Un poil turbulents et joyeusement frappés, les trois garçons de Chouette, Christophe, Malo et Romain (sans leur bassiste Marie) ont répondu à nos questions avec légèreté et humour, en experts de l’absurde et du rock psychédélique, du garage et du blues lors des Transmusicales de cette année.

Apostrophant les journalistes et techniciens de France Télévision qui plient bagage à côté de nous, Christophe qui tient la guitare dans le groupe, la casquette vissée sur la tête et l’œil rieur balance sous une moustache frétillante : « on a des dossiers sur Jean Louis Brossard, vous ne voulez pas nous interviewer ? On sait tout de sa relation aux fruits de mer… ». Notre interview s’annonce prometteuse… Quand on leur demande donc comment les rennais ont rencontré l’incroyable « tête chercheuse » des Transmusicales Malo et Romain surenchérissent : « on pêchait des araignées de mer ensemble du côté d’Erqui, et il a écouté notre album entre deux dégustations crues ». Les blagues les plus courtes sont-elles vraiment les meilleures ?

Pour la vraie version, Chouette a pêché le sésame à l’occasion d’un message pour passer une audition à l’Ubu, et après une journée de préparation, c’est le grand bain pour un tremplin entre une petite dizaine de groupes. Un passage un peu stressant pour Romain, au chant et à la guitare : « Jean-Louis était dans le fond de la salle dans le noir, on le voyait que lorsqu’il rallumait sa clope. Parfois on l’entendait, il poussait des petits cris, on ne savait jamais s’il s’agissait de quelque chose de positif ou négatif ».

Le cri mimé par les trois potes de lycée varie à ce moment-là du hululement à l’araignée de mer coincée dans la gorge, on comprend mieux le désarroi passé. Les journalistes de France Télévision se félicitent probablement d’avoir esquivé les musiciens.

Conquis par le live survitaminé et le charisme drolatique de la bande, Jean-Louis Brossard décide d’afficher Chouette à la programmation : et la promesse de bonnes vibrations surf-rock est tenue, avec un psychédélisme en son clair des guitares, des refrains draguant des hymnes pop, et un sédiment blues explosif.

Si leur premier concert remonte en 2012, c’est avec le label Beast Records que les choses deviennent sérieuse, notamment avec un passage cet été au Binic Festival et un premier album « You Don’t Know Why You Run ».

 

Avec un titre qui fait l’éloge de l’absurdité et une pochette fortement bucolique et dénudée, on demande quelles sont les références de la bande en matière d’humour ? Christophe répond avec aplomb, pince sans rire « l’alcool et la drogue », quand Malo explique que tout s’est monté autour du rire « on a fait de la musique pour se marrer aussi ! Sinon moi j’aime bien les Monty Python… Et puis évidemment Bigard, Dubosc, Les Chevaliers du Fiel et Patrick Bosso sont dans nos cœurs ». Eternel retour du second degré.

En passait leur bac dans un lycée à l’orée de la forêt de Brocéliande, le nom totem, le patronus, leur est inspiré de rencontres furtives avec la bête à plume : « A l’époque, on répétait chez les uns et chez les autres à la campagne et le soir en rentrant. Et toujours au même endroit passait une chouette dans les feux de notre voiture. Et puis bon ça veut dire génial, c’est un animal nocturne… c’est assez érotique aussi on trouve ! ». Malo surenchérit : « c’est exactement la même idée que pour ABBA pour le nom. Deux « b », deux « t »… On veut être le nouvel ABBA, et on espère que les Trans vont nous aider dans cette voie-là ».

Avec des références scéniques et des souvenirs de concerts allant de La Femme à Cheveu vus à Angoulême, en passant par The Hives au Papillon de Nuit ou Brian Jonson Massacre, c’est autour du blues à l’ancienne que les rennais se sont retrouvés au lycée, avec comme prophètes de grands noms du rock comme Robert Johnson ou Iggy Pop. Les références ne manquent pas dans la bouche des musiciens, mais c’est surtout leurs fantasmes second degré que délivrent Christophe et Malo : « j’aimerais des tenues à paillettes bling bling pour le live » dit l’un, « J’aimerais beaucoup aussi, et je me bats pour de la fausse neige et des lances-flammes » confesse l’autre.

Avec moult concerts à venir et un esprit de camaraderie canaille, on souhaite à Chouette de continuer son envol sur le rock surf et psychédélique, et on prie presque pour que leur rêve ultime se réalise « on aimerait faire un concert sur la Lune, si Apple le veut bien ». Le second degré mis en orbite.

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