Avec « Grand Départ », Fritz Kalkbrenner signe son quatrième album. Mais si celui-ci connait bien le métier pour avoir été aussi plusieurs années journaliste musical, il souhaite aujourd’hui faire de sa musique une perpétuelle évolution, fuyant l’acquis au profit de la nouveauté !

Rencontre avec cet amusant et  excellent  DJ, chanteur et producteur de musique électronique.

Comment te sens-tu pour la sortie de cet album ?

Vraiment très bien. Excité, comme à chaque fois !

Vois-tu une différence entre chaque sortie d’album, puisque c’est ton quatrième ?

A chaque album, j’essaye d’aller un peu plus loin, de repousser mes limites. Je trouve que ce n’est pas une bonne chose de toujours se reposer sur ses acquis, de reprendre ce qui a déjà marché ! Après il ne faut pas non plus aller trop loin ! Si tu es DJ et que d’un coup tu sors un album de métal je pense que ça déstabilisera quand même ton audience ! (rires) Donc il faut proposer des nouveautés, sans forcément tout changer, avancer à petits pas, faire évoluer les sonorités.

Tu composes généralement les paroles avant ou après l’instrumental ?

Cela dépend mais généralement, je commence toujours par créer une atmosphère sonore, un rythme, un schéma musical qui n’est pas un produit fini puis je commence à me pencher sur les paroles et avec ces fragments de musique et de mots, je compose le morceau final. Tout se précise au fur et à mesure.

© David Rasche

© David Rasche

Tu as été  journaliste musical et culturel durant des années. Cela a influencé ton travail ?

D’une certaine manière oui. Mon rédacteur en chef était réellement critique, il passait ses journées à recevoir des albums qu’ils écoutaient à peine pour finir par les  mettre de côté, donc lorsque je me suis lancé dans la musique, j’avais vraiment à coeur de faire ça de manière sérieuse et de donner le meilleur de moi-même pour que ce soit qualitatif! Je ne voulais pas finir comme ces albums que les rédacteurs en chef jettent de leur bureau, c’était une véritable pression ! (rires)

Ton ancien rédacteur en chef a déjà écouté tes morceaux ?

Oui, à l’époque il avait donné son aval. Enfin il m’avait dit que c’était pas mal mais que ça ne valait pas non plus un album de Bob Dylan (rires) . Après il est un peu plus âgé donc la musique électronique ne l’a jamais vraiment intéressé !

J’imagine que tu te prépares à défendre l’album en live. Comment le prépares-tu?

J’ai toujours une sorte de fil rouge, une sorte de route un peu floue. Après, pour être totalement honnête avec toi, je n’ai pas encore réfléchi pour cet album car la tournée commence en février donc j’ai encore un peu de temps devant moi ! J’ai déjà quelques idées et la date à laquelle je dois commencer à plancher dessus est inscrite sur mon agenda.

Tu as un souvenir récent qui t’a marqué lorsque tu jouais ?

Je jouais à Rome il n’y a pas longtemps au Goa Club et la foule était vraiment déchainée et après le set, certains sont venus me voir et m’ont demandé des autographes : le premier sur ses chaussures, l’autre sur son permis de conduire et le troisième sur le front ! (rires) C’était vraiment n’importe quoi, mais c’était vraiment drôle !

Et sur scène directement ? Un souvenir qui t’a marqué ?

Marqué c’est le bon mot ! (rires) C’était il y a quelques années, j’étais en train de jouer et j’ai été frappé par une chaussure à talon. Une femme était en train de faire la fête, elle dansait et d’un coup elle a jeté une première chaussure, j’ai réussi à l’éviter mais je me suis pris la deuxième en pleine face. Ça m’a coupé donc j’ai fait le reste du set en saignant ! (rires)

C’est un métier dangereux en fait !

Oui totalement.

Le titre de ton album est Grand Départ. C’est en français ?

Oui car c’est une référence au Tour de France que mon grand père avait l’habitude de regarder puisque c’était un fan de vélos.  Le début de la course s’appelle le Grand Départ, et même si c’est mon quatrième album, je ne voulais pas tomber dans la routine. C’est ce que je te disais juste avant, je veux continuer à voir chaque album comme une nouvelle aventure, garder en tête qu’il faut que le projet soit toujours frais. Au final, chaque album est un nouveau départ.

Tu as un son qui s’intitule Good Day dans ton album. A quoi correspond une bonne journée pour toi ?

Je dirais… être dans un parc, sans téléphone et boire quelques bières ! En réalité j’ai composé ce morceau à partir d’une photo qui s’appelle A Great Day in Harlem, sur laquelle se trouve tous les plus grands musiciens de jazz de l’époque.

Great day in Harlem

A Great Day in Harlem ©Art Kane

Quand tu composes tu as forcément des images en tête ?

Disons que quand je compose je suis très concentré, donc je fais tout très vite. Puis généralement je prend de la distance une fois le morceau terminé pour l’écouter et voir ce à quoi il me fait penser. Par exemple, lorsque j’ai pris du recul sur l’album et que je l’ai écouté, cela m’a fait pensé au film Le Samouraï avec Alain Delon ! (rires) Ce film est tellement génial ! Au final c’est peut-être pour ça que j’ai souhaité  donner un titre français à l’album.

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Ecouter dès à présent le nouvel album de Fritz Kalkbrenner et rendez-vous le 24 février 2017 au Trianon pour son live .

affiche trianon

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