Loin du film ou de la série, il existe un autre Twin Peaks. Un groupe de jeunes musiciens de Chicago, talentueux et incroyablement énergiques, de retour pour leur seconde tournée en Europe depuis la sortie de leur dernier album Down in Heaven en mai 2016.

Sous la pluie, entre le Point Ephémère et le canal Saint Martin, nous avons pu rencontrer Clay, Colin, Cadien et Connor, avant ce qu’ils revendiqueront comme leur « meilleur concert » à Paris.

Dites nous comment s’est formé Twin Peaks.

Clay : Je m’appelle Clay, je joue de la guitare et raconte des histoires. On a tous un peu grandi à Chicago. On sortait tous ensemble, on buvait et on écoutait de la musique, puis on a décidé de monter un groupe en 2009. Après un « pacte de sang » et deux albums plus tard, Colin nous a rejoint, il y a deux ans environ. Il nous a aussi aidé sur le deuxième album, bien qu’il n’était pas encore officiellement dans le groupe à ce moment, mais il a joué beaucoup de morceaux et a participé à l’enregistrement de Wild Onion. Au nouvel an il a joué son premier concert dans une vieille église délabrée, un endroit ‘DIY’ à Chicago qui s’appellait Young Camelot.

Colin : Je m’appelle Colin et je joue du synthé et de la guitare. Repose en paix Young Camelot, j’ai pris du bon temps là-bas. 

Cadien : Je joue de la guitare et mon nom est Tuna.

Connor : Je suis Connor et je suis à la batterie. Il nous manque Jack, qui est à la basse.

14691181_10155456452584199_4906517077794123811_o

©Marion Sautron

La dernière fois qu’on a eu une interview avec quelqu’un de Chicago c’ était avec Jimmy Whispers et il nous avait évoqué Twin Peaks.

Colin : C’est un bon ami, il est venu en tournée avec nous aux U.S ! On le côtoie depuis longtemps et on sort beaucoup avec lui. Il faisait nos premières parties mais il était aussi dans notre van.

Cadien : « Good guy Jimmy » , parfois je l’appelle Crusty le Clown. Il dormait sur mon canapé, mais maintenant il vit à LA.

Vous prévoyez de quitter Chicago un jour ?

Colin : Chicago c’est la maison.

Clay : On en a parlé mais c’est compliqué. Ça nous demanderait beaucoup d’organisation, et on n’est pas très bons pour ça (rires). Mais on vit un peu dans une voiture donc on habite partout.

Cadien : S’il y avait un vrai intérêt j’aimerais bouger, mais on est cinq et on est bien installés ici.

Le dernier album Down in Heaven est sorti en mai 2016. C’est votre seconde tournée en Europe cette année, qu’est ce qui vous ramène ici si vite ?

Colin : La dernière fois qu’on a joué en France c’était en avril à la Mécanique Ondulatoire, le jour de la mort de Prince. On a dû continuer à faire nos concerts, on a fait deux tournées aux U.S. depuis.

Cadien : On a fait salle pleine à Paris la dernière fois et cette fois encore, donc c’est probablement une bonne idée que nous soyons là ! On s’est aussi bien amusé en Espagne. On a joué à 2h30 du matin, Clay est venu vers moi en disant, « on va les prendre en embuscade ».

Clay : Le concert de Madrid était super, un bon concert conventionnel. Puis à Barcelone on a joué dans cette discothèque à 3 étages. Je pense que 85% des gens ne savaient pas qu’il y avait un groupe qui allait jouer, parce qu’on était cachés derrière un rideau pour s’installer. Quand ils ont levé le rideau, c’était du genre : « Hey on est Twin Peaks » et tout le monde c’est probablement dit « what the fuck ? »

Comment diriez vous que le groupe a évolué depuis le début ? Dans quel contexte a été créé Down in Heaven ?

Connor : Chaque album a été enregistré très différemment. Le deuxième album a été enregistré dans un studio, on avait plus d’équipement et on savait mieux ce qu’on faisait.

Colin : On a enregistré le dernier album dans la maison d’un ami, dans l’ouest du Massachusetts. C’est un grand bâtiment où on apporté plein tout notre matériel. On a enregistré pendant un mois, entre nos tournées. C’était génial !

Cadien : On a eu 19, puis 20, puis 21 et enfin 22 ans. La manière dont chaque album a été enregistré a été influencé par l’environnement. Le premier a été fait dans un sous-sol miteux avec du très mauvais matériel, le second album c’était dans un studio mais sans producteur, ensuite on a acheté de l’équipement vintage pour le dernier album et on a enregistré dans un magnifique endroit près d’un lac. On a pu expérimenter avec différentes sonorités, plus de synthés, et ajuster le son de nos guitares.

Clay : C’était probablement la période la plus intense en terme de tournées qu’on ait vécu avant de se lancer dans un nouvel album. Donc c’était beaucoup d’allers-retours dans toute l’Amérique. On écoutait beaucoup de musique ancienne comme de la country des 70s, ça a sûrement eu une grande influence sur notre manière d’enregistrer et sur ce ce qu’on voulait comme son.

twin peaks

©Marion Sautron

Comment pouvez vous rester en bonne santé en étant tout le temps sur la route ?

Colin : On fume beaucoup de weed (rires). En général tu ressens beaucoup d’énergie positive dans ces moments, tu te sens mieux dans ta tête et tu explores un peu sans te préoccuper de qui tu as autour de toi.

Cadien : Ça consiste simplement à savourer les plaisirs simples. Si je peux m’asseoir et manger un bon plat, regarder quelque chose de joli et éventuellement aller voir des bons groupes, c’est tout ce que je demande. Être bien entouré. La vie n’est pas compliquée.

Clay : La tournée simplifie nos plaisirs. Comme il dit, si tu manges bien, bois un coup et va voir des bons concerts, tu ne ressens pas trop la fatigue.

Connoir : Si on peut aller au zoo, au cinéma ou n’importe quelle autre activité en dehors de ça, c’est top !

Pouvez vous nous dire les groupes que vous aimez en ce moment ?

Clay : White Reaper, on revient d’une tournée avec eux. Natural Child, on les a beaucoup écouté dans la voiture.

Colin : Je suis un grand fan d’un groupe qui s’appelle Knee High, ils sont de Chicago. Ils vont sortir un autre album bientôt. Sinon il y a aussi Hoops, Whitney

Connor : Fat White Family.

Culture Sauvage pour Twin Peaks?

Cadien : Un gorille qui crie

Connor : Des gens qui racontent de la merde

Clay : La drogue

Colin : L’alcool

1 2