Jimmy Whispers est un étrange phénomène sorti de l’ombre en 2015 avec la sortie de son premier EP Summer in Pain enregistré avec Field Mates Records et Moniker Records.

La même année, Jimmy participe à La Route du Rock en jouant sur la plage de Saint-Malo. Avant la sortie de son album, il a acquis une certaine notoriété grâce au bouche-à-oreille dans les rues de Chicago, ville qui l’a vue naître et grandir. Combinant le street art et son magazine DIY, il fait passer ses messages par d’autres moyens que la musique. C’est en allant le voir sur scène, qu’on s’est aperçu que les articles que nous avons lu à propos de ses performances dites « outrageuses » décrivent en réalité une combinaison de stand-up et de chant enflammé.

Jimmy Whispers casse les conventions de la performance musicale en interagissant directement avec le public, en s’y jetant ou en invitant des spectateurs sur scène pour chanter avec lui. A la fin de son concert au Point Éphémère à Paris, il a demandé à l’ensemble du public de danser un slow puis de se faire un énorme câlin, le tout en sautillant avec sa robe et ses longues chaussettes. A la première écoute on peut percevoir un paradoxe entre les paroles et la musique, mais ce qui frappe directement c’est son personnage autoproclamé de « daydream boy ».

 Voulant en apprendre plus, nous lui avons demandé ainsi qu’à son manager de répondre à nos questions.

(Pour Dali, le manager) : Comment en êtes-vous venu à travailler avec Jimmy Whispers ?

Dali : Je suis tombé par hasard sur sa musique en traînant sur internet et j’ai décidé de la contacter. Quand j’ai découvert Jimmy en 2014 son album existait déjà, il l’avait enregistré dans sa chambre mais il n’était pas encore sorti sur disque. Donc en 2015, j’ai créé Field Mates Records en coproduction avec Moniker Records et le disque a pu voir le jour.

(Pour Jimmy) : Comment ça se passe maintenant ? Es-tu en tournée ?

Jimmy : Ça se passe bien ! Nous avons enregistré pour la Blogothèque aujourd’hui. Nous avons fait une très courte tournée de cinq dates. Je suis heureux d’être de retour à Paris car la dernière fois mon concert a été annulé.

D’où viens-tu et comment es-tu devenu Jimmy Whispers ?

Jimmy : Je suis né et j’ai grandi à Chicago. « Whispers » c’était mon surnom quand j’étais gamin et ça m’a suivi. J’étais silencieux et farceur. J’ai travaillé ce projet pendant trois ou quatre ans. J’ai eu des groupes mais vous ne voulez pas en savoir plus ! (rires). L’album Summer in Pain a été enregistré avec un iPhone, il n’y a que de l’orgue et de la voix. Certaines personnes entendent des percussions ou de la basse alors qu’il n’y a vraiment que de l’orgue ! Ce que je fais est préconstruit et je m’en sers pour faire le zouave. J’ai fait énormément de street art et j’ai publié un magazine avant de publier de la musique. Je souhaitais faire les choses d’une manière old school et me faire connaître simplement par le bouche-à-oreille. Aujourd’hui, tout le monde peut publier de la musique sur internet et je trouve ça chiant, pas vraiment original. Le magazine est comique mais il cache un message de non-violence.

Avec quels autres groupes es-tu associé ?

Jimmy : Je ne peux pas en dire plus pour le moment pour garder un peu de surprise ! On pense que l’album sera sorti au début de l’année prochaine.

On a lu que tu comptais aller à Los Angeles. Tu as réussi à avoir de la notoriété à Chicago, pourquoi cette décision de partir ?

Jimmy : Je garderai ça dans mon cœur, peu importe où je vis. Beaucoup de choses me poussent à aller voir ailleurs. J’ai enregistré à L.A, mes collaborateurs y habitent… Mais je pense tout de même revenir souvent à Chicago.

Y-a-t-il d’autres groupes de Chicago que tu recommanderais ?

Jimmy : Whitney, Twin Peaks, et le nouveau groupe de fille qui s’appelle Homme, c’est super.

En 2015 c’était Summer in Pain. Quoi de neuf pour 2016 ?

Jimmy : J’ai fait pas mal de concerts. Pas tous les jours, mais j’ai beaucoup tourné et travaillé sur de nouveaux projets. Getting stuff done!

Live Jimmy Whispers ©Erica Ashleson

Live Jimmy Whispers ©Erica Ashleson

On sait que tes performances sont excentriques, même quand il y a peu de monde. Comment décrirais-tu cela pour les gens qui ne t’ont jamais vu en live ?

Jimmy : Je dis toujours qu’il faut le voir par soi-même. Je fais ça assez spontanément. Il y a toujours eu de bonnes vibes dans ce genre de moments. C’est très théâtral. Le but est de rassembler les gens et de casser les barrières entre la scène et le public. Il y a toujours un message positif à la fin du show, que tout le monde peut emporter avec lui.

Es-tu stressé quand tu dois faire le show tout seul ?

