ton album en soirée ou chez des amis. Ça m’envoie des ondes qui me propulsent, ça me donne envie de continuer, d’aller plus loin, d’offrir plus. Donc oui, plus le temps passe, plus je me sens fort grâce aux gens qui m’écoutent !

Tu te souviens de ce qui t’a donné envie de faire de la musique ? 

Depuis que je suis tout petit, peut-être 6 ou 7 ans, je jouais de l’harmonica. Je faisais des prestations sur le balcon de mes parents, j’allais coller des affiches sur les poteaux en bas de chez moi et je demandais 1 dollar par personne pour le show. (rires) Mais bon, je laissais finalement les gens rentrer gratuitement… Je n’ai d’ailleurs pas changé là-dessus, j’ai toujours une guest-list de fou à chaque concert ! En réalité, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu partager ma musique. A 16 ans, on faisait des concerts dans les lycées avec mon groupe de punk, on arrivait avec notre sono. Après j’ai aussi accompagné des chansonniers en tournée. Je me souviens qu’ils mettaient un verre de lait sur mon ampli de basse pour être sûr que si les flics arrivaient il n’y ait pas de problème.

Ça n’était que du lait ? 

Non c’était du Baileys ! Je plaisante bien sûr. En plus mon père m’accompagnait toujours et il travaillait pour la direction de la protection de la jeunesse donc il n’y avait pas de risques à ce niveau là.

Dans les années qui ont suivi tu as également composé et joué pour beaucoup d’artistes. Cela a-t-il été bénéfique pour ton album ? 

Complètement, personnellement et professionnellement ça m’a apporté beaucoup. Composer pour les autres, partir en tournée avec eux, a été une vraie école pour moi. J’ai commencé à vivre de la musique, j’ai pu emmagasiner énormément d’expérience, c’était un rêve qui se réalisait. Mon premier concert avec DJ Champion, il y avait soixante dix mille personnes, c’était dingue ! Jamais je ne m’étais imaginé pouvoir vivre ça à l’époque. D’ailleurs je me suis éclaté le micro sur la tronche sans faire exprès ce soir-là ! (rires) J’en suis sorti avec la lèvre tout enflée alors que je partais en tournée avec Ariane Moffat juste après pour une semaine. L’équipe s’est bien foutue de moi quand ils m’ont vu arriver avec la gueule déformée.

Et qu’est ce qui t’a motivé à te lancer tout seul ? 

Pour moi la musique est vraiment une affaire de rêve, alors après avoir réalisé le rêve de vivre de la musique j’ai eu envie de réaliser celui de sortir mes propres chansons, même si je prenais du plaisir à jouer avec d’autres artistes. J’avais envie de me permettre de vivre ce qu’ils vivaient tous et je ne voulais pas finir avec le regret à 50 ans de ne mettre jamais lancé ! C’était une nouvelle aventure.

C’est pour ça que tu as appelé l’album The Origin 

Oui, car c’est un nouveau départ.  Même si je fais de la musique depuis 15 ans et que la plupart des chansons étaient écrites depuis 10 ans, ça marque une nouvelle étape dans ma vie. C’était important de le signifier sur ce premier album en tant que Peter Henry Phillips.

On est encore en janvier, que peut on te souhaiter pour l’année 2017 ? 

Avoir du sommeil ! (rires) J’ai un petit bébé donc je ne dors pas beaucoup. Sinon, pour 2017, ce que je veux c’est surtout faire des concerts, être sur scène, voir les gens dans les salles, qu’ils soient cinquante ou cinq mille,  je veux une année de partage !

Ecouter le nouvel album de Peter Henry Phillips