Sorte de petit frère des Transmusicales, les Bars en Trans ont depuis vingt ans pour objectif d’envahir les bars du centre de la ville de Rennes de musiques rock, électro, rap et bien d’autres.  Géré par l’association 3 P’tit Tour, c’est plus de 100 groupes qui se sont vus produits dans 16 lieux allant du bar au café-concert en passant par le théâtre. Et si un point commun devait être mis en avant dans cette fratrie, il serait évident qu’il correspondrait à la qualité des artistes qui sont présents.

Dont voici nos coups de coeur.

GLINTS

On n’aurait pas cru qu’une formation guitare, basse, batterie et chant puissent conduire à la quintessence du R’n’B. Sur des notes et solos plutôt jazz, les flamands ont subjugué le Bar Hic’ de leurs généreuses caresses sexy et sensibles. Avec de sérieuses références anglaises, c’est avant tout l’amour des mots qui anime la voix sucrée et chaude de ce hip-hop enchanteur. Les titres s’étendent, on pense à Rejjie Snow pour la sensualité et les mots qui ne sont pas mâchés, et parfois même à Drake pour le sens pop et efficace des refrains, vocodés par intermittence et qui touchent là où ça fait du bien.

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CLARA LUCIANI

Pour la chanteuse de La Femme, Nouvelle Vague, Bristol ou encore le duo Hologram, le blues se porte en bandoulière, et sous une frange brune, tout lui sourit lors de son passage à La Place. Lauréate du prix Inrock lab 2016, en préparation d’un EP et présente sur le dernier album de Nekfeu, sa voix sèche et moelleuse à la fois, sensuelle et droite n’en finit pas de caresser les âmes. Spleen et clair-obscur, c’est en français que l’on suit des subjectivités heurtées, les frustrations et la nostalgie des joies passées. Clara Luciani livre des chansons intimes et se fait immédiatement complice des flux amoureux, ceux qui s’élèvent, ceux qui se renversent.

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JARDIN

Quoi de plus indicatif que le nom du bar « Le Chantier » pour que les expérimentations électroniques de Jardin prennent sens ? Véritables constructions inachevées, comme des mimes sonores de ruines, les titres hautement saturés de Jardin vibrent, draguent les beats technos, s’essoufflent et reprennent leur entreprise dans une atmosphère lancinante. Déchirée par la voix distordue qui semblent proférer des ordres incompréhensibles, on baigne pourtant dans un terreau sensible, une friche R’n’B, de la pop ultra-broyée et vomie par des machines. On s’est retrouvé devant Jardin comme ces petits vieux contemplatifs de grues et Catterpilar qui voient dans une fausse superficialité inesthétique la beauté et l’essence même des choses, malgré un langage musical bizarre et feutré.

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AFTER MARIANNE

Il se passe quelque chose d’étrange lorsqu’After Marianne joue. Peut-être est-ce dû à la voix envoutante de Mathilda ou bien la magnifique orchestration que nous livrent ses trois compères ? Il n’empêche que le temps semble se figer, se suspendre. Comme dans l’espace nous direz-vous ? Exactement. Ce n’est pas pour rien que le groupe enfile sur scène des tenues de cosmonautes, car ils ont pleinement conscience de l’effet que procure leur musique, douce et aérienne, qui même dans le brouahaha ambiant d’un bar à Rennes, arrive à s’imposer. Un joli moment de grâce, pour des textes certes mélancoliques mais d’une incroyable beauté.

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LAFAYETTE

Commun à son habitude, Lafayette aura fait rire La Place, grâce à des textes un brin absurdes qui dénoncent en sus les déboires de la société. Rire aussi à cause de ses expressions et sa tête de chouette, les yeux grands ouverts de l’enfant et le verbe drolatique. Chanson française et synth-pop se mêlent pour former ses histoires à chaque fois singulières et rythmées. L’humour mais aussi la sensibilité font de Lafayette une icône particulière et assez rare dans la musique : celle de l’homme moderne, quelque part entre Vincent Macaigne, Pierre Ninet ou Jonathan Cohen.

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MAKALA

« Bûcheron dans une forêt de langues de bois » ainsi se définit MAKALA, ce rappeur venu tout droit de Genève et qui a clairement chauffé la Notte, ce petit bar de Rennes qui produisait uniquement du rap durant tous les Bars en Trans. Chemise à fleur porte bonheur, flow rapide, voix grave, punchlines qui tranchent et qui font sourire, une petite foule s’était amassée pour se mettre dans le son, se laissant transcendé par le   rythme des intrus et du phrasé. De quoi prendre une bonne dose de rap francophone par un artiste intelligent, malicieux et talentueux !

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