Plus de 150 dates en deux ans à travers le monde et un périple à travers Los Angeles plus tard. Talisco revient en 2017 avec un nouvel album ambitieux marqué notamment par le clip Stay, aussi drôle que cynique. Rencontre avec cet artiste amoureux de la Cité des Anges, amateur de contemplation et dont le second album sortira le 27 janvier prochain.

Comment vas tu ?

Ça va bien. Je suis heureux que l’album sorte bientôt. Le premier album relevait du fantasme tandis que celui-ci raconte une réalité. C’est une différence qui est énorme. Je parle d’histoires vraies, donc ça se ressent dans la musique, les paroles et aussi dans la manière dont j’en parle.

C’était une envie de sortir justement de ce côté fantasmé du premier ?

Pas vraiment. Je suis quelqu’un qui aime vivre dans le fantasme, je m’en amuse. Je ne subis pas mon fantasme au point d’être lunaire mais je me plais à fantasmer les choses. En réalité l’écriture de ce deuxième album s’est imposé à moi. Ça fait plusieurs années qu’on tourne, qu’on vit des histoires de fou avec mon équipe et il m’est apparu  comme une évidence de les raconter. Ces trois dernières années ont été remplies de concerts, de rencontres, il y a eu des grands changements dans ma vie… Je fonctionne souvent à l’instinct et j’ai ressenti qu’il y avait vraiment de la matière à raconter, pourtant je ne suis pas un fan de l’idée de m’appuyer sur ma vie pour en parler en temps normal.

Pourquoi ? Tu ne te sens pas légitime ?

Oui et puis je n’ai jamais trouvé que ma vie était plus intéressante que celle du voisin ! (rires) J’ai toujours préféré raconter la vie des autres lorsqu’il leur arrivait des trucs de fou. Je n’ai pas besoin d’aller puiser l’inspiration sur mon propre vécu. Par exemple je n’ai pas besoin de vivre une séparation pour écrire dessus. Je suis plus quelqu’un qui contemple assis sur un banc, qui observe pour mieux en parler. Mais pour ce nouvel album, ces années ont été tellement fortes que ça m’a paru important de les mettre en musique. Comme je t’ai dit, je fonctionne à l’instinct.

Tu as un souvenir plus marquant qu’un autre à nous conter de ces 3 ans?

Je n’ai que des souvenirs marquants c’est bien ça le problème ! Capital Vision est une véritable métaphore, ce n’est pas pour rien si j’ai choisi ce titre pour l’album. C’est comme si je m’étais placé en hauteur pour contempler les moments les plus importants de ma vie. Il y a eu des moments incroyables qui ont chacun leur importance, donc c’est difficile d’en choisir un seul… Pour parler du titre Stay , il fait référence à mes adieux à Los Angeles… la fille qui s’accroche aux jambes de son mec dans le clip… C’était moi avec cette ville !

Qu’est ce qui t’a le plus séduit dans cette ville qui est omniprésente dans ton album ?

Fais attention, si tu me lances sur le sujet tu vas en avoir pour des heures. (rires) C’est une ville à part. Les raisons pour lesquelles on peut détester Los Angeles sont les mêmes raisons pour lesquelles on peut l’adorer. C’est un gros lotissement, très éparpillé, c’est une ville qui se mérite, elle n’est pas immédiate. Tu vas à New York, à Paris ou à Londres, tu accèdes vite à toutes les choses qu’elles vous offrent, tu as des bars partout et tu peux vite te plonger dans leur ambiance. Los Angeles, c’est une ville immense qui te pousse à la découverte, à la recherche. Tu te fais surprendre par Los Angeles. De plus, j’ai une attache particulière à la lumière, aux grands espaces, à l’océan qui se trouvent là-bas. C’est un souffle incroyable pour moi. Avec ses neuf heures de décalage j’ai l’impression d’y avoir une vie parallèle qui me fait du bien. Los Angeles est un énorme  cliché pour plein de gens… Mais c’est mon cliché préféré !

On va parler un peu des clips. Tu ne réalises pas mais je crois que tu aimes tout de même garder un oeil attentif sur leur création.

Je ne réalise pas les clips mais j’aime mettre le nez dedans, oui. L’idée de subir mon projet me parait complètement irréaliste, c’est un projet artistique donc c’est important qu’il y ait une vision juste jusqu’à la fin. Quand je dis juste, je parle de l’unité entre le morceau et son clip. J’ai la chance de ne pas avoir un label qui va me dire « Non pour ce morceau on veut que tu sois torse nu avec une fille qui arrive sur la plage avec un cheval ! »

Je croyais que tu aimais les clichés !

Oui, mais là ce n’est pas un cliché qui va dans mon sens (rires). Non plus sérieusement j’ai besoin d’avoir un regard sur toutes les parties du projet, mais il y a eu des collaborations qui ont été immédiates et intuitives. Par exemple pour le clip de Stay, j’ai laissé le champ libre à sa réalisatrice Cloé Bailly. Lorsque je l’ai rencontré, j’ai tout de suite adoré son idée et je savais que si je ne l’a laissé pas faire à sa manière on pouvait passer à côté de ce qui était intéressant. C’est toujours difficile de faire entièrement confiance à quelqu’un lorsque c’est son projet mais avec Cloé ça a été une évidence dès le départ. Elle a clairement donné son interprétation du morceau, elle a réussi à capter l’idée de la chanson sans rester fixé sur les paroles. Elle a repris encore un cliché, la fin d’une comédie romantique, pour en faire une non-fin, une sorte de boucle infinie. Puisque rien ne se termine jamais vraiment.

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour cette nouvelle année ?

Que ça continue. Je croise les doigts pour que les gens perçoivent l’album comme je l’ai créé. Comme une unité personnelle, dans lequel il y a plein de codes. C’est un album que j’ai construit comme un labyrinthe, derrière l’image pop il y a de vraies histoires à percevoir, une vraie écriture. C’est comme lorsque tu rencontres une nana, elle te séduit d’abord physiquement (la musique) puis par ce qu’elle raconte, sa profondeur, son intelligence (les paroles). Donc pour résumer Capitol Vision elle est jolie mais elle est cool aussi ! ! (rires)  Donc il ne te reste plus qu’à la rencontrer le 27 janvier prochain !

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Découvrez Capitol Vision (Roy Music) le 27 janvier 2017

Et retrouvez Talisco au Printemps de Bourges 2017 

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