Dernière signature de Nowadays Record, label qui incarne le renouveau de la musique électronique française (Fakear, La Fine Equipe, Clément Bazin…), Douchka prend tranquillement son envol depuis un an. Rencontré à la Chaufferie du Moulin Rouge à l’occasion du MaMa Festival et après avoir pris une claque en live au Scopitone de Nantes, c’est tout sourire et avec une sérénité contagieuse et limite mystique que Thomas Lucas nous a parlé de son blase, de son parcours fulgurant et de ses influences. 

Portrait.

La tournée montréalaise de laquelle il revient lui aurait-elle laissée « les yeux dans la graisse de bine » comme on dit au Québec ? Rien n’est moins sûr pour quelqu’un qui sait mettre la tête dans les étoiles.

Pour son nom, il le confesse avec plus d’amusement que de honte : c’est bel et bien en référence à l’ex-égérie Disney qui passait en ce temps-là à La Ferme Célébrité. Comme quoi les petites boutades entre copains au bowling restent parfois dans les mémoires. Ce surnom lui colle à la peau, et il le prend naturellement comme titre de son projet en tant que DJ. Alors qu’il cherche à en élaborer un nouveau, tout s’emballe avec une sélection réussie à la Red Bull Academy. Douchka est Douchka et l’envolée est fulgurante.

S’il fait de la batterie de ses treize à quatorze ans parce qu’un copain n’en voulait pas, c’est toujours en autodidacte et au désir que marche Douchka une fois passé aux claviers, au pad et à des débuts de DJ.

Il y a tout juste un an après avoir été repéré par le label Nowadays Records, le rennais fait d’ailleurs sa première scène, en parfait autodidacte avec seulement trois semaines de préparations. Mais pas n’importe quelle scène : l’Olympia et en première partie de Fakear, malgré les tremblements vertigineux et le stress apocalyptique.

Accompagnant son camarade de Nowadays sur toute sa tournée, ses doigts se font plus surs sur les claviers et le pad, il apprend à regarder les gens et avoir de l’interaction, ce qui lui manquait en tant que DJ, la tête trop clouée dans l’ordinateur.

Pour ce qui est du set ?  « Je peux très bien jouer ce soir une chanson composée seulement hier : ce n’est pas un récital, et il faut casser la routine ». L’habitude de se mettre en danger qui va de pair avec ses références multiples et significatives puisque Thomas Lucas pose comme trois albums fondamentaux « Demond Day » de Gorillaz, « Appetite for Destruction » des Guns N’ Roses et « Cross » de Justice.

Pour cet explorateur fou de « la jungle qu’est Internet », fruit frais de la génération Digital Native, il n’y a pas de frontière à sa musique, et même si on le défini en tant que membre de la « Future Beat », l’étiquette se décolle dans la tempête d’un spectre d’influence large. Si on pense à Flume, Bonobo, Burial et tant d’autres, ses influences de ce mois sont plus pop « Metronomy, Royaume, Arigato Massaï… mais tu m’aurais posé la question il y a deux semaines, j’étais dans une grosse phase rap ».

Comme pour signifier une philosophie de vie apaisée et apaisante qui transparait chez l’artiste comme dans la fête que provoque sa musique, Douchka a son propre check, les pouces croisés et les doigts qui papillonnent, petit jeu né avec les membres belges de Pelican Fly Label à Tokyo, mais qui comme tout délire chez Douchka reste et se transcende en pure vague d’énergies positives. Bon vol !