Ecouter et voir Maissiat en concert. Deux entités délicates qui ne cessent d’enchanter le public qui l’écoute. En live, lors du festival Sémaphore en Chanson à Cébazat, cette artiste a conquis un public, déjà préalablement charmé par sa voix, ses musiques et sa prestance qui ne peuvent vous laisser indifférent. Un concert qui frôle avec finesse la perfection. Elle est là, nous l’écoutons et nous recevons avec délicatesse son présent musical.

Rencontre avec l’ artiste.

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© Franck Loriou

Aujourd’hui est un jour un peu particulier, jour des résultats des élections présidentielles Américaines. Quelle est, en ce jour, votre vision du monde ?

Je trouve que votre expression est très juste, vous dites « Aujourd’hui est une journée particulière » car ça en dit long sur ce que l’on ne voit pas arriver ou sur ce que l’on ne veut pas voir arriver. En dehors du fait que le diable est dans les détails, je crois qu’il y a des choses à déceler dans les détails justement. On se dit « Comment cela est-il possible ? » hors, cela arrive. Les premières pensées qui me sont venues ce matin lorsque j’ai vu les résultats, ont été « Qu’est-ce que j’ai fait pour qu’on en arrive là ? » c’est à dire « Qu’ai-je fait en tant que citoyenne ? ». Le cœur des choses est dans le cœur des hommes, donc le changement doit se produire et il va être temps pour chacun de se réveiller.

Pensez vous qu’un artiste se doit d’être engagé ?

Même si un artiste ne se doit rien de plus qu’une autre personne, je pense tout de même qu’il se doit de regarder au plus près ce qui se passe dans notre quotidien, juste à côté ou dans notre société. Je passe beaucoup de temps à observer ce qui se passe autour de moi, de nous. Je suis encore très attachée aux détails, car je pense que c’est par eux qu’on descelle les plus grandes vérités ou les signes avant-coureurs de changements, de mouvements.  Dans mon album, il y a une chanson qui s’appelle « Hypnose » et à chaque fois que je suis sur scène, une phrase fait  cruellement écho « Je vois dans les détails venir la fin d’un monde ».

Avez-vous eu un déclic qui vous a permis d’envisager votre carrière ?

Le déclic et l’envie de faire ce métier, j’ai l’ai eu il y a très longtemps. A ce moment là, je ne pouvais pas me l’expliquer, je devais avoir 6 ans. Mais j’ai toujours su que je voulais et que j’allais exercer ce métier. Dans un premier temps, on est trop jeune, donc on n’y pense pas. Dans un second temps, on s’éloigne un peu du chemin et dans un troisième temps, on l’assume. Le déclic est venu car j’avais un appétit profond pour ce qui n’apparaissait pas dans mon quotidien, à savoir l’art. Chez moi, ce domaine n’était pas réellement privilégié, et je pense que très vite, cela a marqué un territoire, une absence. Je me suis petit à petit entourée d’amis qui possédaient cette même curiosité face aux arts en général.

Vous êtes-vous justement, à un moment, éloignée de cette envie viscérale ?

Oui j’ai travaillé dans un bureau mais à un moment donné j’ai démissionné. Une démission qui va bien plus loin que le travail en lui-même, qui allait dans le fait de trouver sa place dans le système dans lequel nous sommes. A défaut de changer de système, parfois on essaie de changer sa vie et cela peut fonctionner. (rires)

Comment vous êtes vous entourée pour la conception et réalisation de ce nouvel album Grand amour ?

Je me suis entourée d’une personne rencontrée quelques mois avant de rentrer en studio, Jean-Louis Piérot. Nous avons travaillé ensemble sur les arrangements. J’ai également retravaillé avec une musicienne et chanteuse qui s’appelle Katel, qui avait déjà réalisé les voix de mon premier album. J’ai donc souhaité réitérer cette collaboration.

Préférez-vous le travail en studio ou le travail scénique ?

Je n’ai pas réellement de préférence. Je pense que l’un a été muri par rapport à l’autre. En studio, on est seule avant son disque. En scène, nous sommes plusieurs après la sortie du disque. C’est comme une gestation, on voit l’oeuvre grandir devant nous, jusqu’au moment où elle ne nous appartient plus. Même si les deux facettes ne peuvent pas être comparées, j’aime beaucoup l’étape de création. J’ai l’impression d’être une enfant dans un terrain de jeu, c’est jubilatoire. Quand je compose, c’est un peu le même procédé. Je choisis un territoire, un espace qui est souvent clôt dans lequel je suis souvent seule, après, je me sens libre de tout dans la création. Epargnée de toute attente,  de toute appréhension, dans ce cadre là, nous sommes juste dans le moment présent. Tandis que la scène permet justement de sortir de soi-même, de donner, de recevoir.

Dans vos périodes de créations, qu’est-ce qui vous inspire ?

Mon inspiration est liée à tout…ce que je lis, les gens que je rencontre, les films, les informations, ce que je vois dans la rue.

Actuellement en tournée, comment faites vous pour préparer un set de chansons ?

Si je devais comparer ça à un livre, je dirais que c’est comme remettre les chapitres d’un ouvrage dans le bon ordre. Un ordre sensé et digeste. En mélangeant plusieurs albums, on remarque aussi que certaines chansons se répondent. En général, on travaille en résidence dans une salle de concert et l’ordre des chansons fait partie du travail scénique que l’on va mener. Ce qui est certain, c’est qu’une « set-list » peut changer totalement l’humeur d’un concert.

Quelles sont vos influences musicales ?

Serge Gainsbourg, Brigitte Fontaine, Catherine Ringer, William Sheller, Alain Souchon, les Beatles….

Pour vous, quelles sont les conditions idéales pour un concert ?

C’est la bonne action, au bon moment. Donner et recevoir. Un réel lâcher-prise…

 « Culture Sauvage » pour Maissiat?

C’est celle qui est appétissante telle des herbes folles qui poussent à travers les pavés.

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L’artiste sera en concert le 7 décembre prochain au CAFE de la DANSE

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