Café Beaubourg, un vendredi après-midi, on fait la rencontre de l’artiste Julien Granel dont le premier titre Eclipse est sorti sous la forme d’un clip il y a quelques semaines. La veille de son concert au Bus Palladum, on parle avec ce jeune homme de ses influences, de son utilisation du  pronom « on » lorsqu’il parle de son projet et du plaisir de vivre de sa passion. Discret à première vue, on devine en lui une force incroyable au vu des live qu’on a pu voir défiler sur la toile.

Rencontre avec un artiste talentueux qui émerge.

 Tu joues demain au Bus Paladium comment tu te sens ? 

Je me sens surexcité. Les dates à Paris sont toujours folles. On est de Bordeaux et de Biarritz à la base, c’est la cinquième ou sixième date qu’on va faire à Paris et à chaque fois il y a tous nos potes qui viennent, des nouveaux visages, toute l’équipe est là et ce sont toujours des grosses fêtes. L’after show est toujours de mise et un samedi soir au Bus Palladium… j’ai un peu peur. (rires)

Tu dis beaucoup « on », c’est un projet solo pourtant ? 

Ce projet est le mien nominativement et je compose et écris tous les morceaux mais quand je dis « on » ça comprend tous les gens qui m’entourent ! Mon manager et ses équipes, les gars qui jouent avec moi sur scène et qui sont là depuis le début. C’est une petite histoire de famille, même ceux qui ont réalisé le clip Eclipse, Resilients,  sont des amis. On s’aide toujours entre nous et on se connait depuis longtemps puisqu’on vient tous du sud ouest.

Alors, comment tout à commencer sur la West Coast ? 

La musique m’est tombée dessus un peu par hasard. Personne ne faisait de musique dans ma famille.  Tout a commencé au CP, lorsque j’ai eu mon premier cours d’éveil musical. Pour la première fois de ma vie j’ai vu quelqu’un jouer du piano et ça a été un déclic ! Par la suite, je suis rentré au conservatoire à l’âge de 7 ans, je suis allé jusqu’au BAC et après j’ai terminé mon cursus au conservatoire en musiques classiques et musiques actuelles il y a un an et demi environ.  J’ai  aussi eu un groupe pendant un moment qui m’a permis de faire mes premières armes sur scène. Puis lorsqu’on a arrêté le groupe, je me suis mis à composer, faire des DJ Set, j’ai commencé à avoir des premières maquettes et au fur et à mesure des rencontres, je suis tombé sur mon manager. J’ai sorti mon clip Eclipse il y a quelques semaines et me voilà devant toi !

©Eliott Fournie

©Eliott Fournie

Comment s’est passé la construction du clip ? 

Avec les gars de Resilients qui ont réalisé le clip on est amis depuis longtemps. Donc je leur ai fait écouter la chanson et on a commencé à travailler en mood board . On s’envoyait énormément de photographies, d’images ce qui nous a permis de construire l’identité visuelle qu’on désirait. Tout à été tourné dans les Landes, on est revenu au berceau de notre jeunesse (rires). On a tourné dans des endroits improbables notamment sur la route que je prenais avec le bus scolaire tous les matins. Un vrai retour aux sources ! (rires)

Pourquoi avoir choisi Eclipse comme premier titre ? 

On est parti enregistrer quatre titres dans un studio à  St Jean de Luz avec Mako, qui est guitariste pour Etienne Daho. C’était ma première expérience en studio et j’en garde un super souvenir.  Et avec le recul plus j’écoutais Eclipse plus je trouvais qu’elle convenait parfaitement à une première prise de parole. Je trouvais aussi amusant de commencer par un titre assez planant alors les gens qui m’ont déjà vu en concert savent que ça bouge pas mal.

Pour toi qu’évoque Eclipse ? 

Ça m’évoque la nostalgie de l’été, donc elle est vraiment sortie au bon moment ! (rires) Ce sont des souvenirs des Landes, de ses longues routes, de  la page.  J’ai toujours des images en tête lorsque je compose, je ne sais pas si ça se dit mais j’aime travailler de manière graphique. Après la musique doit pouvoir être libre d’interprétation selon moi. Je ne dis pas qu’elle doit plaire à tout le monde mais chacun doit pouvoir se l’approprier, donc même si j’ai des images en tête, j’aime laisser une petite part de mystère planer. Lorsque des gens viennent me voir à la fin des concerts en me parlant du souvenir que leur a évoqué la chanson, ça me rend toujours heureux ! C’est là tout l’enjeu de la musique, faire un son que les gens reçoivent à leur manière.

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©Ced Jereb

Même dans ses sonorités ta musique est diverse. Cela vient de tes goûts et influences éclectiques ?

Oui en quelques sortes. Mes influences sont vraiment variées. Avec le conservatoire, je faisais beaucoup de musique classique et j’ai commencé à découvrir la pop lorsque j’ai écouté pour la première fois Life in Cartoon Motion de Mika. J’avais 10 ans et ça a été le premier album que mes parents m’ont acheté. J’adorais ce côté solaire, complètement déluré à tel point que je leur ai demandé de m’accompagner à son concert à Paris ! (rires) Un peu plus tard j’ai découvert Bashung, Gainsbourg, qui m’ont donné ce goût pour l’écriture en français. Chez Bashung, il y a une modernité dans l’écriture absolument incroyable, c’est un des artistes qui m’a montré à quel point la langue française était puissante. Je me suis aussi mis à faire des DJ Set, notamment en étant résident à la Cité du Cinéma de Luc Besson et je me suis plongé dans l’univers de la house, qui m’a beaucoup influencé également. Donc mes influences sont vraiment multiples et c’est vrai que lorsqu’on entend Eclipse, on peut y découvrir énormément de sonorités différentes car elle est très hybride. Lorsque je suis reparti à zéro avec ce projet, je me suis donné comme directive stylistique… De ne pas en avoir. Je fais souvent de la musique de manière instinctive et sincère. Pour ce morceau, j’ai trouvé la mélodie dans un TGV en revenant de Paris, je l’ai rentré sur mon petit clavier portatif et je l’ai laissé de côté un moment, puis je l’ai repris et en un après-midi, le morceaux  était fini.

La prochaine étape sera donc  l’EP ? 

Oui ! Et qu’on puisse partir un maximum sur scène car c’est vraiment ça qui me fait vibrer. C’est le moment où je me sens le mieux. La création, les clips, c’est super mais lorsque tu es en live c’est comme la concrétisation de tout ce boulot! J’ai hâte d’aller me présenter aux gens et de les voir danser dans tous les sens. Et puis prendre le temps de faire un album. Dans tous les cas je suis déjà très heureux de tout ce qu’il se passe depuis le début de cette aventure, je m’en émerveille chaque jour. Je fais ce que j’aime à temps plein et c’est un sentiment incroyable. Ce qui me nourrit aussi chaque jour c’est euphorie de vivre tout ça avec mes amis ! J’aime cette dynamique d’être bien entouré, d’être dans la création tous ensemble !

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