Avec ces 62 000 participants, ces 531 journalistes, plus de 2000 pros, 101 groupes et 2 compagnies de danse, la 38ème édition du festival les Rencontres Transmusicales était un véritable succès. Mais plus que les chiffres c’est la programmation toujours éclectique de  Jean Louis Brossard qui a une nouvelle fois marqué les esprits.  Car jusqu’à présent, quel meilleur festival que les Transmusicales pour partir à la découverte de nouveaux artistes musicaux, de petites pépites venues d’Asie, du Pays-Bas ou tout simplement de France. On se régale toujours autant à passer de salle en salle, de Hall en Hall, les oreilles grandes ouvertes et le coeur séduit de nombreuses fois par des artistes incroyables.

Dont voici d’ailleurs une sélection coups de coeur. 

FISHBACH

La création annuelle des Transmusicales révèle chaque année au grand public des artistes francophones sublimes, souvent nominés aux Victoires de la Musique l’année suivante (Jeanne Added, Gaëtan Roussel, Stromae…) : de la coïncidence et du flair. Fishbach aura été sur toutes les bouches à Rennes. Et pour cause, sa voix qui va chercher dans la tendresse absolue comme dans la douleur la plus profonde a tenu sa promesse de faire « vibrer » (en référence à « Tu vas vibrer », titre introductif et prophétique de son spectacle). Cette voix sans âge au message aussi lugubre que lumineux, une voix qui paralyse et fait danser pour la première fois accompagnée de musiciens. Si sa musique éclôt des ténèbres dans des sonorités synthétiques et boites à rythmes années 80, avec un alliage de roulement de basse funk, c’est la mise en scène qui met le spectacle en tension. Des lumières savamment exploitées au grimaces rappelant l’expressionnisme allemand, la jeune femme de 25 ans maitrise de bout en bout son théâtre, sa poésie et sa propre puissance, tout en propulsant dans sa force un sentiment de danger. Son album « À ta merci » qui sortira le 27 janvier prochain sera de ces merveilles de textes et de musique qui nous laissera à coup sûr un genou à terre, et le regard tourné vers la lumière.

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WEVAL

Il était 19h, à l’Ubu, nous avions commencé le festival depuis seulement quelques minutes, que déjà la fièvre des Trans nous emportait avec ce duo de producteurs venus tout droit des Pays-Bas. Les enceintes ont alors crié, les corps se sont mis à danser et les ondes chargées de beats ont tout emporté ! Des productions élégantes, minimalistes et feutrée, voilà ce que nous promettait l’écoute sur les plateformes de streaming mais jamais nous ne nous attendions à recevoir une telle  bouffée de puissance et d’énergie lors du live de ces deux compères. La musique résonnait dans les membres et pendant presqu’une heure de set, l’impression d’une thérapie par la musique s’est faite ressentir tant les rythmes et les sonorités qu’ils livrent  font du bien !

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PINK OCULUS

À Amsterdam se trament de drôles et jolies choses. Torride et sulfureuse, Esperanza Denswil aura enflammé la salle de l’Ubu dans un set R’n’B venant piocher franchement dans le free jazz et le reggae. Tout de cuir vêtu et accompagnée de deux virtuoses rastas, l’un au double clavier (basse et mélodique), l’autre à la batterie, Pink Oculus a diffusé sa fièvre codéinée, son instinct félin et ses créations ultra rythmées qui tapent aux portes de l’expérimental. Un bouillon délicieux et exotique de sonorités dansantes et originales, pour la femme dont on attache un lien de parenté avec Kimbo Slice, combattant de rue icône de Youtube. Street Cred + 100 pour un personnage possédé qui ne manque pas de style et de charisme.

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BARBAGALLO

C’est dans le décor magnifique du Théâtre du Vieux St-Etienne qu’on a pu découvrir l’artiste touchant et profond qu’est Julien Barbagallo. Par de beaux textes en français, des rythmes doux et lancinants, le batteur de Tame Impala (groupe australien) a offert un moment suspendu à ces Transmusicales 2016. Dans le froid de cette ancienne Eglise, la voix caressante de l’artiste est venue réchauffer les coeurs et se blottirent immédiatement dans la case « artiste à suivre de près » pour la plupart des professionnels présents lors du concert. Pour nous, il a surtout été question de voyage psychédélique à travers une pop séduisante et une scénographie tout en motif et forme pour un show dont la partie instrumentale finale nous a tout bonnement donné des frissons, raflé, ému.