Jimmy : Non je suis motivé ! Je fais des pompes et des tractions. Je ne suis pas nerveux, juste excité de faire la fête tous les soirs.

Qui est ta plus grande inspiration ?

Jimmy : Gary Wilson, une légende du lo-fi de soixante ans qui faisait de la musique dans les années 70 et 80. C’est une personne que j’aime beaucoup et qui possède une grande influence musicale et personnelle sur moi.

Que peut-on attendre du prochain album?

Jimmy : Il est à propos de tout le monde, de tout l’univers.

Que fais-tu quand tu ne fais pas de musique ?

Jimmy : Je travaille, je dors, je mange, j’embrasse, je mange.

Culture Sauvage pour Jimmy Whispers ?

Génération Y

Traduit par Thomas Pereira

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English Version

Jimmy Whispers is a mysterious phenomenon, who appeared out of the blue in 2015 with the release of his first LP Summer In Pain, co-released with Field Mates Records and Moniker Records. Lofi at it’s best.

That same year, Jimmy performed on the beach in Saint Malo as part of the Route du Rock 2015 edition. Before the release, he had built up a word-of-mouth notoriety on the streets of Chicago, where he was born and raised. Intertwining street art and a DIY zine, both coincide with the message he puts out through his music. We had read about his outrageous performances, a combination of stand-up comedy and singing furiously into a microphone; we tried to ask for a self-description, answered with a “you have to see for yourself.” 

Jimmy Whispers breaks the fourth wall of musical performance, directly interacting with the audience, from crowd-surfing and pulling spectators on stage, to inviting the crowd to sing and snap along, this particular concert at Le Point Ephémère finished off with Jimmy demanding the crowd to slow dance and participate in a massive group hug, all while wearing a dress and prancing around in his socks. On the first listen, one might perceive the paradox between his lyrics and sound, but the deeper you observe this self-proclamed daydream boy, the more intriguing he becomes. Wanting to learn more, we asked him and his manager a few questions.

(For Dali, manager) How did you come to work with Jimmy Whispers?

Dali: I randomly stumbled upon his music online and I decided to contact him.When I discovered Jimmy in 2014, his album already existed, he had recorded it in his room but it had not been put out on disk. So in 2015, I created Field Mates Records in coproduction with Moniker Records to put out the album.

(For Jimmy) How’s your day been going? Are you on tour?

Jimmy: Good, we recorded with the Blogothèque today inside this building with an old piano in the 17th arrondissement. This has been a really short tour, only 5 dates. It’s great to be back in Paris, because the last tour I had, the Paris date got canceled.

Where are you from and when did you become Jimmy Whispers?

Jimmy: I’m born and raised in Chicago. « Whispers » has been my nickname since I was a little kid, so it just stayed with me. I was quiet, but mischievous. I’ve been doing this projet for three or four years. I had a some previous bands, but who wants to talk about that (laughs). The album Summer In Pain was recorded on an iPhone and there’s only organ and vocals. Some people hear drums and bass, and I respond saying that « it’s all the organ. » That stuff is all built in, I just mess around with it. I did a lot of street art and released a zine before putting out any music. I wanted to do things in an old school way, by complete word-of-mouth. Nowadays, everybody can put music up on the internet and that’s boring to me. The zine is comedic, but there’s an underlying message about anti-violence.

What other bands are you associated with? 

I can’t talk too much about it, it has to be a surprise! You can expect the next album to come out sometime early next year.

We read that you’re planning on moving to L.A. Why the change? Given that you’ve sort of made a name for yourself in the local Chicago scene?

I’m going to wear that on my sleeve no matter where I live, but everything is pulling me out there. I was recording in L.A., people I collaborate that live there… everything. I’ll be back in Chicago all the time.

Are there other Chicago groups that you want to recommend to us? 

Whitney, Twin Peaks, and this new girl band that’s really great called Homme.

2015 was Summer in Pain. What have you been up to summer 2016?

Jimmy: I’ve just been playing lot’s of shows. Not like every day, but I’ve been touring a lot and working on other records. Getting stuff done!

We read that your live performances are wildly eccentric, even when there aren’t many people. How would you describe this for those who’ve never seen you perform live? 

Jimmy: I always say, « you have to see for yourself. » I almost always perform by myself. I’ve always had very positive vibes at my shows. It’s very theatrical. It’s all about bringing everybody together and breaking down the barrier between performer and audience. There is always a positive message at the end of the show that everyone can take away with them.

Do you get nervous when you have to play shows all by yourself? 

Jimmy: No, I get pumped up! I do push ups and pull ups. I don’t get nervous. I’m just excited to party every night.

Who is your greatest influence?

Jimmy: Gary Wilson, he’s this lofi legend that’s 60-something years old who put out records in the 70s and 80s. He’s an example of someone that I love a lot, who has been personally and musically a big influence for me.

What can we anticipate on the next album? 

Jimmy: It’s about everybody everywhere. It’s about the universe.

What do you do when you’re not doing music?

Jimmy: Work, sleep, eat, kiss, eat.

Wild Culture ?

Millennials