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PYRIT

Nom d’une pierre issue des volcans mais que l’on retrouve aussi sur des météorites, ce pirate cosmique invite dans son univers de fumée et de glace. Distopie et espoir s’entrechoquent comme son blues trituré sur des nappes synthétiques dans un style ovni, que l’on regarde passer avec émerveillement. Le musicien suisse seul pilote à bord entre ses consoles, sa guitare et ses boites électroniques use de réverb’ pour faire échos autant dans nos tripes que sur la Lune. Le personnage inspiré de science-fiction transpire de sensibilité, et de ses vapeurs on ressent la fusion moléculaire de la nostalgie et de l’espoir.

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NOVA TWINS


Nova Twins – Bassline Bitch – Live @ Trans Musicales 2016

Amy Love et Georgia South réveillent à elles-seules toute l’agressivité et la révolte de l’Angleterre, du punk le plus brutal au hip-hop le plus incisif. On pense à la version féminine de Rage Against The Machine, mais dans une formation plus serrée à trois. Maniant la guitare et la basse comme des armes de guerre, ce sont des punchlines courroucées, psalmodiées comme un discours de guerre que crache le rouge à lèvre d’Amy Love. Look de rock star et attitude hip hop, les fausses jumelles affolent autant par leur rage que leur beauté fatale et envahissent avec une extrême maturité la scène, faisant monter les températures hivernales d’un cran par leur musique terriblement enflammée.

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LESKA

On connaissait les productions de Douchka, on connaissait également celles de Les Gordon alors c’est avec une grande hâte qu’on voulait découvrir leur projet commun, Leska, sur la scène du Hall 8 du Parc des Exposition de Rennes. Vous connaissez ce sentiment d’attendre tellement quelque chose, que lorsqu’elle arrive vous êtes toujours un peu déçu ? Et bien c’est exactement le contraire qu’on a ressenti lorsque ces deux jeunes producteurs ont débarqué sur scène face à deux cercles lumineux. Puissant, dansant, solaire, le set mené par Leska s’est révélé être un incroyable moment de plaisir partagé aussi bien par le public que par les artistes eux-mêmes, hyper-actifs, sautant dans tous les sens et se livrant à une  véritable fête ! Ce sont des ondes solaires qui ont envahi l’espace, faisant briller de milles feux les Transmusicales, dessinant des expressions de joies sur les spectateurs venus prendre leur dose de bonne musique et qui en sont sortis, nous y compris, complètement euphoriques.

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REJJIE SNOW

Veste chaude sur les épaules, couvre-chef, le flow lent et la voix grave, on pourrait tombé facilement dans le piège de la comparaison, notamment avec N.E.R.D ou Tyler The Creator lorsqu’on découvre Rejjie Snow et pourtant, il n’en est rien. Car ce jeune rappeur venu d’Irlande n’est l’ombre de personne ! Et sur la scène des Transmusicales il a délivré une atmosphère lancinante, hip-hop, allant parfois fleurté avec des sonorités plus jazz, mais toujours dans un style qui lui est propre.  Hybride, sublime, rythmée, sa musique respire la vie, l’énergie transmettant des good vibes à une public conquis et venu en masse écouter ce jeune prodige du rap, qui n’est qu’au tout début de sa carrière et qui, sans l’ombre d’un doute, va continuer à monter, monter, monter…

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MUSHXXX

Que serait un article coup de coeur sans un petit passage par la Greenroom qui nous a offert de nombreux sets parfaits, notamment celui de MUSHXXX, cette Djette sud-coréenne qui nous était tout d’abord décrite comme  « une Nina Kraviz sud-coréenne : une fausse bimbo dont la silhouette, compte tenu du phallocentrisme du microcosme électro, a tendance à éclipser le talent ». Or, c’est bien le talent qui a pris le dessus lors de son passage vendredi soir à Rennes. Propulsant une house absolument transcendante qui a retourné le festival, faisant même pleuvoir les bières sur nos têtes, les spectateurs ayant plus à coeur de danser qu’à boire, MUSHXXX a tout simplement régalé cette 38ème édition. On attend maintenant avec beaucoup d’enthousiasme son passage sur la capitale, car on reprendrait bien encore un peu des puissants mixes de l’artiste.

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PWR BTTM

Le concept fatal des deux natifs d’Annandale-on-Hudson tient en leur nom qui évoque le power-bottoming : attitude ultra dominante dans le jargon queer. Deux représentants paillettés et travestis LGBT qui font du power rock tantôt aux couplets pop à la Weezer, tantôt aux refrains saturés à la White Stripes et qui méritent toute notre attention, d’autant plus quand ils intervertissent le chant, la guitare et la batterie. Qui n’a pas entendu d’idiome homophobe aux odeurs rances au détour d’un concert de rock qui fleurait bon la bière et la testostérone ? PWR BTTM fait ravaler les préjugés débiles et influe une énergie survoltée.

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Découvrez très prochainement les interviews de SÔNGE, Chouette et Metro Verlaine également géniaux sur scène.